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| Références |
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Travailleurs de l'ancienne usine General
Motors de Boisbriand, au Québec |
Les institutions internationales ont participé activement
au processus de mondialisation, surtout depuis la fin de la Deuxième
Guerre mondiale.
Le protectionnisme a dominé l’économie des
pays occidentaux durant l'entre-deux-guerres. Mais la croissance
économique de ces pays était bloquée par les
nombreux tarifs douaniers qu’ils imposaient à leurs
frontières. Pour reconstruire les économies ruinées
par la Deuxième Guerre mondiale, le Canada et 22 autres
pays se réunissent, en juillet 1944, à l’occasion
de la Conférence monétaire et financière des
Nations unies à Bretton Woods, au New Hampshire. C’est
à ce moment qu’ils décident de créer
la Banque internationale pour la reconstruction et le développement
(BIRD), plus tard intégrée au groupe de la Banque
mondiale (BM), et le Fonds
monétaire international (FMI).
En 1947, à Genève, ces mêmes pays signent,
à titre « provisoire », l'Accord général
sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Cette institution
devient dans les faits l'organisme international chargé de
la libéralisation du commerce. De 1964 à 1967, le
GATT permet d'abolir de nombreux obstacles au commerce à
l'occasion du Kennedy Round, série de négociations
ainsi nommées en l'honneur du président des États-Unis.
Les pays signataires acceptent ainsi une réduction de 50 %
des droits de douane dans divers secteurs d'activité, pour
un total équivalant à 40 milliards de dollars.
Même si les tarifs douaniers ont grandement diminué,
de nombreux obstacles paralysent encore les échanges. Par
exemple, les pays signataires contournent les ententes du Kennedy
Round en instaurant des barrières non tarifaires, comme des
quotas d'importation. Ce n'est qu'au Tokyo Round (1973-1979) qu'ils
s'entendent pour contrer ces barrières. Puis, en 1986, les
pays signataires du GATT entreprennent une huitième série
de négociations dans une station de villégiature de
Punta del Este, en Uruguay.
L'Uruguay Round aborde pour la première fois des sujets
politiquement plus délicats, tels que l'agriculture et l'audiovisuel.
En guise de protestation, un paysan coréen de 43 ans
fait le voyage à Genève et se plante un couteau dans
le ventre dans le hall du GATT, le 5 novembre 1990. Les négociations
se déroulent dans l'indifférence jusqu'en 1992, au
moment où les cinéastes de France engagent un débat
sur le thème de l'exception culturelle. Selon eux, les produits
culturels ne sont pas des marchandises comme les autres et doivent
être exclus des négociations.
L'accord de l'Uruguay Round est finalement signé en avril
1994 à Marrakech, au Maroc. C'est au terme de ces négociations
mouvementées que le Canada, rapidement appuyé par
l'Union européenne, propose la création de l’Organisation
mondiale du commerce (OMC). L'OMC, véritable institution
internationale, succède ainsi au GATT, organisation « provisoire »
qui n'avait pas de statut juridique. Les accords du GATT sont ensuite
modifiés et incorporés dans les nouveaux accords de
l'OMC, qui, en plus du commerce des marchandises, régissent
les services et la propriété intellectuelle.
Les pays membres de l'OMC cherchent à déréglementer
de nouveaux secteurs, comme l'agriculture et les services. Les négociations
du Millenium Round devaient se pencher sur ces questions à
Seattle, à la fin de l'année 1999, mais les vives
manifestations d'opposition auxquelles elles ont donné lieu
ont perturbé les activités de la conférence.
| La cour
suprême de la mondialisation
L'OMC est la seule organisation internationale
qui s'occupe des règles régissant le commerce
entre les pays. Ce sont les accords de l'OMC qui servent de
règles juridiques de base pour le règlement
des différends. C'est pourquoi l'OMC est un peu comme
la « cour suprême » de la mondialisation.
Pour la seule année 1999, l'organisation
a arbitré plus de 160 litiges. En comparaison,
le GATT en avait réglé environ 300 en 50 ans.
Mais contrairement au GATT, l'OMC peut contraindre les pays
qui enfreignent ses règles à amender leurs lois
ou à négocier des dédommagements. Les
opposants à la mondialisation considèrent d'ailleurs
que ce pouvoir de décision constitue une grave atteinte
à la souveraineté des États.
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Autres institutions internationales participant au processus
de mondialisation
◊ Organisation
de coopération et de développement économiques
(OCDE)
Créée en décembre 1960 à Paris, l'Organisation
de coopération et de développement économiques
a des objectifs qui ressemblent à ceux de l'OMC, notamment
en ce qui a trait au développement de l'économie mondiale.
Parmi les pays membres se trouvent l'Allemagne, le Canada, l'Espagne,
les États-Unis, la France, l'Italie, le Royaume-Uni, la Suisse,
le Japon, la Corée, l'Australie et le Mexique.
C'est sous l'égide de l'OCDE qu'ont été « discrètement »
menées les négociations entourant le projet d'Accord
multilatéral sur l'investissement (AMI). L'AMI prévoyait
d'importants droits pour les investisseurs. Ce projet, divulgué
en 1997 sur Internet, a par la suite suscité une vive opposition
et a finalement dû être abandonné. Ses opposants
disaient pratiquer la stratégie de Dracula : « Ce
projet ne peut pas survivre s'il est exposé à la lumière
de l'opinion », explique Lori Wallach, directrice de
Public Citizen Global Trade Watch.
◊ Forum économique
international de Davos
Le Forum économique international de Davos est un lieu de
réflexion où s'élabore la nouvelle pensée
capitaliste. L'élite économique et politique du monde
entier se retrouve tous les ans dans cette station de la Suisse.
« [À] Davos, la pensée globale est dominante.
Ce n'est pas le cas par exemple à l'ONU, où différentes
mentalités nationales s'expriment. Ici, on pense en termes
globaux », soulignait Klaus Schwab dans Libération.
◊ Organisation
internationale du travail (OIT)
L'Organisation internationale du travail a été fondée
en 1919. En 1946, elle devient la première organisation spécialisée
des Nations unies. Il s'agit d'un forum international où
les gouvernements, les travailleurs et les représentants
des employeurs se rencontrent pour discuter de problèmes
d'intérêt commun dans le domaine du travail.
◊ G-7, G-8
Le groupe des sept pays les plus industrialisés rassemble,
depuis 1975, les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, la France,
le Royaume-Uni, l'Italie et le Canada. Depuis 1994, la Russie est
invitée aux réunions politiques du sommet annuel.
En juin 1997, le G-7 a officiellement accueilli la Russie, se transformant
ainsi en G-8. La Russie n'est toutefois pas invitée à
participer aux questions économiques et financières.
Le G-8 ne dispose pas de secrétariat permanent.
◊ G-20
Lancé par le G-7 en septembre 1999, le G-20 a une vocation
informelle et vise à faciliter les consensus politiques au
niveau ministériel sur les grands sujets monétaires
et financiers internationaux. Il rassemble les pays du G-8 ainsi
que le directeur général du FMI et le président
de la Banque mondiale. Le G-20 se réunit une fois par an
au niveau ministériel.

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Les accords de l’OMC touchent
les droits de douane, l’agriculture, le textile,
les services, la propriété intellectuelle
(droits d’auteur, marques de fabrique ou de commerce,
brevets, etc.), les mesures anti-dumping et les subventions.
Les négociations sur le secteur des produits culturels
et audiovisuels ont été suspendues en 1993.

L'OMC peut contraindre les pays
qui enfreignent ses règles à amender leurs
lois ou à négocier des dédommagements.
« La tentation
est grande de repro-cher à l’OMC le moindre
excès capitaliste. […]
Mais il y a un malentendu : la mondialisation n’est
pas le fait de l’OMC.
[…] L’OMC est un forum et un tribunal, pas
un gouverne-ment mondial, et ne veut pas le devenir. »
— Mike Moore, président
de l’OMC, L’actualité
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