C'est à Sea Island, sur la côte de l'État
de Georgie, que les membres du G8 ont été conviés,
du 8 au 10 juin 2004, à la trentième rencontre
au sommet du club très sélect des huit plus importantes
puissances économiques mondiales.
Un agenda made in USA
Le sommet de Sea Island s'est déroulé sous le thème
suivant : « La prospérité et la sécurité
grâce à la liberté et à la coopération ».
Parmi les enjeux qui ont retenu l'attention des membres du G8 et
de leurs invités : le transfert imminent de souveraineté
aux Irakiens et le projet de partenariat pour le grand Moyen-Orient,
une série de réformes proposées par le président
Bush pour sécuriser cette région. Le développement
de l'Afrique était également à l'ordre du jour,
de même que l'économie et la sécurité
dans le monde.
Depuis le sommet de Gênes, en 2001, où un manifestant
a été tué par la police lors d'une manifestation
monstre, les organisateurs des sommets du G8 se réunissent
à des endroits difficilement accessibles. Après les
forêts de Kananaskis, en 2002, et les hauteurs d'Évian,
en 2003, les organisateurs du G8 ont choisi en 2004 une île
privée de la côte géorgienne. Il était
ainsi plus facile d'assurer la sécurité, mais également
de tenir à l'écart les foules altermondialistes hostiles
au G8, et tout particulièrement aux politiques du gouvernement
Bush.
Les
principaux enjeux du G8 en 2004
Transfert
de souveraineté en Irak
La question irakienne a été au cur
des discussions à Sea Island. Le nouveau président
irakien, Ghazi al-Yaouar, était d'ailleurs invité
à participer au sommet.

Le président irakien Ghazi al-Yaouar
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Le ton a été donné dès
le premier jour avec l'adoption à l'unanimité, par
le Conseil de sécurité des Nations unies, de la résolution
américano-britannique sur le transfert de souveraineté
à l'Irak.
Par contre, les États-Unis auraient souhaité
une plus grande participation de l'OTAN en Irak, notamment pour
former les troupes irakiennes. Mais cette proposition a été
accueillie avec une certaine froideur, en particulier par le président
français, Jacques Chirac.
Les États-Unis ont également tenté
de convaincre les autres grandes puissances de tirer un trait sur
80 % à 90 % de la dette de l'Irak, évaluée
à environ 120 milliards de dollars. Mais sur cette question,
les membres du G8 n'ont pas réussi à s'entendre.
Démocratisation du Moyen-Orient
Autre sujet d'importance au menu de la rencontre, le projet de
démocratisation du monde musulman qu'entretient le gouvernement
Bush depuis l'invasion de l'Irak. Les membres du G8 ont adopté
le « Partenariat pour le progrès et l'avenir des
nations du grand Moyen-Orient », dont le but est de favoriser
l'instauration de la démocratie dans une vaste région
qui s'étend de la Mauritanie au Pakistan.
Les membres du G8 ont également créé
un Forum pour l'avenir, qui réunira des dirigeants des pays
du grand Moyen-Orient et leurs homologues du G8, afin d'échanger
sur des façons de moderniser la région.
L'idée de Washington est simple : si un régime démocratique
s'implante en Irak, cela créera un effet d'entraînement
dans les autres pays de la région. C'est dans ce but que
George W. Bush a invité les dirigeants de l'Afghanistan,
de l'Algérie, du Bahreïn, de la Jordanie, du Yémen
et de la Turquie à prendre part au sommet en tant que partenaires
du G8. L'Égypte, la Tunisie et l'Arabie saoudite ont par
contre décliné l'invitation.
| Pour
en savoir plus, consultez notre dossier interactif « Le
grand Moyen-Orient »
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Aide et développement
pour l'Afrique
Poursuivant les efforts entrepris à Gênes
avec la création du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement
de l'Afrique), le président américain a invité
cette année les dirigeants de l'Algérie, du Ghana,
du Nigéria, du Sénégal, de l'Afrique du Sud
et de l'Ouganda à participer aux travaux du sommet.
Les membres du G8 ont notamment promis d'aider le
gouvernement éthiopien à assurer la sécurité
alimentaire de cinq millions de personnes d'ici 2009.
Plusieurs autres questions relatives à la
situation de l'Afrique ont fait l'objet de discussions, notamment
le maintien de la paix, le développement économique,
les barrières tarifaires, la lutte contre la corruption et
le contrôle des grandes épidémies en Afrique,
comme le sida et la polio.
Sécurité internationale
Le dossier de la non-prolifération des armes
de destruction massive était également à l'ordre
du jour de la réunion.
Les membres du G8 ont convenu de cesser pendant un
an tout transfert de technologie pour l'enrichissement et le retraitement
de l'uranium. Ils ont également accepté de travailler
à créer un comité spécial de l'Agence
internationale de l'énergie atomique, qui verra à
renforcer les garanties et les mécanismes de vérification.
Les huit ont également convenu de prendre
des mesures pour prévenir les attaques aux armes biologiques,
s'en protéger et y répondre.
Enfin, pour rendre plus efficaces les missions internationales
de maintien de la paix, en particulier en Afrique, les huit ont
convenu de former et d'équiper 75 000 Casques bleus supplémentaires.
Économie mondiale
L'économie mondiale est un sujet incontournable des sommets
du G8. À Sea Island, les leaders du G8 ont répété
leur engagement envers le programme de Doha de l'Organisation mondiale
du commerce. Ils ont invité leurs ministres du commerce à
prendre les mesures nécessaires pour relancer les négociations
prévues en vertu de ce programme.

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