Introduction
L'enfant du peuple
L'homme engagé
dans la lutte ouvrière
Lula président
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Hyperliens
Il a dit :
« Je ne suis pas le résultat
d'un scrutin. Je suis le fruit d'une histoire. Je suis en train de concrétiser
le rêve de générations et de générations
qui, avant moi, ont essayé sans réussir. »
(le jour de son investiture)
« Il nous faut vaincre la faim, la misère et l'exclusion
sociale. Notre guerre n'est pas faite pour tuer qui que ce soit :
elle est faite pour sauver des vies. »
(le jour du lancement
du programme Faim zéro)
« Il n'est pas possible de continuer un ordre économique
mondial où peu de gens peuvent manger cinq fois par jour et où
beaucoup de gens passent cinq jours sans manger sur notre planète
Terre. »
(à Porto Alegre)
« Nous sommes pauvres. Une partie de la faute revient aux
pays riches. Mais une partie de la faute revient aussi aux élites
du continent sud-américain, qui ont gouverné comme des
vassaux, qui ont gouverné ce pays en subalternes, avec les pratiques
de corruption les plus insensées. »
(à Porto Alegre)
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Lula président
(suite)
Lula
a aussi affiché l'intention de réformer la justice brésilienne
en profondeur pour mieux lutter contre les crimes des trafiquants de drogue.
Il l'a au passage qualifiée de « justice de classe »
et de « justice intouchable », ce qui a provoqué
la colère de nombreux magistrats, dont le président du Tribunal
suprême fédéral, Marco Aurélio Mello. Et, signe
d'ouverture et de tolérance, le président Lula a nommé
le premier homme noir au poste de juge au Tribunal suprême fédéral,
Joaquim Barbosa Gomes, bien connu pour sa lutte contre la discrimination.
Une politique extérieure active
Les premières interventions du nouveau président
brésilien sur la scène internationale ont marqué
une rupture par rapport aux politiques plutôt isolationnistes en
vigueur jusqu'à présent. Dès son investiture, Lula
a prôné la création d'un groupe d'États destiné
à aider le Venezuela à sortir de l'impasse politique dans
laquelle il se trouvait. Le 15 janvier 2003, un « groupe de
6 pays amis » réunissant le Brésil, le Chili,
l'Espagne, le Portugal, le Mexique et les États-Unis s'est formé
à Quito pour trouver une solution pacifique à la crise.
Le 7 mars 2003, Lula a apporté sa « solidarité
totale » à la Colombie dans la lutte contre le terrorisme
et le trafic de drogue, à la suite d'une visite de son homologue
colombien, Alvaro Uribe.
Luiz Inacio Lula da Silva veut également relancer le Mercosur,
espace économique qui réunit le Brésil, l'Argentine,
le Paraguay, l'Uruguay, la Bolivie et le Chili. Il espère pouvoir
obtenir un accord de libre-échange ente le Mercosur et l'Union
européenne. Ces initiatives ressemblent fort à une reprise
en main du destin continental et un contrepoids à l'influence des
États-Unis en Amérique du Sud. Le Brésil se montre
en effet très réticent à la mise en place d'une zone
de libre-échange des Amériques, la ZLÉA, qui engloberait
tous les pays du continent sauf Cuba.
Le pourfendeur de l'ordre économique mondial
Lula
n'a pas manqué le rendez-vous du Forum social de Porto Alegre,
du 23 au 28 janvier 2003, où se réunissaient 100 000
militants de l'altermondialisation. Il en est un habitué :
la ville est dirigée depuis 14 ans par son parti, prônant
la participation citoyenne grâce au projet de budget participatif,
qui permet aux citoyens de décider des grandes priorités
de développement. Il y a reçu un accueil triomphal. Si les
thèmes centraux de la réunion étaient la guerre et
la militarisation, le discours du président était d'autant
plus attendu qu'à peine sorti de la réunion, Lula s'est
envolé pour Davos, en Suisse, où se réunissaient
les grandes puissances et les congressistes du Forum économique
mondial.
À
Davos, Luiz Inacio Lula da Silva a fait entendre la voix des militants
de Porto Alegre. Dans un discours construit et posé, il a dressé
une critique en règle de la mondialisation telle qu'elle est appliquée
actuellement :
« Les pays riches
défendent âprement leur politique protectionniste, mais nous
ne devons pas leur faire de concessions et nous allons nous battre »,
a-t-il déclaré.
Il a dénoncé les paradis fiscaux et
les barrières douanières érigées par les pays
riches, et a proposé de créer un fonds mondial contre la
faim et la pauvreté. Il a appelé les pays riches à
« regarder dorénavant le monde avec d'autres yeux »,
c'est-à-dire moins en termes de marchés que de sécurité
collective des citoyens. Pour lui, les pays riches « ne
doivent plus pouvoir exiger des autres ce qu'ils ne s'imposent pas à
eux-mêmes ». Il a chaudement été applaudi
par plusieurs chefs d'État d'Amérique du Sud, partageant
ses opinions sur les règles actuelles du libre-échange.
Prenant la parole après le secrétaire d'État américain
Colin Powell, Lula da Silva a indiqué que le Brésil était
favorable à la paix en Irak.
Le président brésilien est invité
à représenter les pays du Tiers-Monde au sommet des pays
les plus industrialisés, le Sommet du G8 à Évian,
du 1er au 3 juin 2003. Il a décidé d'y défendre son
projet de création d'un fonds mondial contre la faim, financé
par une taxe sur les ventes d'armes.
Les premières difficultés
Mais le nouveau président du Brésil,
malgré sa bonne volonté, ne dispose que d'un budget serré
pour faire aboutir ses réformes. Il a également l'obligation
de pratiquer d'impitoyables coupes budgétaires et de satisfaire
les exigences du FMI afin que celui-ci renouvelle ses crédits au
pays, tout en augmentant les impôts avec modération.
M. da Silva est également confronté à un problème
politique : il ne dispose pas de majorité absolue au Parlement
ou au Sénat. Déjà, en mars, son gouvernement a connu
deux échecs au Parlement. Le gouvernement ne dispose que de 250
voix à la Chambre des députés, alors que la majorité
simple en requiert 257, sur 513 députés. Au Sénat,
il a l'appui de 32 sénateurs sur 81. Il doit donc envisager des
alliances politiques afin de faire passer ses projets de loi.
Le
programme « Faim zéro » se heurte à
la lourdeur des procédures à mettre en place pour permettre
à neuf millions de familles de disposer de l'aide alimentaire.
Le programme ne manque pas de dons d'argent, mais quatre mois après
son arrivée au pouvoir, le gouvernement n'a pas encore ouvert les
comptes en banque destinés à sa distribution, car cela nécessite
d'abord la mise au point d'un mécanisme de fonctionnement transparent.
Pour calmer les esprits, le président a dû
affirmer : « À 57 ans,
j'ai atteint la plénitude et je ne veux pas faire les choses à
la hâte, car hâte ne rime pas avec perfection ».
Enfin,
en mars 2003, le Mouvement des sans-terre du Brésil a mis fin à
la trêve qu'il accordait au gouvernement. Les militants ont repris
les occupations illégales de terre et d'immeubles pour faire accélérer
la réforme, que le président s'est engagé à
accomplir. Elisangela Moura, une responsable du mouvement, a expliqué :
« Nous sommes conscients que l'arrivée
au pouvoir de Lula représente un progrès, mais elle ne nous
assure pas le changement, et pour faire accélérer la réforme
agraire, nous devrons agir ». Au total, quatre millions
de familles sont en attente de terres à cultiver.

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