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Introduction
Il a dit : « Je ne suis pas le résultat
d'un scrutin. Je suis le fruit d'une histoire. Je suis en train de concrétiser
le rêve de générations et de générations
qui, avant moi, ont essayé sans réussir. » |
Lula président
Coup de tonnerre dans le monde Outre la joie du peuple brésilien, l'investiture
du nouveau président du Brésil a suscité beaucoup
d'espoir dans les pays du Tiers-Monde et chez les « altermondialistes »,
qui militent en faveur d'un autre ordre économique mondial, qui
serait plus juste. Mario Soares, ancien premier ministre du Portugal,
À ce propos, le quotidien français Le Monde relevait, le lundi 17 février 2003 : « L'image de Lula a davantage à voir avec celle de Nelson Mandela qu'avec celle de Fidel Castro, une manière de mettre sa misère passée au service de la réconciliation plutôt que de la revanche, de vouloir incarner l'espoir ». L'élection de Luiz Inacio Lula da Silva a, en revanche, suscité des réactions partagées dans le monde politique, oscillant entre enthousiasme et méfiance, selon les allégeances.
Il a reçu l'hommage de deux hommes d'État sud-américains de gauche : le président du Venezuela, Hugo Chavez, a estimé qu'avec l'arrivée de Lula au pouvoir, un « axe du bien, des hommes, de l'avenir » était en train de prendre forme en Amérique du Sud. Il répondait par cette phrase aux attaques émises par certains analystes américains après l'élection de Lula au Brésil. Plus sobrement, Fidel Castro a insisté sur les qualités du nouveau président. « Nous sommes amis et j'admire sa persévérance. C'est quelqu'un de très bien et qui a de l'autorité. Il est bien préparé à être président », a-t-il indiqué. Aux États-Unis, le milieu ultra-conservateur
a pour sa part crié au loup devant l'élection d'un président
de gauche au Brésil. En octobre 2002, le Washington Times citait
par exemple Constantine Menges, ancien membre du Conseil de sécurité
nationale à l'époque de Ronald Reagan :
« Une nouvelle menace terroriste constituée d'armes
nucléaires et de missiles balistiques peut provenir d'un axe qui
comprend le Cuba de Fidel Castro, le régime d'Hugo Chavez au Venezuela
et le président gauchiste du Brésil, qui tous entretiennent
des liens avec l'Iran, l'Irak et la Chine. Un axe Castro-Chavez-da Silva
signifierait associer les 43 ans de guerre politique de Fidel Castro contre
les États-Unis avec la richesse pétrolière du Venezuela
et le potentiel nucléaro-balistique et économique du Brésil ».
Une équipe gouvernementale engagée Toutefois, fidèle à son recentrage politique, le nouveau président a également fait appel à d'autres représentants de la société civile, comme des industriels du secteur privé pour les ministères de l'Agriculture et de l'Industrie, un diplomate pour le ministère des Affaires étrangères, et un banquier pour présider la Banque centrale.
Il a également fait appel à des représentants d'autres partis politiques. Lula a ainsi nommé le chanteur Gilberto Gil ministre de la Culture. Cette figure emblématique de la musique brésilienne est membre du Parti vert. Agnela Queiroz, du Parti communiste du Brésil (PC do B, maoïste), s'est vu attribuer le ministère des Sports. Des membres du Parti travailliste brésilien (PTB, gauche) et du Parti démocratique travailliste (PDT, gauche populiste) font également partie du gouvernement. « Faim zéro, analphabétisme zéro, favelas zéro »
« Combattre la faim n'est pas la tâche du ministre de la Sécurité alimentaire, José Graziano, ou la mienne seulement, mais le devoir de tous. Nous allons faire ce qui est nécessaire et ensuite ce qui est possible, et quand on s'y attendra le moins, nous erons en train de faire l'impossible », a-t-il déclaré.
Pour lutter contre l'analphabétisme, le gouvernement souhaite mettre en place un compte rémunéré pour tous les enfants afin de les inciter à aller à l'école. Le ministre de l'Éducation, Cristovam Buarque, a annoncé en janvier que 62 000 personnes seraient recrutées pour alphabétiser aussi les adultes, qui seront également rétribués pour apprendre à lire.Il prévoit également une réforme de la sécurité sociale, des retraites et de la fiscalité au Brésil. Parallèlement à ces réformes
sociales, Luiz Inacio Lula da Silva veut lutter contre la corruption.
Il a ainsi prévu de créer un ministère chargé
de contrôler les comptes des États, afin de freiner la corruption
massive du système fédéral. |