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Introduction
Il a dit : « Je ne suis pas le résultat
d'un scrutin. Je suis le fruit d'une histoire. Je suis en train de concrétiser
le rêve de générations et de générations
qui, avant moi, ont essayé sans réussir. » |
L'homme engagé dans la lutte ouvrière Le réformateur Après plusieurs années de militantisme, Luiz Inacio Lula da Silva est élu à la direction du Syndicat des métallurgistes de Sao Bernardo do Campo et de Diadema en 1969. Sa progression au sein de l'organisation est très rapide. En 1972, lors des élections suivantes, il en devient premier secrétaire. En 1975, il est élu président du syndicat avec 92 % des voix, représentant alors 100 000 travailleurs.
Lula donne une nouvelle direction au mouvement syndical
brésilien. Il est réélu président du syndicat
en 1978 et il conduit les grandes grèves de la fin des années
70 qui vont contribuer à ébranler le pouvoir militaire.
Il rassemble d'énormes foules jusque-là muettes.
En 1980, une nouvelle grève des métallurgistes éclate. Le gouvernement fédéral réagit et fait emprisonner Lula pour 31 jours, ainsi que d'autres dirigeants syndicaux, en s'appuyant sur la loi de sécurité nationale. Mais cette réaction ne bloque pas les efforts du mouvement, déjà bien lancé. Conscient d'un grand vide dans la classe politique du pays, Luiz Inacio Lula da Silva décide de fonder le Parti des travailleurs en 1980, pour faire valoir les revendications politiques et citoyennes des ouvriers. En 1983, il participe à la fondation de la CUT, Centrale unique des travailleurs. Réunissant plus de 20 millions d'affiliés, cette centrale devient l'une des plus puissantes du monde. Alors que le Brésil traverse un processus d'ouverture
politique, lent et graduel, Lula fonde le Parti des travailleurs le 10
février 1980. Il le fait avec d'autres syndicalistes, des intellectuels,
des hommes politiques et des représentants de mouvements sociaux
comme des leaders ruraux et religieux. Il n'a pas vraiment de lien avec
les partis communistes clandestins. Dès sa fondation, le PT se prononce pour le socialisme, pour la réforme agraire abolie par la dictature, et prône une politique de désengagement vis-à-vis du Fonds monétaire international et de la dette, ce qui effraie les tenants du capitalisme, tant à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur. En 1982, le PT est bien implanté sur presque tout le territoire national. Lula se présente cette année-là au poste de gouverneur de Sao Paulo. L'ascension du « garoto », ou gamin des quartiers pauvres, continue. En 1984, il participe à la campagne « diretas ja », qui demande l'élection du président de la République au suffrage universel direct. En 1986, il est élu député fédéral avec le plus grand nombre de votes du pays et siège à l'Assemblée constituante.
La course à la présidence À la tête de son parti, il se lance dès
1989 dans la course à la présidence de la République,
après 29 ans sans élection au suffrage universel direct
pour cette charge. Il perd l'élection au second tour, contre Fernando
Collor de Mello, avec une faible différence de voix. Il apparaît
à l'époque comme un métallo sans cravate, la barbe
mal taillée, et son discours socialiste effraie les dirigeants
économiques du pays.
En 1994 et 1998, il est à nouveau candidat à la présidence de la République brésilienne. Il est battu par le sociologue Fernando Henrique Cardoso, qui a lui aussi lutté contre la dictature. Mais sa quatrième candidature à la présidence, en 2002, sera la bonne : elle découle en grande partie d'un recentrage du programme du PT. Lula prend ses distances avec les dirigeants les plus radicaux du Mouvement des sans-terre, qui réclament une accélération de la réforme agraire. Il s'engage également à respecter les conditions imposées par le Fonds monétaire international et à rembourser la dette (elle atteint 260 millions de dollars américains), ce qui rassure les investisseurs et calme légèrement leurs attaques. Cette modération du programme permet à Lula d'aller chercher des voix au sein des classes moyennes, parfois effrayées par l'étiquette de gauche attribuée au candidat. À ceux qui lui demandent pourquoi
ce recentrage, Lula explique : Symbole du recentrage, le vice-président candidat est le sénateur José Alencar, du PL de Minas Gerais, un magnat du textile qui se proclame lui-même le porte-parole du capitalisme. Parallèlement au recentrage politique, Lula accepte de lisser un peu son image : il porte dorénavant un costume-cravate plus conventionnel et fait tailler sa barbe et ses cheveux.
« L'espoir l'a emporté
sur la peur. Les Brésiliens ont voté sans peur |