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Le Groupe d'experts intergouvernemental
sur l'évolution du climat (GIEC) est parvenu
à la conclusion que, pour réduire les
concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère
et les stabiliser aux niveaux de 1990, il faudrait réduire
les émissions de 60 à 80 % par rapport
à la production mondiale actuelle.
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Genèse de
Kyoto
Le retrait des États-Unis
Sous la présidence de Bill Clinton, les
États-Unis se sont engagés à signer le
protocole de Kyoto. Cependant, le Sénat y était
opposé car il voulait avoir l'assurance, avant de ratifier
le protocole, que les engagements de réduction pouvaient
être tenus en recourant sans limitation au mécanisme
du marché. De plus, le Sénat exigeait que les
grands pays en développement, comme l'Inde et la Chine,
s'engagent eux aussi à limiter leurs émissions
polluantes.
Les
Américains appliquent le raisonnement suivant : même
s'ils sont les plus grands producteurs d'émissions
de gaz à effet de serre (GES) du monde (20 tonnes
de CO2 par habitant par an, contre 10 tonnes
par Allemand et 2,3 tonnes par Chinois), ils font davantage
preuve d'efficacité énergétique que
les autres. Un Américain est en effet beaucoup moins
polluant que son homologue chinois quand on raisonne en
tonnes de CO2 par unité de produit national
brut (PNB) : selon les statistiques de l'Agence internationale
de l'énergie, l'Américain émet 0,77 tonne
de CO2 pour 90 dollars de PNB, alors qu'un
Chinois en émet 3,54 tonnes pour le même
montant. Autrement dit, les Américains font valoir
que c'est l'inefficacité énergétique
de certains pays qui met en péril l'atmosphère
de la Terre, et non leur propre mode de vie. |
Mais l'élection de George W. Bush à
la Maison-Blanche au début de l'année 2001 fait
basculer le processus. Le 29 mars 2001, le nouveau président
américain annonce que les États-Unis ne ratifieront
pas le protocole de Kyoto parce qu'il ne va pas dans le sens
de leurs intérêts économiques. Le président
républicain préfère travailler avec ses
alliés à un plan qui exigerait des pays en développement
qu'ils se conforment eux aussi à certaines normes environnementales.
Cette décision provoque un tollé.
Quelques jours plus tard, dix personnalités, dont les
ex-dirigeants américain et soviétique Jimmy Carter
et Mikhaïl Gorbatchev, appellent le président Bush
à revenir sur sa décision. De son côté,
l'Union européenne décide de maintenir ses objectifs
à l'égard du protocole, malgré le retrait
des États-Unis.
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Le
15 février 2002, George Bush annonce finalement
un plan moins contraignant que le protocole de Kyoto pour
réduire les gaz à effet de serre. Ce plan
a pour objectif de réduire les émissions
de GES de 18 % en dix ans. En vertu de ce concept,
les États-Unis devraient faire passer leurs GES
de 183 à 151 tonnes d'ici 2010.
- Les émissions de dioxyde de souffre seront réduites
de 73 % par l'imposition d'un plafond qui les fera passer
de 11 millions de tonnes à 4,5 millions de tonnes
en 2010 et à 3 millions de tonnes en 2018.
- Les oxydes d'azote seront pour leur part
réduits de 5 millions de tonnes à 2,1 millions
de tonnes en 2008 et à 1,7 million de tonnes en 2018.
- Quant au mercure, principalement craché
par les centrales thermiques, les émissions actuelles
de 48 tonnes par an devront être ramenées à
26 tonnes en 2010 et à 15 tonnes en 2018.
Le plan Bush est doté d'un budget de 4,6 milliards
de dollars, dont 920 millions sont consacrés
au développement des énergies alternatives.
Il demeure un programme volontaire : les entreprises
inscrivent leurs réductions dans un registre national
afin qu'elles leur soient reconnues sous la forme de crédits
d'émissions.
Mais le nouvel indice d'intensité des GES mis
de l'avant par les États-Unis est fortement contesté.
Selon les différents calculs disponibles, ce mode
de calcul masquerait en réalité une augmentation
de 14 % à 25 % de leurs émissions.
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« George
W. Bush est très lié aux milieux du pétrole
et, comme tel, est persuadé que tout ce qui est
bon pour
le pétrole est bon pour l'Amérique. »
- Fabien Gruhier et Gérard
Petitjean, Le Nouvel Observateur, 23-29 novembre
2000 |
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