La situation dans le monde
Les cibles du protocole de Kyoto ne concernent
réellement que 37 pays industrialisés ou en transition.
Les pays du Sud n'ont que des obligations d'inventaire de leurs
émissions.
L'Union européenne (UE) exerce un certain
leadership dans le groupe des pays industrialisés. Collectivement,
les 15 pays qui étaient membres de l'UE avant 2004 doivent
réduire leurs émissions de 8 % par rapport
à 1990, d'ici 2012.
En 2002, ils ont réussi à réduire
leurs émissions de 2,9 % par rapport à 1990.
Cette réduction s'est produite notamment dans les secteurs
de la production d'énergie, de l'industrie, de l'agriculture.
Par contre, les émissions du secteur des transports ont
augmenté de 22 %.
Certains membres de l'UE connaissent toutefois
une explosion de leurs émissions de GES. C'est le cas
de l'Espagne, dont les émissions ont augmenté
de 40 % depuis 1990.
Les dix États qui ont joint l'Europe en
2004 ont déjà leurs propres cibles de réduction
des GES en vertu du protocole de Kyoto. Et en 2002, leurs émissions
combinées avaient diminué de 33 % par rapport
à 1990, principalement à cause de leur transition
vers l'économie de marché, qui a entraîné
la fermeture d'usines désuètes et très
polluantes.
L'Union européenne est également
à l'avant-garde pour la mise au point de mécanismes
d'échange de droits d'émissions de GES. Le 1er
janvier 2005, elle lançait le premier marché international
de droits d'émissions. On a assigné à chacune
des 12 000 sources principales des objectifs de réduction
des GES. Celles qui dépasseront leurs objectifs de réduction
pourront vendre, sur un marché boursier, des droits d'émission
à celles qui n'ont pas réussi à atteindre
leurs objectifs. Les retardataires auront le choix entre acheter
les crédits des entreprises ayant dépassé
leurs objectifs ou payer une amende.
Le Canada n'est pas le seul pays qui aura du
mal à atteindre ses objectifs pour 2012.
Ainsi, l'objectif du Japon a été
fixé à 6 %, mais ses émissions ont
augmenté de 12 % entre 1990 et 2002.
La Suisse, elle, doit réduire ses émissions
de 8 %. Or, elle peine à les maintenir au niveau
de 1990.
Pour la Nouvelle-Zélande, l'objectif est
de maintenir ses émissions au niveau de 1990; mais en
2000, elles avaient augmenté de 22 %.
La Russie aussi doit se maintenir au niveau de
1990. Comme ses émissions ont diminué à
cause de la fermeture de nombreuses entreprises polluantes,
elle compte vendre des crédits d'émissions aux
nations industrialisées.
L'Australie et les États-Unis ont refusé
de ratifier le protocole de Kyoto, qu'ils avaient pourtant signé.
Ces deux pays ont toutefois adopté leurs propres mesures
de réduction des gaz à effet de serre.
En vertu du protocole, l'Australie pouvait augmenter
ses émissions à hauteur de 8 % d'ici 2012
et elle croit être en mesure de ne pas dépasser
ce pourcentage.
Quand aux États-Unis, leur cible avait
été fixée à 7 %. En 2002, leurs
émissions étaient 13 % plus importantes qu'en
1990.