Situation canadienne
Le débat politique
C'est
le mardi 10 décembre 2002 que la Chambre des communes
a adopté par 195 voix contre 77 la ratification du protocole
de Kyoto par le Canada. Déjà en août, le
premier ministre Jean Chrétien avait annoncé son
intention de le faire avant la fin de l'année, lors du
Sommet de la Terre de Johannesburg.
Tous les députés libéraux,
de même que ceux du Bloc Québécois et du
Nouveau Parti démocratique, ont appuyé la ratification.
L'Alliance canadienne et le Parti conservateur ont voté
contre.
Ce
vote était essentiellement symbolique puisque le gouvernement
pouvait procéder à la ratification par simple
arrêté ministériel. Toutefois, le premier
ministre a préféré qu'un vote se tienne,
de façon à donner une plus grande légitimité
au processus de ratification.
Le 16 décembre, Jean Chrétien a
signé le document canadien de ratification du protocole,
qui a officiellement été remis le lendemain au
bureau des Nations unies, à New York, par le ministre
fédéral de l'Environnement, David Anderson.
Le Canada devenait ainsi le 99e pays
à avoir ratifié le traité sur la réduction
des gaz à effet de serre.
Les points de vue de l'opposition
Durant
le débat qui a précédé le vote,
les partis d'opposition ont exprimé des points de vue
bien tranchés.
L'Alliance canadienne, le parti d'opposition
officielle alors dirigé par Stephen Harper, était
contre la ratification du protocole. Au moment du vote, Stephen
Harper a reproché au gouvernement d'aller de l'avant
sans préciser de quelle façon les objectifs de
réduction des gaz à effet de serre pouvaient être
atteints.
Le Parti progressiste-conservateur réclamait
pour sa part beaucoup plus d'informations sur l'impact économique
de la réduction des gaz à effets de serre. C'est
pourquoi il proposait la création d'un comité
conjoint du Sénat et des Communes afin de permettre à
Ottawa, mais aussi aux provinces, aux environnementalistes et
à l'industrie, de s'exprimer.
Le Nouveau Parti démocratique et le Bloc
québécois étaient favorables à la
ratification du protocole.
Par
ailleurs, le Bloc québécois a élaboré
son propre plan de mise en uvre du protocole afin de mieux
répondre aux revendications des provinces. Le plan bloquiste
est fondé sur l'approche européenne, techniquement
appelée « triptyque », qui tient
compte de différents facteurs, comme le niveau de vie
ou la structure économique d'une région, avant
d'assigner à chacune des provinces ses objectifs de réduction
de gaz à effet de serre (GES).