Situation
canadienne
Le plan fédéral
de mise en uvre
Le gouvernement fédéral a finalement
présenté, après des années de négociations
avec l’industrie, son plan de mise en œuvre du protocole
de Kyoto le 13 avril 2005. Ce plan prétend répondre
aux principales préoccupations formulées par les
provinces à la suite de la publication du plan provisoire
présenté par Ottawa le 24 octobre 2002.
Le plan est divisé en trois étapes
et vise à réduire de 270 mégatonnes les
émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici
2012, conformément aux dispositions de l'accord de Kyoto.
Il cerne des interventions dans cinq domaines, soit les transports,
les gros émetteurs industriels, les maisons et les immeubles
commerciaux.
La première étape comporte une
tranche de 80 millions de tonnes (Mt). Elle inclut le recours
aux puits de carbone, c'est-à-dire les forêts et
les océans qui absorbent naturellement les émissions
de GES et qui compensent ainsi pour les émissions polluantes
produites par l'activité humaine.
La
première étape comprend par ailleurs des mesures
réglementaires et fiscales pour encourager le développement
des énergies renouvelables, comme l'énergie éolienne.
Ces mesures doivent aussi permettre d'augmenter à 35
% la part du marché canadien de l'essence contenant au
moins 10 % d'éthanol, un additif à base d'alcool
végétal permettant de brûler plus efficacement
l'essence. Le Manitoba s'est déjà proposé
de distiller l'éthanol à partir de ses déchets
agricoles.
La deuxième étape du plan fédéral,
la plus importante, vise une réduction de 100 mégatonnes.
Ottawa interpelle d'abord tous les Canadiens en leur demandant
de contribuer à la réduction d'une tonne de GES
chacun, pour un total de 31 Mt.
Mais
la deuxième étape vise surtout les industries,
qui devront réduire leurs émissions de GES de
36 millions de tonnes, soit 13 % de l'effort global de réduction.
Les industries minières, manufacturières, pétrolières
et gazières sont toutefois relativement épargnées
par Ottawa, car si on leur demande une contribution de 13 %,
il n’en demeure pas moins qu’elles produisent plus
de la moitié des émissions canadiennes de GES.
Ottawa veut faire signer des contrats dans lesquels
ces entreprises s'engageront à atteindre les objectifs
qui leur auront été fixés. En cas de défaut,
des pénalités seront prévues. Elles pourront
aussi accepter volontairement de faire davantage ou obtenir
des crédits, si elles investissent par exemple dans le
reboisement.
La troisième et dernière étape
du plan fédéral porte sur 60 autres Mt d'émissions
de gaz à effet de serre. Ottawa veut créer un
fonds de partenariat avec les provinces, les villes et le secteur
privé. Ce fonds comporterait un programme d'infrastructure
pour le transport en commun. Ce fonds de partenariat voit son
budget passer de 250 millions sur cinq ans à 2 à
3 milliards sur environ 10 ans.
Ottawa compte aussi atteindre les objectifs de
Kyoto en obtenant des crédits à l'exportation
d'énergie dite propre.
| 
Ottawa demande à
tous les Canadiens de réduire leurs émissions
polluantes d'une tonne chacun. On suggère, par
exemple, d'utiliser moins souvent la voiture car un
litre d'essence brûlée produit 2,5 kg
de gaz à effet de serre. |