Situation canadienne
La question économique
La
question économique est au cur des débats
entourant la mise en oeuvre du protocole de Kyoto. On craint
que les coûts en soient trop élevés, ce
qui nuirait à la performance économique du Canada.
Pour évaluer les coûts et les bénéfices
de l'application du traité, le gouvernement fédéral
a mis sur pied le Groupe de l'analyse et de la modélisation
(GAM) dans le cadre du Processus national sur les changements
climatiques lancé en 1998. Le GAM a élaboré
quatre scénarios économiques possibles.
Selon le pire des quatre scénarios, la
mise en application du protocole de Kyoto pourrait coûter
jusqu'à 240 000 emplois et quelque 21 milliards
de dollars par année en pertes pour l'économie
canadienne. Ainsi, le taux de chômage augmenterait de
1,4 %, tandis que le PIB reculerait de 1,6 %. Chaque
foyer canadien verrait aussi son revenu annuel baisser de 1700 $.
Mais selon le scénario le plus probable,
le GAM prévoit la perte de 60 000 emplois et
de 5 milliards de dollars par année d'ici 2010,
ce qui ferait augmenter le taux de chômage de 0,4 %
et baisser le PIB de 0,4 %. La croissance économique
serait donc de 17,6 % au lieu des 18 % prévus
entre 2002 et 2010. Par ailleurs, le revenu annuel des Canadiens
ne devrait pas en être affecté.
Le GAM prévoit en outre qu'en compensation
de ces pertes, le chiffre d'affaires de l'industrie canadienne
de l'environnement passerait, dès la ratification du
protocole, de 427 millions à au moins sept milliards
de dollars par année jusqu'en 2010. Cette croissance
serait attribuable à l'essor des énergies parallèles
et à la rationalisation des énergies fossiles
polluantes.
Finalement,
le GAM estime que la mise en application du protocole de Kyoto
n'aura pas d'impact direct sur le prix du carburant, mais que
le prix du gaz naturel augmenterait de 4 % à 8 %
d'ici 2010. Ottawa anticipe également une baisse des
factures d'énergie grâce au développement
de technologies performantes (maison, véhicule, équipement).
Plusieurs organisations liées au monde
des affaires se sont déjà prononcées contre
la mise en oeuvre du protocole pour des raisons économiques.
Par exemple, Charlie Fischer, président de Nexen Inc.,
a déjà déclaré que les compagnies
pétrolières quitteraient le Canada si le protocole
de Kyoto faisait trop augmenter leurs dépenses.