Introduction

  
Protocole de Montréal

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  Écologie politique



  
Qu'est-ce que le
  réchauffement planétaire?

 

 

 

 


Les enjeux de la Conférence de Bonn

Entrevue réalisée en juin 2001, avant la Conférence de Bonn, avec Steven Guilbault, responsable de la campagne Climat et énergie pour Greenpeace Canada. < audio >


 


Conférence de Bonn (2001)

La sixième conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui s'est tenue à Bonn du 16 au 27 juillet, était absolument déterminante pour la survie du protocole de Kyoto. Depuis que le président George W. Bush avait annoncé que les États-Unis ne signeraient pas cet accord sur la réduction des gaz à effet de serre, la communauté internationale était sous l'emprise d'un certain émoi. Allait-on encore permettre que les intérêts économiques d'une nation, fût-elle la plus puissante du monde, priment sur la survie de la planète? La possibilité d'un échec était d'autant plus réelle que plusieurs pays, dont le Canada, l'Australie et le Japon, ont menacé jusqu'à la toute fin de ne pas ratifier l'accord sans les États-Unis.

Après l'annonce du président Bush, l'Union européenne a dépêché sa commissaire à l'Environnement aux États-Unis pour tenter de convaincre les Américains de revenir sur leur décision. Margot Wallström craignait que le refus des États-Unis, suivi par celui du Japon, du Canada et de l'Australie, ne crée une énorme pression sur tous les autres pays industrialisés, qui hésiteraient à assumer seuls les coûts de la mise en application du protocole. L'Union européenne a également dépêché au début de juillet des émissaires au Japon.

À l'ouverture de la conférence de Bonn, l'atmosphère est au pessimisme. Les négociations piétinent rapidement et les participants évoquent publiquement son échec. On estime que les négociations pourraient débloquer au Sommet de Gênes, en Italie, où sont réunis au même moment les dirigeants des sept pays les plus industrialisés, plus la Russie (G8).

Malgré leur retrait du protocole, les Américains participent aux négociations de Bonn parce qu'elles s'inscrivent dans le cadre des conférences de suivi de la Convention de Rio, premier accord sur les changements climatiques qu'ils ont ratifié en 1992. Les Américains interviennent donc sur certaines questions, comme l'aide financière accordée au tiers-monde pour affronter les conséquences des changements climatiques.

En revanche, les Américains assistent sans intervenir aux discussions sur la prise en compte des puits de carbone (absorption des gaz à effet de serre par les forêts et les terres agricoles). Ils considèrent que ce sujet extrêmement controversé, à l'origine de l'échec de conférence de La Haye en novembre 2000, relève exclusivement du protocole de Kyoto.

Dans l'espoir de débloquer les négociations, le président de la réunion, le Néerlandais Jan Pronk, désigne un groupe restreint de 35 ministres chargé de clarifier les principaux points de désaccord entourant la ratification du protocole de Kyoto. Le Canada et ses alliés disent vouloir obtenir un compromis pour en arriver à un accord avec les États-Unis. Au terme de 24 heures de négociations intensives, les participants annoncent finalement le lundi 23 juillet au matin qu'ils ont enfin réussi à conclure un accord politique.

Pour parvenir à cette entente, l'Union européenne a dû faire de nombreuses concessions sur ses propres positions. Devant la pression exercée par le Canada, l'Australie, le Japon et la Russie, elle a notamment consenti à reconnaître l'importance des forêts comme un facteur déterminant dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, l'entente retient le principe des pénalités, mais leurs règles d'application ne seront décidées qu'après l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto.

Les pays développés ont annoncé la création d'un fonds pour aider les pays en développement à faire face aux changements climatiques et à gérer leurs émissions de gaz à effet de serre. Leur contribution s'élève à 410 millions de dollars américains par année d'ici 2005.

Les groupes environnementaux du monde entier ont salué l'entente, considérée comme historique. Ils se sont déclarés soulagés que le protocole de Kyoto ait survécu aux pressions des États-Unis, même s'ils déplorent certains reculs par rapport au texte original.

Les décisions adoptées à Bonn doivent maintenant être formellement adoptées à la septième Conférence des parties à la Convention sur les changements climatiques (COP7), qui aura lieu à Marrakech, au Maroc, du 29 octobre au 9 novembre 2001. La Conférence de Marrakech devrait permettre la mise en place des institutions nécessaires à l'application du protocole de Kyoto.

Pour entrer en vigueur, l'accord sur la réduction des GES doit être ratifié par la moitié des 38 pays industrialisés signataires d'ici 2002. À ce jour, 37 pays ont ratifié le protocole, dont un seul pays industrialisé, la Roumanie.


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