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1992 - Yitzhak Rabin et sa coalition (Parti travailliste et Meretz) remportent les élections législatives israéliennes. Le nouveau gouvernement envisage un « retrait limité » du Golan en échange d'une paix totale avec la Syrie. Le 16 décembre, à la suite de l'enlèvement et de l'assassinat d'un garde-frontière par le Hamas, mouvement de la résistance islamique, le gouvernement Rabin expulse vers le Sud-Liban 415 Palestiniens soupçonnés de sympathie pour les islamistes. Condamnée par le Conseil de sécurité, cette décision va bloquer le processus de paix pendant plusieurs mois.

1993 - En septembre, Israël et l'OLP se reconnaissent mutuellement et signent, à la Maison-Blanche, la déclaration de principes sur l'autonomie palestinienne. Le Vatican et Israël concluent un accord à la suite duquel des ambassadeurs seront échangés en janvier 1994.

1994 - En février, le colon juif Baruch Goldstein assassine 29 Palestiniens au caveau des Patriarches. Yitzah Rabin et le roi Hussein signent une déclaration mettant fin à l'état de belligérance entre Israël et la Jordanie. En novembre, les affrontements entre policiers et manifestants palestiniens à Gaza font une quinzaine de morts.

1995 - Malgré deux attentats à Jérusalem revendiqués par le Hamas, Arafat et Rabin signent, le 28 septembre à Washington, en présence des présidents Clinton et Moubarak ainsi que du roi Hussein, des accords sur l'extension de l'autonomie.

Le 4 novembre, Yitzhak Rabin est assassiné par un étudiant d'extrême droite, Yigal Amir. Yasser Arafat se rend pour la première fois en Israël pour présenter ses condoléances à la veuve du premier ministre. Shimon Pérès prend la direction du gouvernement.

1996 - Yasser Arafat est élu président de l'Autorité palestinienne. En guise de représailles, après l'assassinat du terroriste Yehia Ayache par les services secrets israéliens, le Hamas organise, à Jérusalem et à Tel-Aviv, une série d'attentats sanglants qui déstabilisent le gouvernement Pérès. À la suite de tirs de roquettes dans le nord d'Israël par le Hezbollah, un mouvement chiite libanais fondé après l'invasion israélienne du Liban, Shimon Pérès donne son feu vert à l'armée israélienne pour l'opération « Raisins de la colère » contre le Liban.

Le 18 avril, 98 civils réfugiés dans le camp de l'ONU à Cana, au Sud-Liban, périssent sous les bombes israéliennes. Un cessez-le-feu intervient le 27 avril. Le 29 mai, Benyamin Netanyahou et sa coalition regroupant la droite, l'extrême droite et les religieux remportent les élections israéliennes.

Fin septembre, Jérusalem, la Cisjordanie et Gaza connaissent la plus grave explosion de violence depuis l'Intifada. Les affrontements entre manifestants palestiniens et soldats israéliens font plusieurs dizaines de morts. L'intervention de l'armée dans les Territoires autonomes provoque la réplique de la police palestinienne, qui fait usage des armes. C'est l'ouverture par la municipalité juive de Jérusalem d'un tunnel sous Jérusalem-Est qui a mis le feu aux poudres.

Ces journées tragiques expriment surtout la colère des Palestiniens devant la violation systématique des accords d'Oslo par le gouvernement Netanyahou. Début octobre, à l'instigation du président Clinton, Yasser Arafat et Benyamin Netanyahou se retrouvent à Washington pour négocier la poursuite du processus de paix.

1997 - Les Israéliens célèbrent le 50anniversaire du vote de l'ONU sur le partage de la Palestine. Du côté palestinien, des milliers de manifestants défilent, brûlent des drapeaux israéliens et font exploser une maquette représentant des maisons d'une colonie juive. De violents affrontements à Bethléem entre manifestants palestiniens et soldats israéliens font une quarantaine de blessés.

Les colons juifs manifestent également pour protester contre la décision de Benyamin Netanyahou de retirer les troupes israéliennes de Cisjordanie.

25 septembre 1997 — Échec d'une tentative d'assassinat à Amman, capitale jordanienne, de Khaled Meshaal, chef du bureau politique du Hamas. Les deux auteurs de l'attentat, détenteurs de faux passeports canadiens, se révéleront être des agents du Mossad, les services secrets israéliens. Pour apaiser la Jordanie, Netanyahou relâche le guide spirituel du Hamas, cheikh Ahmed Yassine.

Le 23 octobre 1998, après huit jours de négociations à Wye Plantation, Netanyahou et Arafat signent à la Maison-Blanche un accord stipulant un retrait israélien de 13 % de la Cisjordanie, en trois phases.

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En décembre, après avoir mené la première phase de l'accord, Netanyahou décide de surseoir aux deux autres retraits en accusant les Palestiniens de ne pas respecter leurs engagements. Il appelle à des élections générales anticipées en Israël. Les élections, qui auraient dû avoir lieu en octobre 2000, sont avancées à mai 1999.

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Un mois avant les élections, Netanyahou réclame la fermeture des bureaux palestiniens dans la Maison de l'Orient, quartier général palestinien à Jérusalem-Est. Le 11 mai, la Haute Cour de justice d'Israël désamorce le conflit qui menace d'éclater, en suspendant les ordres de fermeture de la Maison d'Orient. Les Palestiniens reportent la proclamation de leur État, prévue pour le 4 mai selon les accords d'Oslo. Netanyahou se félicite de ce report, estimant que c'est grâce à son intransigeance que les Palestiniens ont renoncé.

Le 17 mai 1999, le candidat travailliste Ehud Barak bat largement le premier ministre sortant, Benyamin Netanyahou, qui annonce son départ de la direction du Likoud peu après.

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L'officier le plus décoré d'Israël et nouveau premier ministre de l'État hébreu a montré de l'audace au combat, mais de la prudence en politique.

Né en 1942, Ehud Barak parle couramment l'anglais et l'arabe. Bardé de diplômes scientifiques (physique et mathématiques à Jérusalem, informatique à Stanford, en Californie), il est aussi un pianiste accompli. Après son entrée à 18 ans dans l'armée israélienne, où il prend le nom de Barak (« éclair »), il en gravira rapidement les échelons. Général à 39 ans, il sera chef d'état-major de 1991 à 1995. Homme d'action, il a participé à des missions très risquées de sauvetage d'otages, comme à l'occasion du détournement, en 1972, par des Palestiniens, d'un vol de la Sabena. Déguisé en femme, il a dirigé aussi, le 10 avril 1973, un commando qui a assassiné trois des principaux dirigeants de l'OLP en plein Beyrouth.

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Après 36 ans d'une brillante carrière militaire, Yitzhak Rabin lui permet de faire son entrée en politique en le nommant ministre de l'Intérieur. Il deviendra ministre des Affaires étrangères après l'assassinat de Rabin en novembre 1995. Élu en 1997 à la tête du Parti travailliste, Ehud Barak s'efforce d'atténuer l'image élitiste de la formation. L'objectif : ouvrir le parti aux séfarades, qui votent traditionnellement pour le Likoud de Netanyahou. Ehud Barak prend également ses distances avec Shimon Pérès, considéré par beaucoup comme étant trop conciliant vis-à-vis des Arabes et indifférent aux minorités nationales.

L'élection d'Ehud Barak suscite beaucoup d'espoir dans le monde arabe. Au cours de la campagne électorale, il a promis de mettre fin à 17 ans de présence militaire israélienne au Sud-Liban et de négocier une restitution du Golan avec la Syrie. Ehud Barak s'est également engagé à trouver rapidement un accord final de paix avec le chef de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat. Il a toutefois promis aux électeurs de leur donner l'occasion de se prononcer par référendum sur cet accord. Cette prudence a su séduire les électeurs centristes, qui avaient soutenu la fermeté de Benyamin Netanyahou en 1996, mais qui avaient été déçus par sa politique économique et le gel du processus de paix.

Ehud Barak s'accorde six semaines pour former son gouvernement de coalition, qui réunit 7 des 15 partis du Parlement, soit 75 députés sur 120, et s'engage à tout faire pour relancer le processus de paix. Après, il saute dans l'arène politique internationale. D'entrée de jeu, il amorce une tournée diplomatique qui le conduit d'abord en Égypte, où il obtient l'adhésion du président Hosni Moubarak à ses efforts pour restaurer les relations de l'État hébreu avec le monde arabe.

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Favorable à la création d'un État palestinien, Ehud Barak rencontre officiellement, le 11 juillet 1999, le chef de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, dans la ville d'Erez, à la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Les deux hommes s'entendent sur le respect et la reconnaissance, par Israël, de l'accord de Wye Plantation.

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Après avoir renoué le dialogue avec les Palestiniens, le nouveau premier ministre se rend à Washington, où il obtient l'appui total et l'adhésion des États-Unis à ses démarches de paix. Cet accueil amical est bien sûr assorti d'une aide financière substantielle et d'un nouvel accord de sécurité entre Washington et Tel-Aviv sur la défense antimissile et les armes de destruction massive.

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Fort de la réaction positive du monde arabe et des Palestiniens, Ehud Barak pousse l'audace encore un peu plus loin. Il présente un échéancier de 15 mois devant conduire à une entente définitive avec les Palestiniens sur un statut permanent de cette nation dans l'État d'Israël. Le leader palestinien, Yasser Arafat, s'empresse de rejeter ce délai. Il attend toujours l'arrêt de la colonisation juive et le retrait israélien de 13 % de la Cisjordanie promis par Israël à Wye Plantation.


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