La
première guerre israélo-arabe (1948-1949) éclate immédiatement.
Les armées égyptienne, transjordanienne, syrienne, libanaise et
irakienne se joignent aux groupes armés palestiniens pour combattre
les Juifs.

Israël
sort victorieux de la guerre et agrandit son territoire de 7000 km2.
Mais la bande de Gaza reste aux mains des Égyptiens et la Cisjordanie
est annexée par la Transjordanie qui, dès lors, prend le nom de
Jordanie. Les pays arabes, humiliés par la défaite, ne reconnaissent
pas le droit à l'existence du nouvel État. Le conflit conduit à
l'exode 800 000 Arabes palestiniens, qui se réfugient
en Syrie, en Jordanie et au Liban.


Dès
sa création, Israël ouvre ses portes aux immigrants juifs du monde
entier, au nom du « droit au retour ».
1949
Élection de la première Knesset (parlement israélien). Cahïm
Wizman devient le premier président et David Ben Gourion prend la
tête du gouvernement. Il donne la priorité à la sécurité nationale
et au développement d'une armée moderne.

1956
La crise de Suez déclenche la deuxième guerre israélo-arabe,
opposant Israël à l'Égypte de Gamal Abdel Nasser. Israël triomphe
rapidement et s'empare de la bande de Gaza et de la péninsule du
Sinaï.
1964
Création de l'Organisation de libération de la Palestine
(OLP), dirigée par Yasser Arafat depuis 1969. La Charte adoptée
en 1968 prévoit la destruction d'Israël, le recours
à la lutte armée et la création d'un État
palestinien. Les accrochages se font plus fréquents entre forces
israéliennes et forces arabes.

5 juin
1967 Après la fermeture du détroit de Tiran par Nasser, Israël
lance une offensive simultanée contre l'Égypte, la Jordanie et la
Syrie. La guerre de Six Jours permet à Israël de conquérir Jérusalem-Est,
la Cisjordanie et le plateau du Golan. Environ 350 000 Palestiniens
fuient ces territoires. L'ONU condamne leur occupation. En réaction
à l'expansion israélienne, des commandos de l'OLP lancent des attaques
terroristes sur des écoles, des marchés, des arrêts d'autobus et
des aéroports avec le but avoué de « reconquérir la Palestine ».

1972
Aux Jeux olympiques d'été de Munich, des terroristes palestiniens
assassinent onze athlètes israéliens. L'OLP réussit cependant à
gagner un soutien international suffisant pour être reconnue par
les Nations unies comme le « représentant unique et légitime
du peuple palestinien ».
Les
représailles israéliennes dans les territoires occupés (destruction
de maisons arabes, raid sur l'aéroport de Beyrouth en 1968), augmentent
l'isolement international d'Israël. La France impose un embargo
sur les armes à destination d'Israël et fournit en revanche des
armes aux pays arabes. Seuls les États-Unis maintiennent leur soutien
à l'État hébreu.

6 octobre
1973 Le jour du Yom Kippour, l'Égypte et la Syrie déclenchent
une guerre contre Israël. Les forces israéliennes parviennent à
refouler leurs adversaires tout en subissant de lourdes pertes.
Les Arabes gagnent le soutien de l'URSS et des démocraties populaires,
qui rompent leurs relations diplomatiques avec Israël. Les pays
arabes producteurs de pétrole arrêtent leurs exportations vers les
États-Unis pour protester contre l'aide apportée à Israël.

Le
coût humain, diplomatique et économique de la guerre du Kippour
provoque une grave crise en Israël.

La
première ministre Golda
Meir est obligée de démissionner en avril 1974. Yitzhak Rabin
prend la tête du gouvernement. Mais au cours des prochaines années,
les travaillistes continuent de perdre du terrain. Un scandale financier
leur fait perdre les élections législatives de 1977. Le nouveau
premier ministre est Menahem Begin, chef du Likoud, une coalition
formée par la droite nationaliste opposée à toute concession territoriale.

1979
Sous l'égide du président des États-Unis, Jimmy Carter,
l'Égypte et Israël signent un traité de paix à Washington. Israël
s'engage à restituer le Sinaï à l'Égypte (ce qui sera fait en avril
1982). La question de la souveraineté sur les territoires palestiniens
occupés, où s'établissent les colonies juives, demeure en suspens.

1981
L'aviation israélienne détruit un réacteur nucléaire irakien
en construction près de Bagdad.
1982
Les troupes israéliennes envahissent le Liban pour mettre
un terme à la présence de l'OLP dans ce pays. Après deux mois de
combats intensifs, l'OLP accepte d'évacuer ses combattants de la
capitale libanaise. Les troupes israéliennes restent tout de même
stationnées au Sud-Liban, où est instaurée une « zone tampon ».

1983
Menahem Begin se retire de la vie politique. Israël échange
six Israéliens contre près de 1500 prisonniers palestiniens
détenus par l'État juif.
1984
L'accord israélo-libanais du 17 mai 1983 est abrogé
par Amine Gemayel. Le gouvernement Shamir tombe, après un vote de
censure. Des élections ont lieu, dont les résultats sont si serrés
qu'ils contraignent les deux grands partis à former, après plusieurs
semaines de tractations, un gouvernement d'« union nationale ».
1985
Opération de transfert des Juifs éthiopiens, les Falachas,
en Israël. L'État juif amorce un retrait « par étapes »
des troupes israéliennes du Liban. L'aviation israélienne effectue
un raid sur le quartier général de l'OLP en Tunisie (70 morts).

1986
Le 5 octobre, le Sunday Times publie les révélations
de l'ingénieur israélien Vanunu, selon qui l'État juif aurait déjà
fabriqué 100 à 200 bombes atomiques. Enlevé et ramené en Israël,
il y sera condamné à 18 ans de prison.
1987
En décembre, à Gaza, puis en Cisjordanie, commence l'Intifada,
le soulèvement palestinien, aussi appelé « guerre
des pierres » dans les territoires occupés par Israël.

1988
Mikhaïl Gorbatchev, futur président de l'URSS, invite
l'OLP à reconnaître l'État d'Israël. Un commando israélien assassine
le numéro deux de l'OLP, Abu Jihad, à Tunis. Les élections en Israël
marquent le progrès des partis religieux. Yitzhak Shamir reste premier
ministre d'un gouvernement d'union nationale, formé à la mi-décembre.
L'OLP proclame l'État de Palestine.

Yasser
Arafat reconnaît explicitement le droit à l'existence de l'État
d'Israël et condamne toute espèce de terrorisme. À la suite
de tout cela, les États-Unis acceptent d'ouvrir un dialogue substantiel
avec l'OLP.
1990
L'émigration des Juifs de l'URSS connaît une brusque accélération.
Près de 200 000 personnes arrivent en Israël en 1990.
Après la tentative de débarquement d'un commando palestinien en
Israël, le président des États-Unis, George Bush, annonce
la suspension du dialogue américano-palestinien. L'URSS et Israël
décident de rétablir des relations consulaires et d'ouvrir une ligne
aérienne directe. Le consulat d'Israël à Moscou sera effectivement
ouvert le 3 janvier 1991.
1991
Le 30 octobre, George Bush et Mikhaïl Gorbatchev tiennent
une conférence à Madrid, suivie, le 3 novembre, des premières
négociations bilatérales entre Israël et ses voisins arabes. Les
négociations multilatérales s'ouvriront à Moscou, le 28 janvier
1992, en l'absence des délégués palestiniens, syriens et libanais.

Le
secrétaire d'État américain, James Baker, annonce des garanties
bancaires pour un prêt de 10 milliards de dollars à Israël,
à condition que les Israéliens arrêtent l'implantation de colonies
juives en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

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