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Journalistes :
Aïda Zénova et Sophie-Hélène Lebeuf
La superficie de l'État d'Israël est de 20 325 km2
(41 fois l'île de Montréal). Il faut également compter les
territoires occupés : le Golan, annexé en 1981, (1150 km2),
la Cisjordanie (5879 km2, dont 4 % font partie
de l'Autorité palestinienne depuis 1995), la bande de Gaza (378 km2,
dont 336 km2 font partie de l'Autorité palestinienne
et 42 km2 ont été réservés pour des colonies juives),
et Jérusalem-Est, qui a été annexée en 1967.
Depuis le 31
juillet 2000, le chef d'État est le président Moshé Katzav (du Likoud,
parti de droite). Mais la plupart de ses pouvoirs sont symboliques,
les véritables pouvoirs étant détenus par le premier ministre. Depuis
les élections du 6 février 2001, le premier ministre est
lui aussi issu de cette formation politique. Ariel Sharon a remporté
les élections avec plus de 20 points d'écart sur le premier ministre
sortant, Ehud Barak, qui avait déclenché des élections
anticipées.
Chronologie
des événements qui ont mené
à la fondation de l'État juif
Bien
que l'État israélien ait été créé le 14 mai 1948, son histoire
moderne remonte aux débuts du mouvement sioniste fondé, en 1897,
par Théodore Herzl au congrès de Bâle, en Suisse. Quelque 200 délégués
juifs d'Europe, d'Afrique du Nord, d'Amérique et d'ailleurs y signent
l'acte de naissance d'Israël.
Les
sionistes souhaitent la Palestine comme lieu du futur foyer national
des Juifs. Mais cette terre appartient au sultan de Constantinople
et lui seul peut l'accorder. Les dirigeants du mouvement sioniste
s'emploient à persuader la Sublime Porte de « restituer »
la Palestine aux Juifs. Ils proposent même de l'acheter. Dans les
années qui suivent, plusieurs territoires d'accueil sont envisagés
pour le futur État des Juifs : Chypre, le Sinaï, une colonie
juive en Égypte.
Le
secrétaire d'État aux Colonies de Grande-Bretagne, Joseph Chamberlain,
propose formellement l'Ouganda (en Afrique orientale). L'offre est
de taille. Pour la première fois dans l'histoire du judaïsme, un
État souverain accepte d'apporter une solution politique à la question
juive. Aux yeux de certains, le lieu du futur foyer national importe
peu. Si la Palestine n'est pas disponible, l'Ouganda ferait l'affaire.
Mais pour plusieurs, dont Chaïm Wizmann, qui sera le premier président
israélien, et David Ben Gourion, futur premier ministre de l'État,
c'est en Palestine, berceau du judaïsme, que les Juifs doivent se
rassembler.

À la
veille de la Première Guerre mondiale, la Palestine compte 590 000 habitants,
dont 57 000 Juifs.
Le
2 novembre 1917, Lord Arthur James Balfour, secrétaire d'État
aux Affaires étrangères de Grande-Bretagne, annonce que Londres
« envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un
foyer national pour le peuple juif », ce qui encourage l'immigration
juive, soutenue par le Fonds national juif.
Au
lendemain de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations
confie à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine pour aider
les Juifs à « reconstituer leur foyer national dans ce pays ».
Les Juifs continuent à s'implanter sur des terres rachetées à bas
prix par le Fonds national juif. Bénéficiant de l'aide financière
de la diaspora et d'une bonne formation, les colons juifs sont soudés
par leur volonté de faire fructifier la Terre promise des Hébreux.
La fracture avec les Arabes palestiniens s'agrandit au fur et à
mesure qu'augmente le niveau de vie des colons et que s'accroît
leur nombre.
1920
La Conférence de San Remo confirme la déclaration Balfour.
1922
Première révolte arabe et premier Livre blanc britannique,
qui exclut l'idée d'un État juif.
1927
Création de l'Agence juive chargée de l'émigration des Juifs
en Palestine.
1929
La violence entre Juifs et Arabes devient systématique.

1933
Adolf Hitler prend le pouvoir en Allemagne et l'immigration
des Juifs européens, fuyant les persécutions nazies, s'accélère.

1936
Début d'une révolte générale des Arabes contre les Juifs.
Ces derniers organisent leur milice d'autodéfense, la Haganah. Aux
attentats arabes contre les colonies juives répondent les attentats
perpétrés contre la population arabe par l'Irgoun, organisation
clandestine sioniste extrémiste. À partir de 1939, les actions terroristes
de l'Irgoun sont également dirigées contre les fonctionnaires britanniques.
1937
La Grande-Bretagne propose une partition de la Palestine,
ce que refusent les sionistes.
1939
Le gouvernement britannique publie un Livre blanc interdisant
l'achat de terres par les Juifs et limitant l'immigration à 75 000 personnes
sur cinq ans. Une immigration illégale est alors organisée et la
Haganah recourt à son tour au terrorisme.
1947
L'affaire de l'Exodus marque le début d'un conflit ouvert
entre Juifs et Britanniques. Le bateau Exodus, transportant des
Juifs vers la Palestine, est repoussé devant les côtes palestiniennes
par la marine britannique. La Grande-Bretagne décide de se retirer
de la région et confie la question de l'avenir de la Palestine aux
Nations unies.
Le
28 avril, l'Assemblée générale de l'ONU charge une commission d'enquête
spéciale de lui faire des recommandations. Le United Nations Special
Committee on Palestine (UNSCOP) est composé de représentants de
11 États « non directement concernés » (Australie,
Canada, Guatemala, Inde, Iran, Pays-Bas, Pérou, Suède, Tchécoslovaquie,
Uruguay, Yougoslavie). L'UNSCOP remet ses conclusions en septembre
et recommande la création de deux États en Palestine.

Le
29 novembre 1947, l'ONU vote un plan de partage. Trente-trois
pays votent pour, 13 contre et 10 pays s'abstiennent. Le plan
prévoit un régime de tutelle internationale pour Jérusalem (100 000 Juifs
et 105 000 résidents arabes), garantit les droits des
minorités et les droits religieux, y compris le libre accès aux
Lieux saints et leur préservation. Le plan prévoit également l'union
économique entre les deux États : union douanière, système
monétaire commun, administration unique des principaux services,
accès égal aux eaux et sources d'énergie.
Le
plan est accepté par les dirigeants sionistes, mais refusé par les
Arabes palestiniens et par les États membres de la Ligue arabe.
Les combats s'intensifient entre les deux communautés.

15
mai 1948 Le mandat britannique prend fin. Le même jour, David
Ben Gourion proclame l'indépendance de l'État d'Israël. La proclamation
dit : « En tant que membres du conseil national représentant
le peuple juif en Palestine et le mouvement sioniste mondial, nous
nous sommes réunis solennellement en ce jour de l'expiration du
mandat britannique sur la Palestine pour proclamer l'établissement
d'un État juif en Terre sainte, lequel portera le nom d'Israël conformément
aux droits naturels et historiques du peuple juif et à une résolution
de l'Assemblée générale des Nations unies. »

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