Rébellion et terrorisme

Le climat en Irak est loin d'être à la sécurité. Une bonne partie de la population est hostile à la présence américaine et au gouvernement intérimaire, perçu comme la marionnette de Washington. Des groupes rebelles armés s'en prennent régulièrement aux forces américaines et irakiennes, aux membres du gouvernement et à leurs proches, ou aux infrastructures pétrolières. Selon des dirigeants irakiens et américains, la Syrie et l'Iran soutiendraient certains de ces groupes. (On peut consulter la liste des attentats commis entre août 2003 et mars 2004 dans notre dossier Guerre en Irak, un an plus tard.)

La rébellion se déploie à la fois dans la capitale, Bagdad, dans le sud chiite, qui a vu naître des mouvements comme celui de Moqtada al-Sadr, et dans le triangle sunnite, au centre du pays, où Saddam Hussein avait ses principaux appuis. Des milliers de chiites et de sunnites ont même oublié leurs divergences en avril 2004, et ont marché de concert vers Falloujah pour soutenir la population de cette ville sunnite, siège de violents combats entre insurgés et américains.

Le président du Conseil de gouvernement transitoire, Abdel Zahraa Osmane, dit Ezzédine Salim, dont l'assassinat a été revendiqué par le groupe du Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, lié à Al-Qaïda.

Depuis le renversement du régime de Saddam Hussein, l'Irak est devenu un terreau fertile pour le terrorisme. Plusieurs organisations terroristes locales et internationales, dont certaines sont dans la mouvance d'Al-Qaïda, y multiplient les enlèvements et les meurtres de civils —  journalistes, diplomates, représentants d'ONG, travailleurs irakiens et étrangers —, souvent soigneusement médiatisés, afin de faire pression sur les pays membres de la force multinationale ou sur les entreprises qui travaillent à la reconstruction du pays. En août 2004, les ravisseurs de deux journalistes français ont même exigé que la France modifie sa loi sur les signes religieux ostentatoires à l'école. C'était la première fois que des terroristes s'en prenaient à la politique intérieure d'un autre État.

La faiblesse de l'armée irakienne contribue à entretenir ce climat d'insécurité. La coalition occupante avait tenu à démanteler rapidement les forces armées héritées de l'ancien régime, laissant le champ libre aux criminels et aux terroristes. Les nouvelles forces de sécurité irakiennes, supervisées par les forces américaines, manquent cruellement d'expérience, d'équipement et d'encadrement. De plus, elles doivent faire face à l'hostilité de la population, qui considère qu'elles jouent le jeu des États-Unis. De nombreuses recrues auraient fait défection.

Ces forces compteraient environ 200 000 soldats, y compris la police et les forces armées, alors que la force multinationale en compte 160 000, en majorité américains (environ 140 000), britanniques (12 000), italiens (2700) et polonais (2400).

 

La force multinationale en Irak

Une cinquantaine d'États ont soutenu, militairement ou politiquement, la guerre contre l'Irak et le renversement du régime de Saddam Hussein. Les pays arabes ont tous refusé d'envoyer des troupes en Irak, malgré les demandes répétées des États-Unis. L'Allemagne, la France et le Canada ont également refusé leur soutien à la coalition.

Dans la liste ci-dessous, les pays qui faisaient partie de la force multinationale en août 2004 sont marqués d'un astérisque. L'Arménie, le Royaume de Tonga et Singapour se sont joints à la force multinationale après la chute de Saddam Hussein.

L'Espagne, le Honduras et la République dominicaine se sont retirés de la coalition au printemps 2004, avant la fin de leur mandat; le Nicaragua, en février 2004, pour des raisons financières; et les Philippines, en juillet 2004, pour sauver un de leurs ressortissants, menacé de décapitation.

L'Estonie, la Hongrie, la Norvège, la Nouvelle-Zélande et la Thaïlande sont en train de retirer leurs troupes, ou comptent le faire sous peu.

Quant au Costa Rica, son adhésion à la coalition est contestée devant le plus haut tribunal du pays, qui doit déterminer si elle viole la Constitution.

Les pays qui ont soutenu la coalition en Irak

Afghanistan
Albanie *
Angola
Arménie *
Australie *
Azerbaïdjan *
Bulgarie *
Colombie
Corée du Sud *
Costa Rica
Danemark *
El Salvador *
Érytrée
Espagne
Estonie *
États-Unis *
Éthiopie
Géorgie *
Honduras
Hongrie *

Islande
Îles Marshall
Îles Solomon
Italie *
Japon *
Kazakhstan *
Koweït
Lettonie *
Lituanie *
Macédoine *
Micronésie
Moldova *
Mongolie *
Nicaragua
Norvège *
Nouvelle-Zélande *
Ouganda
Ouzbékistan
Palau
Panama
Pays-Bas *
Philippines
Pologne *
Portugal *
République dominicaine
République tchèque *
Roumanie *
Royaume de Tonga *
Royaume-Uni *
Rwanda
Singapour *
Slovaquie *
Thaïlande *
Turquie
Ukraine *

Sources : globalsecurity.org, Multinational force Iraq (site de la force multinationale en Irak)

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Dernière mise à jour: septembre 2004