Une économie en ruines

Le gouvernement irakien a tout à faire pour reconstruire l'économie du pays, anéantie par plus de 40 ans de dictature, dont 20 sous Saddam Hussein, 3 guerres et 13 ans de sanctions économiques internationales.

Le taux de chômage y est de plus de 50 %, l'électricité n'est disponible que quelques heures par jour et la survie de la moitié des familles dépend de rations alimentaires mensuelles. Les attentats contre les installations pétrolières privent l'État de revenus dont il aurait grandement besoin. Le pétrole produit la majeure partie des revenus de l'Irak. Les réserves du pays atteignent le deuxième rang mondial, après celles de l'Arabie saoudite. Les systèmes d'éducation et de santé, qui étaient parmi les meilleurs du monde arabe pendant les années 80, se sont considérablement détériorés.


Les dinars à l'effigie de Saddam Hussein ont
été remplacés par une nouvelle devise convertible
sur les marchés internationaux.

Le revenu annuel moyen des Irakiens était de 3600 $ en 1980. Il a chuté à environ 1000 $ en 2001, et à environ 500 $ en 2003, selon un rapport conjoint des Nations unies et de la Banque mondiale rendu public en octobre 2003.

 

La reconstruction

En 2003, les Nations unies et la Banque mondiale évaluaient à 56 milliards de dollars la somme nécessaire à la reconstruction de l'Irak, y compris 20 milliards de dollars pour assurer la sécurité du pays.

En octobre 2003, à Madrid, les organisateurs de la conférence des donateurs annonçaient avoir recueilli des engagements à hauteur de 33 milliards  de dollars en dons ou en prêts. L'engagement des États-Unis s'élève à 20 milliards de dollars, qui doivent être administrés par l'Agence américaine de développement international (USAID), le Département de la défense et le Département d'État. Le reste, dont 220 millions de dollars promis par le Canada, doit être versé dans un Fonds international pour le développement de l'Irak, administré conjointement par les Nations unies et la Banque mondiale.

Ces sommes doivent financer des programmes dans les secteurs de l'éducation, de la santé, de la sécurité alimentaire, de la reconstruction des infrastructures, de l'administration des ports et des aéroports, de la croissance économique, du développement communautaire, de la gouvernance locale et des initiatives qui visent à faciliter la transition vers la souveraineté.

Lors de la conférence de Madrid, le président du Groupe des Nations unies pour le développement, Mark Malloch Brown, a dit craindre que la reconstruction de l'Irak n'accapare une grande partie des sommes dont les autres pays en développement ont besoin. Durant les premiers mois de la reconstruction, a-t-il précisé, l'Irak aura besoin des dons de la communauté internationale. Mais il a souhaité que des investissements privés prennent rapidement le relais.

En mars 2004, un premier milliard de dollars était versé dans le Fonds international pour la reconstruction de l'Irak. Le Japon a fourni près de la moitié de cette somme. Parmi les principaux donateurs, on retrouve aussi l'Australie, le Canada, la Commission européenne, l'Espagne, les États-Unis, l'Inde, le Koweït, la République de Corée, la Norvège, le Qatar, le Royaume-Uni et la Suède.

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Dernière mise à jour: septembre 2004