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L'hydroélectricité : des
réservoirs à sec?
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Hydro-Québec est le troisième producteur d'hydroélectricité au monde. Or, en février 2004, la société
surprend tout le Québec en annonçant que le niveau d'eau de ses réservoirs est en déficit constant
depuis 1991. Le manque d'eau serait même plus important depuis 2000.
Hydro a toujours gardé secret le niveau d'eau de ses barrages, invoquant
qu'elle ne voulait pas nuire à sa position sur le marché concurrentiel de
l'électricité.
La société précise que ces problèmes d'hydraulicité
surviennent au moment même où la consommation d'électricité
explose dans la province. Pour palier le manque, Hydro propose une
nouvelle filière énergétique : le thermique.
Que s'est-il passé? Hydro ne pouvait-elle pas prévenir
le coup? Et pourquoi mettre si rapidement de côté la
filière de l'hydroélectricité? À ce
sujet, la société apporte deux explications :
LE POINT DE VUE D'HYDRO-QUÉBEC
De mauvaises prévisions sur les besoins du Québec
Amenée à s'expliquer devant la Régie de l'énergie, la société reconnaît avoir sous-évalué les besoins du
Québec pendant quatre mois, soit d'octobre 2003 à janvier 2004. En octobre, novembre et décembre, la
consommation effective a dépassé de 2,1 TWh les prévisions faites par la société d'État, alors qu'en janvier,
elle les a dépassées de 2,4 TWh. Hydro souligne d'ailleurs que la demande québécoise a connu une croissance
exceptionnelle en 2002 et en 2003, principalement attribuable aux deux hivers consécutifs extrêmement froids.
L'hydroélectricité : de
trop longs délais
Consciente des avantages économiques et environnementaux de l'hydroélectricité, Hydro affirme vouloir
continuer à privilégier cette filière. Cependant, elle estime qu'il est impossible, du moins à court terme,
de réaliser un projet hydroélectrique qui comblerait le manque d'électricité. En ce sens, la société croit
que la construction d'une centrale thermique constituerait le meilleur choix pour répondre aux exigences
du marché à court et à moyen terme.
« S'il y avait eu des projets [hydroélectriques], et s'il n'y avait pas eu de retard dans les processus
d'autorisation [
], ce n'est pas un reproche, c'est tout simplement une constatation. [
] Il est fort
probable que l'opportunité de présenter ce projet [du Suroît] ne serait pas apparue. »
-Thierry Vandal, président d'Hydro-Québec Production, se prononçant sur le projet de centrale thermique
du Suroît, Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE), automne 2002
D'AUTRES POINTS DE VUE
La poursuite des exportations
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Consciente du niveau critique de ses réservoirs, pourquoi la société a-t-elle continué à exporter en 2003
et, même, au début de 2004? À titre d'exemple, les chiffres fournis par Hydro à la Régie l'an dernier
révèlent que, malgré un déficit en eau de 23 TWh, les exportations se sont poursuivies (2,2 TWh).
« Si les données fournies par Hydro-Québec
sont véridiques, je ne comprends pas pourquoi on continue
à exporter. Je vois, au contraire, toutes les raisons
du monde d'interrompre les ventes excédentaires. »
-Jean-François Blain, analyste en énergie, La Presse,
le 24 mars 2004
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La société continue à vendre pour une raison
fort simple : ses ventes sont très rentables. Par exemple,
au cours de l'année 2003, les exportations ont fondu de 12,1
à 4 TWh. Or, ces 4 TWh ont tout de même rapporté
596 millions de bénéfice, soit le tiers du profit
net de la société, évalué à 1,93 milliard!
Un autre exemple : alors que la demande québécoise
était à son niveau le plus élevé en
janvier 2004, Hydro a continué d'exporter aux États-Unis
de petites quantités d'électricité qui lui
ont rapporté gros : 127 $ le mégawatt!
Les prévisions, la gestion
Certains s'étonnent que la Régie de l'énergie, qui supervise la gestion des réserves d'eau d'Hydro-Québec,
n'ait pas pu prévenir, elle non plus, l'état des réserves énergétiques. D'autres mettent carrément
en doute l'impartialité de cette instance et ne réclament rien de moins que l'abolition de la loi 116.
Adoptée en 1998, cette législation a réduit considérablement les pouvoirs d'examen de la Régie de
l'énergie sur les activités d'Hydro-Québec.
« La question qui se pose maintenant est de savoir si la surexploitation
des réservoirs hydroélectriques correspond à
une manipulation destinée à nous obliger à
choisir le gaz, ou bien à une négligence irresponsable
impliquant la haute direction d'Hydro-Québec, qui aurait
joué la sécurité énergétique
du Québec à coup de dés. » -La coalition
Québec Vert Kyoto
L'HYDROÉLECTRICITÉ EN BREF
Les avantages |
Les désavantages |
Pas de combustible |
Généralement situé loin des sites de consommation |
Stabilité et faible coût d'exploitation |
Facteur d'utilisation lié à l'hydraulicité |
Très faibles émissions atmosphériques |
Frais et délais de développement importants |
 
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