Et pourquoi pas l'éolien? |
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« Le Canada et le Québec possèdent parmi
les meilleurs sites éoliens en Amérique du Nord. Malgré
cela, nous traînons la patte dans ce secteur d'avenir, puisque
nous n'investissons pas suffisamment dans cette technologie. Les
gouvernements canadien et québécois passent à
côté d'une filière énergétique
dont ils pourraient être les leaders mondiaux. »
- Steven Guilbeault, responsable de la campagne sur les changements
climatiques, Greenpeace Québec
Le Québec, Arabie saoudite de l'énergie verte?
Notre province est en effet réputée pour son extraordinaire
potentiel éolien. Or, bien qu'Hydro-Québec demeure
le plus gros acheteur d'énergie éolienne au
pays, certains estiment que la société boude encore
beaucoup trop cette filière, qui présente de grands
avantages (énergie verte, faibles coûts d'exploitation,
émissions atmosphériques nulles).
Présentement, l'Allemagne vient en tête des pays européens avec sa production éolienne, laquelle
atteignait, à la fin 2003, quelque 14609 MW. Ce pays est suivi par l'Espagne (6202 MW), le Danemark
(3110 MW), les Pays-Bas (912 MW) et l'Italie (904 MW). En comparaison, le Québec compte une puissance
éolienne installée de 100 MW, laquelle sera portée, dans 10 ans, à 1000 MW.
Dans sa volonté de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et dans son approche du
développement durable, le gouvernement du Québec a pourtant démontré, à maintes reprises, qu'il
entendait favoriser le développement des formes d'énergies renouvelables, dont l'éolienne, au cours
des prochaines années (Plan d'action 2000-2002 de Québec sur les changements climatiques, Politique
québécoise énergétique, etc.)
Amené à se prononcer sur le projet du Suroît, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement
(BAPE) concluait d'ailleurs, en janvier 2003, que « l'énergie éolienne [était] une source prometteuse
d'énergie électrique renouvelable qu'il serait avantageux d'exploiter en complémentarité avec
l'énergie hydraulique ».
LE POTENTIEL ÉOLIEN : DES ÉTUDES
À L'APPUI
Deux chercheurs d'Environnement Canada, Robert Benoît et Wey Yu, dressent un constat des plus
surprenants en déclarant que le potentiel éolien du Grand Nord dépasse largement la production
hydroélectrique actuelle de la province.
- Deux des gisements éoliens les plus importants au pays seraient situés dans le nord du Québec,
à 250 kilomètres au nord des complexes Churchill et La Grande.
- On trouverait également d'importants gisements dans le centre du Québec, à la hauteur du grand
lac Mistassini et des grands réservoirs hydroélectriques.
Leurs travaux inédits sont à l'origine du relevé
le plus précis jamais réalisé du potentiel
éolien du Québec. Grâce à leur méthode
révolutionnaire, les deux chercheurs sont en train de produire
le premier atlas des vents du Canada, qu'ils comptent bien
publier au congrès de l'Association canadienne de l'énergie
éolienne, en septembre 2004.
Une autre étude, commandée par la firme Hélimax
et rendue publique en avril 2004, démontre aussi l'énorme
potentiel éolien du Québec. L'étude, commandée
au coût de 150 000 $ par une coalition de groupes
environnementalistes, révèle que la province jouit
d'un potentiel éolien d'environ 35 000 MW, soit
la production totale d'Hydro-Québec!
Selon le rapport, l'ensemble de cette énergie pourrait être produit dans des parcs éoliens situés à
moins de 25 km des lignes de transports d'électricité déjà existantes, ce qui permettrait un « couplage »
avec l'hydroélectricité.
Pour les opposants à la construction de la centrale thermique
du Suroît, une telle étude prouve, à elle seule,
la mort du projet. Mais, aux yeux d'Hydro-Québec, il n'y
a aucun doute : l'énergie éolienne ne peut remplacer
la fameuse centrale thermique, qui équivaut à 836 MW
de puissance installée.
« [Ça] équivaudrait à plusieurs
milliers d'éoliennes sur plusieurs milliers de kilomètres
carrés. » - Élyse Proulx, porte-parole
d'Hydro-Québec
LE POINT DE VUE D'HYDRO-QUÉBEC
D'abord, Hydro-Québec ne cache pas le constat suivant : elle n'est pas un producteur d'énergie éolienne.
Pour Hydro, le caractère intermittent de l'énergie éolienne est d'ailleurs loin de constituer un avantage
dans la production électrique.
« Je pense que l'éolien a sa place dans le parc. Je pense que l'éolien, attaché au réseau, peut fournir,
quand il vente, en période d'appoint, de l'énergie. Mais pas une énergie qui peut répondre à des besoins
certains, à des moments sûrs. »
- M. Thierry Vandal, séances du BAP, septembre 2002
Quant au projet du Suroît, la société est d'avis
que la filière éolienne ne pourrait réalistement
pas fournir une quantité d'énergie équivalente
à celle de la centrale pour 2006. Une opinion partagée
par l'Association des constructeurs de routes et de grands travaux
du Québec, qui estime qu'afin de produire une quantité
d'énergie équivalente à celle de la centrale
du Suroît, « il faudrait installer des éoliennes
sur une étendue qui aurait un ordre de grandeur comparable
aux îles de Montréal et Laval réunies, ou bien
quatre fois l'île d'Orléans. [
] C'est tout simplement
impensable. »
Hydro rappelle toutefois son projet visant la région gaspésienne, dans lequel elle a soumis un appel
d'offres d'électricité éolienne en vue de fournir, d'ici 2012, 1000 mégawatts de puissance à partir de
cette région. Une énergie suffisante pour alimenter 250 000 maisons. Les parcs éoliens déboucheront sur
des investissements directs de 1,6 milliard de dollars, principalement en Gaspésie. Les premiers
mégawatts devraient être intégrés au réseau hydroquébécois dès 2006.
L'ÉOLIEN EN BREF
Les avantages |
Les désavantages |
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Énergie verte (pas de combustible)
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Le bruit (les petites éoliennes) |
Faibles coûts d'exploitation |
Les oiseaux (ils peuvent être frappés par les pales en mouvement) |
Émissions atmosphériques nulles |
L'impact visuel |
D'AUTRES ÉNERGIES RENOUVELABLES
L'énergie solaire
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Le Québec jouit d'un fort ensoleillement, et l'énergie
solaire y est abondante. Cependant, comme cette ressource
est à la fois diffuse et aléatoire, on lui préfère
généralement d'autres sources d'énergie,
plus concentrées et plus fiables.
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L'énergie tirée de la biomasse
Au Québec, la biomasse représente la seule forme d'énergie non conventionnelle utilisée à grande échelle.
L'ensemble de la biomasse consommée à des fins énergétiques représente environ 10 % du bilan énergétique
québécois, toutes formes confondues. Sur le plan environnemental, son utilisation est très avantageuse,
puisqu'elle permet de valoriser les résidus forestiers, urbains et agricoles.
L'AUTRE POINT DE VUE
 
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