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Octobre 2005
Journaliste :
Depuis plusieurs mois, l'Asie du Sud-Est, la Russie, la Chine et maintenant l'Europe sont confrontées à une épidémie de grippe aviaire en pleine expansion qui
pourrait éventuellement contaminer des millions de personnes sur la planète. L'Organisation
mondiale de la santé (OMS) surveille en effet de près
les foyers épidémiques de la grippe aviaire
dont la souche H5N1 a déjà tué plusieurs dizaines de personnes dans le monde.
Une situation potentiellement catastrophique
Le
coordonnateur du programme de l'OMS de lutte contre la grippe
aviaire, le docteur Klaus Stoehr, a affirmé en novembre
2004 que la grippe aviaire pourrait provoquer une pandémie
importante, si le virus subissait les mutations lui permettant de passer d'un humain à un autre.
Le jour où le virus de la grippe aviaire aura acquis cette capacité, les experts prévoient qu'il pourrait causer des millions de décès dans le monde en devenant aussi contagieux que la grippe traditionnelle.
Pour l'instant, tous les cas de transmission de la grippe aviaire à des humains émanent de contacts directs avec des oiseaux infectés, mais des scientifiques affirment que le virus de la grippe aviaire serait actuellement à une mutation près de devenir transmissible entre humains.
Pour les autorités médicales internationales la question n'est désormais plus de savoir si une pandémie de grippe aviaire est possible, mais bien quand elle se produira.
Les oiseaux en première ligne
Identifié
pour la première fois il y a une centaine d'années en Italie,
le virus de la grippe aviaire, appelé également grippe du
poulet ou influenza aviaire, est une infection virale contagieuse
qui touche les oiseaux de toutes espèces. Certaines espèces,
comme les poulets, dindons ou pintades, sont toutefois plus
susceptibles de l'attraper.
Se manifestant par une perte d'appétit, des plumes ébouriffées,
des fièvres, des diarrhées, des gonflements ou encore une
soif excessive, la maladie peut, dans le cas de souches particulièrement
virulentes, présenter un taux de mortalité proche de 100 %.
Aucu pays n'est à l'abri d'une contamination.
Ainsi, durant les années 1983 et 1984, les États-Unis ont
été confrontés à une souche dont le taux de mortalité
avoisinait 90 %. Pour enrayer la maladie, les autorités
sanitaires ont dû procéder à l'abattage de quelque 17 millions
de volatiles. Au Canada, des virus de grippe aviaire faiblement
pathogène ont été identifiés à
trois reprises depuis 1975. La dernière éclosion
a été rapportée en Ontario, en 2000.
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Une origine encore
incertaine
Les
autorités thaïlandaises enquêtent sur la
possibilité que la souche H5N1, qui a tué une soixantaine de personnes en Asie, ait été
apportée par des oiseaux migrateurs. Les canards sauvages
sont en effet connus pour être les hôtes naturels
du virus et sont, ironie du sort, les plus résistants
à la maladie. Un contact entre les oiseaux domestiques
et sauvages pourrait être à l’origine de
l'épidémie. Dans le passé, les marchés
d’oiseaux vivants ont joué un rôle important
dans la propagation.
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Premiers cas de
contamination humaine
En
1997, la grippe H5N1 fait ses premières victimes humaines
à Hong-Kong. Les autorités sanitaires recensent
à l'époque 18 cas de contamination chez les
humains, dont 6 décès. Pour la première
fois, les scientifiques concluent à une transmission
directe de la maladie de l'animal à l'humain.
En 1999, puis en décembre 2003, la souche H9N2 fait
son apparition, de nouveau à Hong-Kong. Seuls trois
cas humains sont recensés, et ils ne débouchent que
sur des symptômes mineurs.
Aux États-Unis, des anticorps du virus H7N2 sont découverts chez un Américain en Virginie, en 2002, et chez un autre dans l'État de New York, en 2003. Début 2003, la forme H7N7 débarque aux Pays-Bas,
entraînant la mort d'un vétérinaire. Quatre-vingt-trois
personnes sont contaminées avant que les autorités
ne décrètent l'abattage de 30 millions de poulets,
réalisé en moins d'une semaine.
En février 2004, la souche H7N3 se répand dans des élevages de poulet de Colombie-Britannique. Deux travailleurs infectés par le virus présentent de légers symptômes grippaux.
Jusqu'à maintenant, seule la souche H5N1 a entraîné des décès chez l'humain.
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Contamination
et symptômes chez l'humain
Les
volatiles infectés transmettent le virus par les sécrétions
respiratoires ou les déjections. Les symptômes
de la maladie s'apparentent dans les premiers temps à
ceux d'une grippe commune. L'affection se manifeste par de
la fièvre, de la toux, des maux de gorge, des douleurs
musculaires, des infections oculaires (conjonctivites) ou
des difficultés respiratoires. Dans les cas les plus
graves, des infections pulmonaires virales mortelles peuvent
se développer.
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Un virus en mutation
Le
principal problème posé par la souche H5N1 réside
dans sa capacité à muter rapidement et à
resurgir sous une forme différente de la précédente. Elle serait capable par exemple d'échanger des gènes avec le virus de la grippe humaine. Cela entraînerait la formation d'un nouveau virus, qui pourrait se transmettre d'un humain à l'autre.
Les virologistes estiment toutefois que la menace de la grippe
aviaire est bien connue. Contrairement à ce qui s'est
passé lors de la crise du syndrome respiratoire aigu
sévère (SRAS) au cours de l'hiver 2003, il existe
déjà des tests diagnostiques, de même
que des antiviraux efficaces, bien que coûteux. La capacité
de mutation du virus oblige néanmoins les laboratoires
à sans cesse mener de nouvelles recherches.
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Le porc, meilleur
ennemi de l'homme
Le
porc représente pour les scientifiques une menace potentielle
à l'éradication du virus. L'animal, souvent élevé à proximité
de la volaille, est en effet susceptible d'abriter dans son
organisme des formes virales à la fois aviaires et humaines.
Aussi devient-il le terrain idéal pour un échange de matériel
génétique entre les deux virus. La forme aviaire pourrait
alors muter et devenir transmissible d'un humain à l'autre.
Les données épidémiologiques récentes sur la souche H5N1 suggèrent toutefois que l'échange de matériel génétique entre les virus humain et aviaire pourrait se faire directement dans le corps humain, sans passer par le porc.
Une étude néerlandaise montre
aussi que les chats domestiques peuvent être infectés
et transmettre le virus de la grippe aviaire. Jusqu'à
maintenant, les félins étaient considérés
comme résistants aux maladies causées par des
virus influenza de type A, comme celui de la grippe aviaire.
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Mesures préventives
La
mise en quarantaine des fermes avicoles ainsi que l'abattage
systématique des élevages potentiellement contaminés ont été
les premières mesures mises en place par les pays infectés.
Selon les experts de l'OMS, l'abattage rapide de toutes les
volailles de Hong-Kong en 1997 a probablement permis d'éviter
une pandémie. En Asie, les populations qui entrent régulièrement
en contact avec la volaille, ou manipulant les aliments qui
en sont directement issus (ufs), sont invitées
à se laver régulièrement les mains.
L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation
et l'agriculture (FAO) recommande par ailleurs une campagne
de vaccination intensive et ciblée dans les zones non
contaminées. L'objectif est de créer une zone
tampon autour d'une région affectée.
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