LE DÉBAT POLITIQUE
Le dossier des fusions bancaires est un dossier hautement
politisé et controversé. Le gouvernement
promet depuis 2002 de faire connaître sa position
sur le sujet ainsi que les règles encadrant d'éventuelles
fusions.
Or, comme il forme un gouvernement minoritaire, le
Parti libéral se trouve dans une position délicate.
Il a absolument besoin de l'appui de l'opposition, qui
est très divisée sur le sujet.
Position des partis
Le Parti conservateur est le seul qui a ouvertement appuyé les fusions bancaires.
Les choses ne seront pas aussi faciles du côté
du NPD, qui a toujours été farouchement
opposé à ces fusions. Les néo-démocrates
ont cependant déclaré, au mois d'août
2005, qu'ils pourraient accepter les fusions, mais ils
ont dressé une longue liste de conditions très
strictes pour accorder leur appui. Parmi celles-ci:
un plafond sur les taux d'intérêt exigés
par les banques sur leurs cartes de crédit et
l'assurance qu'il n'y aura aucune fermeture de succursales,
ni perte d'emploi. Aussi bien dire qu'il y aura de longues
négociations en vue!
Pour sa part, le Bloc québécois n'est
pas contre les fusions. Il a appuyé le rapport
du Comité des Communes qui, en 2003, s'est prononcé
en faveur des fusions bancaires, mais à certaines
conditions. Le député du Bloc Pierre Paquette,
qui était membre de ce comité parlementaire,
a toutefois déclaré à la Presse
canadienne, en 2003, qu'il voulait que « la
barre soit haute ». Il y a fort à
parier que le Bloc exigera que le Parti libéral
établisse des conditions strictes avant d'accorder
son appui aux fusions.
Un dossier épineux
Comme on le voit, le gouvernement Martin n'a pas du
tout les coudées franches dans ce dossier.
Ralph Goodale |
D'un côté, le ministre des Finances, Ralph
Goodale, subit une forte pression de la part des banques
et, plus récemment, du Fonds monétaire
international. Celui-ci lui a demandé d'éclaircir
les règles existantes sur les fusions bancaires.
De l'autre côté, le ministre sait très
bien que les fusions bancaires suscitent beaucoup d'appréhension
non seulement au sein des partis d'opposition, mais
également parmi la population.
Un sondage Ipsos-Reid réalisé pour le
compte du ministère fédéral des
Finances a, en effet, montré que la majorité
des Canadiens (60 %) croient que leur intérêt
serait mieux servi si les banques ne fusionnaient pas.
Ce sondage a été réalisé
auprès de 1000 personnes au mois d'août
2004. Sa marge d'erreur était de 3,1 %,
19 fois sur 20.
Il n'est donc pas étonnant que le gouvernement
ait décidé de reporter ce dossier controversé
après les prochaines élections fédérales.
- Agence de presse financière Bloomberg, 29 juin 2004.
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