Journaliste: Sonia Duguay
Septembre 2005

LE DÉBAT POLITIQUE

Le dossier des fusions bancaires est un dossier hautement politisé et controversé. Le gouvernement promet depuis 2002 de faire connaître sa position sur le sujet ainsi que les règles encadrant d'éventuelles fusions.

Or, comme il forme un gouvernement minoritaire, le Parti libéral se trouve dans une position délicate. Il a absolument besoin de l'appui de l'opposition, qui est très divisée sur le sujet.

 

Position des partis

Le Parti conservateur est le seul qui a ouvertement appuyé les fusions bancaires.

Les choses ne seront pas aussi faciles du côté du NPD, qui a toujours été farouchement opposé à ces fusions. Les néo-démocrates ont cependant déclaré, au mois d'août 2005, qu'ils pourraient accepter les fusions, mais ils ont dressé une longue liste de conditions très strictes pour accorder leur appui. Parmi celles-ci: un plafond sur les taux d'intérêt exigés par les banques sur leurs cartes de crédit et l'assurance qu'il n'y aura aucune fermeture de succursales, ni perte d'emploi. Aussi bien dire qu'il y aura de longues négociations en vue!

Pour sa part, le Bloc québécois n'est pas contre les fusions. Il a appuyé le rapport du Comité des Communes qui, en 2003, s'est prononcé en faveur des fusions bancaires, mais à certaines conditions. Le député du Bloc Pierre Paquette, qui était membre de ce comité parlementaire, a toutefois déclaré à la Presse canadienne, en 2003, qu'il voulait que « la barre soit haute ». Il y a fort à parier que le Bloc exigera que le Parti libéral établisse des conditions strictes avant d'accorder son appui aux fusions.

 

Un dossier épineux

Comme on le voit, le gouvernement Martin n'a pas du tout les coudées franches dans ce dossier.


Ralph Goodale

D'un côté, le ministre des Finances, Ralph Goodale, subit une forte pression de la part des banques et, plus récemment, du Fonds monétaire international. Celui-ci lui a demandé d'éclaircir les règles existantes sur les fusions bancaires.

De l'autre côté, le ministre sait très bien que les fusions bancaires suscitent beaucoup d'appréhension non seulement au sein des partis d'opposition, mais également parmi la population.

Un sondage Ipsos-Reid réalisé pour le compte du ministère fédéral des Finances a, en effet, montré que la majorité des Canadiens (60 %) croient que leur intérêt serait mieux servi si les banques ne fusionnaient pas. Ce sondage a été réalisé auprès de 1000 personnes au mois d'août 2004. Sa marge d'erreur était de 3,1 %, 19 fois sur 20.

Il n'est donc pas étonnant que le gouvernement ait décidé de reporter ce dossier controversé après les prochaines élections fédérales.

 

  1. Agence de presse financière Bloomberg, 29 juin 2004.

 

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