Les retombées
du rapport Séguin
Les retombées du
rapport Séguin |
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Réactions politiques
Au Québec, le rapport de la Commission Séguin sur
le déséquilibre fiscal a été accueilli
très favorablement dans son ensemble, et l'approbation recueillie
a largement dépassé le cadre partisan du gouvernement
péquiste.
Tout
d'abord, les conclusions de la Commission ont été
appuyées par les trois grands partis à l'Assemblée
nationale, qui ont d'ailleurs, après quelques divisions et
notamment les réserves du Parti libéral, adopté
à l'unanimité une résolution dénonçant
le déséquilibre fiscal entre le gouvernement fédéral
et les provinces.
Déséquilibre
fiscal : l'Assemblée nationale unanime
8 août 2002
Il
s'est d'ailleurs empressé de faire du rapport Séguin
un enjeu majeur de la prochaine campagne électorale. Le Parti
libéral du Québec a de plus recommandé la création
d'un conseil de la fédération comme organisme permanent
d'échange et de discussion entre les provinces et le gouvernement
fédéral, notamment sur les questions financières.
Cependant, Jean Charest estime que le Parti québécois
utilise le rapport Séguin à des fins électoralistes,
pour prouver que la fédération canadienne ne marche
pas. Il refuse d'envisager la tenue d'un référendum
sur la question du rapatriement des points d'impôt.
L'Action
démocratique de Mario Dumont est aussi clairement en faveur
du rapport Séguin depuis le début mais, à l'instar
de Jean Charest, il dénonce l'idée de tenir un référendum
sur le rapatriement des points d'impôt d'Ottawa au Québec.
Les syndicats et divers regroupements du Québec ont eux
aussi apporté leur soutien aux conclusions de la Commission.
Extrait du communiqué de la CSN :
« Le rapport de la Commission Séguin met nettement
en lumière le déséquilibre existant entre les
moyens du Québec de dispenser les services et l'accumulation
de richesses entre les mains du fédéral. »
Seul le Conseil du patronat a émis des réserves sur
la faisabilité des recommandations du rapport Séguin.
Au-delà du rapport Séguin
Les provinces et territoires reconnaissent qu'il y a déséquilibre
fiscal profond et livrent leur propre lutte à Ottawa :
les provinces avaient déjà unanimement dénoncé
la diminution de la part d'Ottawa dans le financement de la santé
lors de la 42e conférence des premiers ministres, tenue
à Victoria, en Colombie-Britannique. À l'occasion
de la 43e conférence des premiers ministres provinciaux,
à Halifax en 2002, le consensus sur le déséquilibre
fiscal s'est consolidé, en particulier autour du thème
du financement de la santé.
L'élément
central de l'argumentation des provinces est la conclusion du rapport
du Conference Board du Canada, un organisme de recherche indépendant,
qui démontre clairement que le gouvernement fédéral
aura empilé un surplus de 85,5 milliards de dollars
en 2019-2020, tandis que les provinces continueront d'accumuler
les déficits. Et la situation risque même d'empirer
après 2020. « Avec la structure fiscale et budgétaire
actuelle, le déséquilibre fiscal s'accentuera dans
l'avenir. Seul le gouvernement fédéral aura la capacité
financière de rembourser sa dette et de mettre en place de
nouvelles initiatives comme des réductions d'impôt
ou des nouveaux programmes », soutiennent les économistes
du Conference Board.
« À l'opposé, les provinces ne disposeront
pas de la marge de manuvre nécessaire pour mettre en
place de nouvelles initiatives. Elles ne pourront pas augmenter
leurs dépenses ni réduire leurs impôts sans
voir leur situation financière se détériorer »,
prévoit aussi l'étude du Conference Board. Le Conference
Board avait déjà réalisé une étude
visant uniquement le Québec, pour le rapport Séguin,
concernant le déséquilibre fiscal. Ce sont les provinces
qui ont demandé au Conference Board, en mai dernier, d'actualiser
une étude menée en février 2002 sur la question
du déséquilibre fiscal au Canada.
Par ailleurs, une étude de la Commission Romanow sur l'avenir
des soins de santé au Canada apporte de l'eau au moulin du
Québec. Selon un document publié fin août 2002
et qui est le prélude à un rapport devant être
publié en novembre, le déséquilibre fiscal
entre Ottawa et les provinces grandit d'année en année
et a un effet particulièrement important dans le domaine
des soins de santé. Cette étude, cependant, n'engage
en rien le président de la Commission, Roy Romanow.
 
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