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Le Forum sur le déséquilibre
fiscal
Le forum sur le
déséquilibre fiscal |
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La raison d'être du forum
Bien que le gouvernement fédéral le conteste, du
point de vue des provinces, le déséquilibre fiscal
constitue l'un des enjeux majeurs de la fédération
canadienne depuis le milieu des années 90. C'est à
ce moment, en effet, que le gouvernement fédéral a
procédé à des coupures importantes dans les
versements effectués au titre du Transfert canadien en matière
de santé et de programmes sociaux (TCSPS), alors que les
dépenses sociales des provinces connaissaient une forte croissance.
Ce déséquilibre
fait en sorte que le Québec, comme les autres provinces,
ne dispose pas, selon lui, de revenus suffisants pour s'acquitter
adéquatement de ses responsabilités dans les champs
de compétence qui sont les siens, comme ceux de la santé
et de l'éducation, où les coûts augmentent de
façon importante depuis plusieurs années. Le premier
ministre du Québec a récemment déclaré
que le déséquilibre fiscal entre les deux gouvernements
l'empêchait de réduire le fardeau des contribuables,
en clair de réduire les impôts. En septembre, et pour
la première fois en quatre ans, le Québec a affiché
un déficit trimestriel. Ce déficit se chiffre à
294 millions de dollars et est dû, selon Québec, au
retranchement imprévu de 479 millions dans les paiements
de péréquation.
Le gouvernement de Bernard Landry revient donc à la charge
dans le dossier du déséquilibre fiscal et mise sur
la tenue du forum à Québec pour dégager un
consensus dans la population. Il espère faire plier Ottawa,
qui a toujours nié l'existence même d'un quelconque
déséquilibre. Il s'agit donc d'une question hautement
politique et qui constituera un enjeu électoral de taille
au prochain scrutin provincial, mais aussi sur la scène fédérale.
Le gouvernement veut donc profiter de cette rencontre pour faire
pression sur Ottawa et l'obliger à modifier les règles
du partage de l'assiette fiscale. « L'heure de vérité
approche », a déclaré le premier ministre,
faisant référence à l'événement.
Le gouvernement Landry compte énormément sur le Forum
sur le déséquilibre fiscal pour animer un automne
qu'on veut extraordinairement nourri en matière d'actions
gouvernementales. L'événement est un élément-clé
pour le gouvernement provincial, qui cherche ainsi à raffermir
son rapport de force avec Ottawa sur la question du déséquilibre
fiscal, tout en améliorant sa cote de popularité chancelante.
Qui participe au forum ?
Des représentants du gouvernement québécois,
des experts du monde de la fiscalité et des finances, ainsi
que les chefs des partis d'opposition Jean Charest, du Parti
libéral, et Mario Dumont, de l'Action démocratique
ont accepté l'invitation. Québec invite aussi
des observateurs fédéraux, des chercheurs et divers
agents socioéconomiques en vue de bâtir un « consensus
solide » autour de la prémisse voulant que la
province soit pénalisée par Ottawa sur le plan fiscal.
On table sur le vif intérêt que suscite déjà
ce forum chez les syndicats, le patronat et tous ceux qui gravitent
autour des services publics, qu'il s'agisse des groupes d'usagers
ou des associations liées à la fourniture des services.
Le plan de travail du forum
Le premier jour du forum, le 7 octobre, on veut approfondir la
question du déséquilibre fiscal et, le lendemain,
on imaginera ce que le gouvernement pourrait faire avec les sommes
ainsi dégagées si le problème était
réglé à sa satisfaction. Le gouvernement Landry
a, au préalable, dressé une liste exhaustive et détaillée
des besoins qui pourraient être comblés en matière
de services publics si le déséquilibre fiscal était
corrigé. Cette liste de besoins prioritaires alimentera les
discussions auxquelles participera la société civile.
Selon un article paru dans le quotidien Le Devoir, l'idée
de dresser cette liste de besoins prioritaires vient du ministre
d'État à la Santé et aux Services sociaux.
En avril dernier, François Legault avait mandaté son
ministère et les régies régionales pour établir
une liste des besoins essentiels non comblés à l'heure
actuelle en matière de santé et de services sociaux,
mais qui pourraient l'être si le Québec récupérait
du gouvernement fédéral les points d'impôt correspondant
à ses responsabilités. Les points d'impôt constituent
un transfert du pouvoir d'imposition du gouvernement fédéral
aux provinces. M. Legault avait évalué grossièrement
entre 1 et 1,5 milliard par année le coût pour combler
les besoins essentiels. Le Conseil des ministres a décidé
d'étendre cet exercice à l'ensemble du gouvernement.
L'idée de tenir un référendum
sur la question du rapatriement des points d'impôt
Au-delà
de cette rencontre, le premier ministre du Québec a déclaré,
à plusieurs reprises, que son gouvernement envisageait très
sérieusement de tenir un référendum sur le
rapatriement de points d'impôt du gouvernement fédéral.
Cette option a rencontré beaucoup de scepticisme, même
au sein du PQ, et s'est heurtée à une fin de non-recevoir
du gouvernement fédéral.
 
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