Qui sont les extrémistes américains ?

Des hommes en colère

« Angry white males »

L'extrême droite américaine est formée de plusieurs tendances, mais toutes revendiquent le droit de détester un ou plusieurs groupes de la société. Il est donc plus facile de les définir par ce contre quoi ils s'élèvent que par ce qu'ils prônent. Leurs plates-formes sont souvent mouvantes, vagues, et beaucoup de ces groupes disparaissent pour mieux renaître ailleurs et sous un autre nom.

On peut dire que des principes de rejet et de haine animent les extrémistes : on y trouve, souvent pêle-mêle, le racisme (néonazis, suprémacistes blancs); l'antisémitisme (idem); la haine des homosexuels; le rejet du droit à l'avortement (les intégristes religieux); la haine du gouvernement (les milices).

  Le Centre pour le renouveau démocratique, qui siège à Atlanta, recensait en 1995 entre 25 000 et 30 000 militants dans les mouvements de suprématie blanche, dont 4 000 skinheads. Mais il faut y ajouter près de 200 000 sympathisants. En plus, on comptait 100 000 membres dans les diverses milices de « patriotes » antigouvernementaux, qui ne sont pas forcément racistes.  

Beaucoup des individus qui adhèrent à ces groupes sont prêts à passer leurs week-ends en treillis, à l'entraînement ou en réunions secrètes pour se préparer au pire et défendre leurs idéaux. Dans certains cas, ils vivent en état d'alerte perpétuelle, prêts à attaquer, et ils attendent un Armagedon, un affrontement final entre le bien et le mal.

Ces militants sont des insatisfaits : ils se sentent lésés, écartés du pouvoir, souvent au profit des minorités ou des femmes. Ce sont les laissés-pour-compte du rêve américain. Le plus souvent, ils s'élèvent contre la politique d'« action positive », qui aide les minorités à trouver leur place sur le marché du travail.


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Journaliste : Florence Meney
Intégration : Martin Rancourt