|
Deuxième tour: la vague de la droite
déferle sur la France, mais la gauche estime connaître
une défaite «honorable»

C'est sans équivoque
que les Français ont accordé leur
confiance à la majorité présidentielle dimanche lors du deuxième
tour des élections législatives. La droite remporte
une majorité absolue, d'après les premières estimations, avec environ
400 sièges sur 577, s'assurant ainsi de pouvoir gouverner sans partage.
Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy,
commentant le résultat des élections législatives, a estimé que
l'appel du président Jacques Chirac en faveur d'une large majorité
pour soutenir son action avait été «largement entendu par
les Français».
La victoire de la droite acquise aux élections
législatives, le premier ministre Jean-Pierre Raffarin a remis la
démission de son gouvernement à Jacques Chirac avant de travailler
au remaniement de son équipe ministérielle, qu'il souhaite «élargie».
La composition du gouvernement Raffarin-bis a été
annoncée dès lundi.
Fort des députés qui se sont engagés à soutenir sa
politique, le gouvernement détient donc tous les leviers de commande
: l'Elysée, Matignon, l'Assemblée, le Sénat, sans oublier le Conseil
Constitutionnel, le Conseil supérieur de l'Audiovisuel et le Conseil
supérieur de la magistrature. Sur le plan de l'action gouvernementale,
la lutte contre l'insécurité, thème qui a été au coeur des élections
présidentielle et législatives, sera la priorité du gouvernement,
ainsi que la baisse des impôts, la révision de la loi sur
les 35 heures et le durcissement des politiques en matière d'immigration.
Une gauche battue, mais pas écrasée
La gauche obtient 178 sièges. Le Parti socialiste
a réussi à limiter les dégâts avec quelque 140 sièges et le
Parti communiste aura un nombre suffisant d'élus, une vingtaine,
pour former un groupe parlementaire. La gauche française, qui a
gouverné dans l'unité des socialistes, communistes et écologistes
pendant cinq ans, doit pourtant désormais se réorganiser comme force
d'opposition en dépit de sa fragmentation et de l'affaiblissement
de certaines de ses composantes.
Par contre, Paris va disposer d'une majorité de députés
de gauche, contrairement à l'ensemble de la France. La gauche l'a
en effet emporté dans douze circonscriptions sur vingt et une dans
la capitale, contre neuf sur vingt et une dans la précédente législature.
Une
dizaine de personnalités de gauche ont été battues au second tour
des élections législatives dont une figure emblématique de la gauche
socialiste et auteur de la loi sur la réforme des 35 heures, l'ancien
ministre de l'Emploi Martine Aubry. Mme Aubry, qui est maire de
Lille et fille de l'ancien président de la commission européenne
Jacques Delors, a notamment conçu le projet de loi du gouvernement
de gauche sur la réduction du temps de travail hebdomadaire à 35
heures. Cette loi, adoptée en 2000, était
considérée par la gauche comme la réforme phare du gouvernement
du Premier ministre Lionel Jospin.

Jean-Pierre Chevènement, qui avait troublé le
jeu électoral en se présentant au scrutin présidentiel contre son
ex-camarade et ami le Premier ministre socialiste Lionel Jospin,
a lui aussi été battu dans le Territoire de Belfort, un fief de
l'est de la France qu'il détenait depuis 1973.
Robert Hue perd son siège
Le
président du Parti communiste français, Robert Hue, a pour sa part
été battu au deuxième tour des élections dans le Val-d'Oise, en
région parisienne.
En revanche, le Premier secrétaire du Parti socialiste,
François Hollande, a été réélu en Corrèze.

Il a déclaré que les socialistes auront à
préparer dès à présent les conditions
d'une nouvelle alternance, et que, pour se faire, il devaient se
pencher sans faux-semblant sur les causes de la défaite.
Une très forte majorité des personnes âgées de
60 ans et plus ont voté pour les candidats de droite, tandis que
les meilleurs scores de la gauche se trouvent chez les personnes
plus jeunes, selon un sondage Ipsos publié dimanche.
L'extrême droite, qui avait créé une immense surprise
avec la forte poussée de son chef Jean- Marie Le Pen à la présidentielle,
n'a obtenu que moins de 12% des voix au premier tour et n'a pu faire
élire aucun de ses représentants dans les 37 circonscriptions où
elle était présente au second tour.
|
Quelques grands titres dans la Presse
au lendemain du deuxième tour:
Cinq ans pour changer
la France
Le Figaro
Ils ont le champ libre
France Soir
Chirac a une majorité
historique pour réformer
Les Échos
Trop?
Le Parisien
Cinq ans ferme
Libération
La droite et l'abstention
en force
L'Humanité
|
|