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Les hommes qu'ont choisis George W. Bush et John Kerry
comme colistiers - c'est-à-dire ceux qu'ils veulent avoir
comme vice-présidents - sont aux antipodes, même s'ils
sont tous deux multimillionnaires. Comme lors de l'élection
de 2000, le chef de la Maison-Blanche entend s'appuyer sur Dick
Cheney, l'actuel vice-président, que le démocrate
John Edwards voudrait bien déloger.
Dick Cheney possède 30 d'expérience dans
les sphères du pouvoir, John Edwards présente un curriculum
politique plutôt mince. Le premier, sexagénaire, est
reconnu pour son sérieux; le second, dont l'allure ne trahit
pas sa cinquantaine, arbore fréquemment un sourire. L'un
éprouve des problèmes de santé et projette
une image négative auprès des électeurs, selon
les sondages; l'autre a déjà été élu
le politicien le plus sexy le magazine People...
Dick Cheney
Homme
de l'ombre, Dick Cheney joue néanmoins un rôle central
dans l'administration républicaine. Plusieurs observateurs
soutiennent que c'est lui qui tient véritablement les rênes
du pays. Palliant notamment les lacunes de George W. Bush en matière
de politique étrangère, jamais un vice-président
n'a eu un tel poids dans l'histoire de la politique américaine.
Le politicien de 63 ans a servi sous quatre présidents, amorçant
sa carrière publique sous Richard Nixon. Secrétaire
général de la Maison-Blanche lors de la présidence
de Gerald Ford, ancien secrétaire à la Défense
pendant la guerre du Golfe, sous George Bush père, il a la
réputation d'être passé maître dans l'art
d'organiser. Il a également siégé comme représentant
du Wyoming au Congrès, son État natal.
Il était l'un des plus ardents défenseurs de la dernière
guerre en Irak. Impopulaire auprès des électeurs, plusieurs
l'accusent d'avoir exagéré la menace que représentaient
les armes de destruction massive irakiennes, encore introuvables.
D'autres lui reprochent en outre d'avoir enrichi le géant
de l'industrie pétrolière Halliburton, dont il a déjà été pdg,
grâce aux lucratifs contrats de reconstruction de l'Irak que
la société a obtenus. Il a été victime
de quatre crises cardiaques au cours des dernières années.
John Edwards
Orateur
de talent à l'image chaleureuse, John Edwards a le charisme
et la réputation d'homme près du peuple qui manquent
à John Kerry. Avocat reconnu, il s'est distingué en
défendant des victimes de négligence ou d'accidents
médicaux contre des compagnies pharmaceutiques, des hôpitaux
ou des entreprises de travaux publics. Une situation qui explique
son impopularité auprès des grandes entreprises, qui
ont promis de lutter contre lui.
À 51 ans, ce sénateur de Caroline du Nord (1999 à aujourd'hui)
considéré comme un modéré était
l'un des plus jeunes candidats à briguer l'investiture démocrate.
D'origine modeste, il se présente d'ailleurs comme le défenseur
des « gens ordinaires », même si les causes qu'il
a défendues l'ont rendu millionnaire. « Nous méritons
un président qui est près de notre peuple, pas des
lobbyistes... Je défendrai les gens ordinaires chaque jour »,
clame-t-il sur toutes les tribunes.
En octobre 2002, il a voté pour la guerre en Irak, mais il
est devenu depuis un critique virulent de la façon dont l'administration
Bush mène sa guerre contre le terrorisme. Il prône l'annulation
des diminutions d'impôt pour les riches et promet de faciliter
l'accès de tous les enfants américains au système
de santé. Lors des primaires et caucus de son parti, il a
obtenu des résultats honorables dans plusieurs États,
même s'il était parti du peloton de queue dans les sondages.
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