Après avoir piqué du nez
de 1991 à 2002, le huard a retrouvé ses
ailes.
Le dollar canadien, qui a touché un
creux de 61,75 ¢US
en février 2002, s'est apprécié de
plus de 47 % pour franchir la barre des 91¢US
en mai 2006, un sommet des 28 dernières années.

Si ce redressement de notre devise fait le bonheur
des touristes canadiens qui voyagent aux États-Unis,
il en est autrement des entreprises qui exportent chez
nos voisins du sud.
L’ascension de notre monnaie rend les produits
canadiens plus coûteux pour les Américains,
donc moins concurrentiels.
D’ailleurs, l’impact
s’est rapidement fait sentir : les exportations
canadiennes, qui comptent pour 40 % de notre produit
intérieur brut (PIB), ont chuté de façon
marquée depuis l’envolée du huard.
Plusieurs entreprises canadiennes ont toutefois réussi à s’adapter à la
poussée du dollar en investissant dans la machinerie
et les équipements, ce qui leur a permis d’améliorer
leur productivité et leur compétitivité face
aux Américains.
Pour réduire leurs coûts, les entreprises
ont également délocalisé leurs
effectifs vers des pays comme l’Inde ou la Chine,
où les coûts de main d’œuvre
sont beaucoup moins élevés.
Toutes ces
mesures ont cependant engendré des
coûts sociaux. L’industrie forestière,
celle du meuble et celle du textile ont été les
plus durement touchées par les fermetures d’usines
et les mises à pied massives.
Si le huard poursuit son envolée, les entreprises
exportatrices pourront-elles encore suivre la cadence?
Certains économistes croient que le dollar canadien
continuera de s’apprécier au point d’atteindre
la parité avec le billet vert dès 2007,
d’autres estiment que cela se réalisera
pas avant 2010.
La parité, que l’on n’avait pas
vue depuis 1976, est donc de nouveau dans les cartes.
C’était pourtant inimaginable il y a à peine
quelques années lorsque notre dollar ne valait
plus que 62 ¢US, en 2002.
Chose certaine, cette envolée du huard a rapidement
mis en veilleuse le débat sur la dollarisation
(l’adoption de la monnaie américaine).
Ce qui risque d’être le cas pour un certain
temps encore.
Suite: LES
CAUSES
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