Journaliste: Sonia Duguay
9 mai 2006

 

 

Après avoir piqué du nez de 1991 à 2002, le huard a retrouvé ses ailes.

Le dollar canadien, qui a touché un creux de 61,75 ¢US en février 2002, s'est apprécié de plus de 47 % pour franchir la barre des 91¢US en mai 2006, un sommet des 28 dernières années.

Si ce redressement de notre devise fait le bonheur des touristes canadiens qui voyagent aux États-Unis, il en est autrement des entreprises qui exportent chez nos voisins du sud.

L’ascension de notre monnaie rend les produits canadiens plus coûteux pour les Américains, donc moins concurrentiels.

D’ailleurs, l’impact s’est rapidement fait sentir : les exportations canadiennes, qui comptent pour 40 % de notre produit intérieur brut (PIB), ont chuté de façon marquée depuis l’envolée du huard.

Plusieurs entreprises canadiennes ont toutefois réussi à s’adapter à la poussée du dollar en investissant dans la machinerie et les équipements, ce qui leur a permis d’améliorer leur productivité et leur compétitivité face aux Américains.

Pour réduire leurs coûts, les entreprises ont également délocalisé leurs effectifs vers des pays comme l’Inde ou la Chine, où les coûts de main d’œuvre sont beaucoup moins élevés.

Toutes ces mesures ont cependant engendré des coûts sociaux. L’industrie forestière, celle du meuble et celle du textile ont été les plus durement touchées par les fermetures d’usines et les mises à pied massives.

Si le huard poursuit son envolée, les entreprises exportatrices pourront-elles encore suivre la cadence?

Certains économistes croient que le dollar canadien continuera de s’apprécier au point d’atteindre la parité avec le billet vert dès 2007, d’autres estiment que cela se réalisera pas avant 2010.

La parité, que l’on n’avait pas vue depuis 1976, est donc de nouveau dans les cartes. C’était pourtant inimaginable il y a à peine quelques années lorsque notre dollar ne valait plus que 62 ¢US, en 2002.

Chose certaine, cette envolée du huard a rapidement mis en veilleuse le débat sur la dollarisation (l’adoption de la monnaie américaine). Ce qui risque d’être le cas pour un certain temps encore.

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