TRAGÉDIE HUMAINE ET PLUIE DE PESTICIDES

La Colombie est le pays où l'on épand la plus grande quantité d'herbicides et de défoliants dans le monde. Croyant fermement que la forte demande des Américains pour les drogues en provenance de Colombie dépend en grande partie de l'offre, Washington et Bogota ont pris le parti de détruire les plantations illicites directement sur le sol colombien en les empoisonnant aux pesticides.

Plusieurs des pesticides épandus sont carrément interdits dans le reste du monde.

Peu préoccupées par les considérations environnementales, les autorités colombiennes font un usage abondant d'herbicides comme le paraquat (agent orange utilisé au Vietnam), le glyphosate (Roundup) et le Garlon 4. Intensifiant les fumigations et les épandages au cours des années 90, la Colombie a aspergé chaque année des dizaines de milliers d'hectares de plantations illicites avec des pesticides encore plus toxiques, comme le Tebuthiurion et l'Imazapyr.

La santé publique
malmenée, voire ignorée

Dans les régions arrosées, les populations, déjà pauvres et démunies, font face à des taux élevés de cancers et de maladies respiratoires et cutanées. Ces maladies sont provoquées par la contamination des nappes phréatiques et des produits agricoles, exposés aux pesticides et aux résidus des fumigations. L'ampleur des épandages d'herbicides est étonnante : en quatre ans, le gouvernement d'Andrès Pastrana a, à lui seul, fait arroser plus de 70 000 hectares de plantations de pavot et de coca.

Des alternatives inquiétantes

Barils de pesticides entreposés dans une base aérienne de l'armée colombienne.

Conscient du désastre écologique en cours et des problèmes d'éthique engendrés par l'usage de tels produits, Washington incite aujourd'hui le gouvernement colombien à délaisser les pesticides et à se tourner plutôt vers un champignon pathogène (Fusarium oxysporum) sensé détruire les plantations beaucoup plus proprement. Mais ce champignon toxique ne détruirait pas que les cultures de coca et de pavot, il pourrait également s'attaquer aux cultures potagères, en plus de menacer la faune et la flore de par sa nature génétiquement modifiée.

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