LA NOUVELLE RÉALITÉ DU NARCOTRAFIC COLOMBIEN

Bien que les grands cartels aient été dissous par la répression et la guerre contre la drogue au cours des années 90, la production et le trafic de drogue n'ont accusé aucune baisse en Colombie ces dernières années. Si l'époque faste des grands barons de la drogue est désormais révolue, les affaires continuent malgré tout en Colombie.

Les laboratoires clandestins se comptent aujourd'hui par centaines dans les jungles d'Amérique latine.

De nos jours, la culture et la production de la drogue appartiennent à une multitude de petites organisations criminelles, de guérillas et de paramilitaires qui transigent avec un éventail de mafias et d'organisations criminelles internationales (Mexique, Russie, Afrique, Italie, République dominicaine, Espagne, etc.) qui jouent les rôles d'intermédiaires et de distributeurs, utilisant chacun leurs routes et leurs propres réseaux.

Plus de grands cartels :
désormais, on se fait discret

APRÈS LA COCAÏNE, L'HÉROÏNE

D'abord trafiquant de marijuana et de cocaïne, les narcotrafiquants colombiens n'ont pas mis beaucoup de temps à diversifier leurs activités et leurs produits.

Selon les autorités américaines, depuis 1993, l'offre d'héroïne en provenance de la Colombie a considérablement augmenté dans l'est des États-Unis. Faisant transiter les cargaisons par bateaux et avions via des pays tiers comme le Costa Rica, le Panama ou la République dominicaine, les narcotrafiquants colombiens s'accaparent lentement le marché de l'héroïne dans l'est américain en offrant à bon marché dans les rues des grandes villes une drogue d'une pureté très élevée (avoisinant les 90 %).

Ce sont principalement les groupes criminels dominicains qui sont chargés de distribuer et de vendre la drogue pour le compte des Colombiens, dans les grandes villes comme New York, Philadelphie ou Miami.

 

En pulvérisant les grands cartels dans les années 90, les forces antidrogue colombiennes et américaines n'ont en rien atténué l'offre de drogue, ils l'ont plutôt morcelée en des dizaines de petites cellules plus ou moins unifiées. Si le risque de voir un cartel unique s'emparer du pouvoir en Colombie est aujourd'hui écarté, le narcotrafic, lui, demeure florissant.

Que ce soit pour le compte des guérillas, des groupes paramilitaires ou des diverses mafias, tous contribuent et profitent largement de la déstabilisation de l'État colombien, d'où jaillissent les narcodollars à profusion. En fait, le rapport est simple : plus il y aura de guerre et de violence en Colombie, plus le narcotrafic y sera prospère. Que peut faire, concrètement, un gouvernement qui, depuis plus de 30 ans, peine à simplement assurer le contrôle de son propre territoire ?

Le jour où l'État colombien sera assez fort pour contrôler son territoire, ç'en sera fait des narcotrafiquants. Mais qui voudrait d'un tel
scénario ? L'industrie colombienne de la drogue rapporte beaucoup trop d'argent pour être ainsi détruite. Ce qu'on recherche, au fond, ce n'est pas la destruction du marché de la drogue, mais bien son contrôle.

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