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Journaliste
: Aïda Zénova
Intégrateur : Luc Lavigne
En
1998, une nouvelle affaire de sexe embarrasse la Maison-Blanche.
Comme les précédentes, cette affaire porte un nom féminin :
Monica Lewinsky.

Qui
est Monica Lewinsky?
Avant de faire
trembler la Maison-Blanche, Monica Lewinsky, ancienne stagiaire
par qui le scandale est arrivé, a vécu parmi la jeunesse dorée de
Beverly Hills, dans les luxueux faubourgs de Los Angeles. Les parents
de Monica ont divorcé quand elle avait 14 ans. Sa mère, Marcia
Lewis, est une écrivaine qui a signé notamment une biographie non
autorisée, La vie privée des trois ténors, dans laquelle
elle raconte en détail l'intimité présumée de Luciano Pavarotti,
Jose Carrera et Placido Domingo. Son père, le Dr Bernard Lewinsky,
est un radiologue célèbre de Beverly Hills. Leur séparation se déroulera
de façon tumultueuse, entre les aspects financiers (le partage de
la maison évaluée à 1,6 million et les intérêts du Dr Lewinsky
dans trois cliniques) et la bataille pour la garde des enfants,
Monica et son petit frère Michael, de quatre ans son cadet. Le père
de Monica est même accusé de mauvais traitements envers sa femme
et ses enfants.
Monica Lewinsky
a fait une partie de ses études au Beverly Hills High School, un
établissement réputé aussi bien pour son niveau que pour
son côté huppé. Puis, elle quitte cette école pour la petite
Pacific Hills School, alors appelée Bel-Air Prep. Après avoir terminé
ses études secondaires, en 1991, elle a brièvement suivi des cours
au Santa Monica College avant d'entrer, en 1993, au Lewis Clark
College de Portland, dans l'Oregon.

En mai 1995,
son diplôme de psychologie en poche, Monica Lewinsky débarque à
Washington, où vit sa mère. C'est un ami de celle-ci, Walter Kaye,
assureur à la retraite et donateur du Parti démocrate, qui lui trouve
un stage à la Maison-Blanche. Comme des milliers de jeunes gens
avant elle, elle est affectée à des tâches de bureau, en
l'occurrence le standard téléphonique de Leon Panetta, alors secrétaire
général à la Maison-Blanche.

De ce stage
non rémunéré, elle passe bientôt à des activités dûment payées au
Bureau des affaires législatives, où elle est chargée de remettre
le courrier de congressistes à des responsables de la Maison-Blanche,
parfois même jusqu'au bureau ovale. Tout s'accélère en avril 1996,
lorsque Monica Lewinsky est soudain transférée au Pentagone, après
avoir obtenu de conseillers de la Maison-Blanche la promesse d'un
possible retour, une fois le président Bill Clinton réélu.

Au Pentagone,
où elle restera jusqu'en décembre 1997, la jeune femme occupe le
poste d'assistante de Kenneth Bacon, porte-parole du département
de la Défense, pour un salaire annuel de 30 658 $ américains,
qui sera ensuite porté à 32 736 $. Son rôle se
limite à la réception de messages téléphoniques et à la transcription
d'interviews. C'est là qu'elle fait la connaissance de Linda Tripp.
 
Le
rôle de Linda Tripp
C'est donc au
Pentagone que Monica Lewinsky rencontre Linda Tripp, qui y a été
mutée en août 1994, elle aussi de la Maison-Blanche. Linda Tripp
a passé quatre ans à la Maison-Blanche, d'abord pour l'administration
Bush, puis sous Bill Clinton. Elle y a été l'assistante de l'avocat
Bernard Nussbaum, affectée à des tâches subalternes, et son nom
commence à émerger lorsqu'elle témoigne devant le Congrès, et auprès
du procureur indépendant Kenneth Starr, en relation avec le suicide
en juillet 1993 d'un autre avocat de la Maison-Blanche, Vincent
Foster. Elle est la dernière à l'avoir vu vivant et laisse entendre
que certains documents ont été déplacés de son bureau après sa mort.
En août 1994, elle est mutée au Pentagone, après plusieurs mois
sans réelle affectation à la Maison-Blanche.

C'est encore
Linda Tripp qui révèle à l'hebdomadaire Newsweek qu'une certaine
Kathleen Willey lui a confié avoir été embrassée et caressée par
le président en 1993, alors qu'elle venait lui demander un emploi.
L'avocat de Bill Clinton, Robert Bennett, affirme que Mme Tripp
n'est pas crédible, une réflexion qui aurait conduit celle-ci à
commencer ses enregistrements. Les avocats de Paula Jones, jeune
femme de l'Arkansas qui accuse Bill Clinton de harcèlement sexuel
lorsqu'il était gouverneur, réagissent. Ils cherchent à prouver
que Clinton est un habitué des gestes déplacés et aventures extraconjugales,
et demandent à Kathleen Willey de témoigner sous serment, dans le
cadre des préparatifs du procès prévu pour mai. Ils font la même
demande à Linda Tripp et à Monica Lewinsky. Kathleen Willey aurait
confirmé sous serment avoir été embrassée et caressée par le président.
Devenue, entre-temps,
la confidente de Monica Lewinsky, Linda Tripp avait pris la précaution
d'enregistrer ses conversations téléphoniques avec la jeune fille.
Elle décide d'entrer en contact avec le procureur indépendant Kenneth
Starr, qu'elle connaissait depuis qu'il lui avait demandé de témoigner
après la mort de Vincent Foster, qui enquête depuis plusieurs années
sur le scandale immobilier de Whitewater dans lequel seraient impliqués
Bill et Hillary Clinton. Dix-sept bandes magnétiques sont remises
à Kenneth Starr. Au cours de ces conversations téléphoniques, Monica
Lewinsky déclare avoir eu une liaison avec Bill Clinton, après l'avoir
rencontré au hasard d'une visite au bureau ovale.
Selon les confidences
recueillies par Mme Tripp, Bill Clinton et un ami, Vernon Jordan,
ont tous deux fait pression sur Monica Lewinsky pour qu'elle signe,
en 1997, une déclaration écrite sous serment niant toute liaison
avec le président. Ce stratagème visait à la faire mentir
lorsqu'elle serait interrogée par les défenseurs de Paula Jones.
Dans les enregistrements remis à Kenneth Starr, Monica Lewinsky
explique comment Vernon Jordan lui a trouvé un emploi au sein de
la société cosmétique Revlon. La firme a confirmé que l'avocat,
également membre du Conseil d'administration, était intervenu en
faveur de la jeune femme.

Chronologie
du scandale
Le 7 janvier
1998 : Monica Lewinsky témoigne sous serment à la demande des
avocats de Paula Jones, qui poursuit le président des États-Unis
pour harcèlement sexuel.

Les avocats
de Paula Jones veulent établir que le président Bill Clinton est
coutumier du fait, et ont, dans ce but, exigé plusieurs témoignages,
dont celui de Monica Lewinsky. Cette ancienne stagiaire à la Maison-Blanche
affirme dans sa déposition écrite qu'elle n'a « jamais eu de
relation sexuelle avec le président », qui s'est « toujours
conduit avec elle de manière convenable ».

Le 12 janvier :
Linda Tripp, ancienne employée de la Maison-Blanche, également convoquée
par les avocats de Paula Jones, rencontre ses avocats pour préparer
sa déposition. Selon le Washington Post, elle leur a fait
parvenir des enregistrements de conversations avec son « amie »
Monica où celle-ci raconte sa liaison présumée avec Bill Clinton,
qui lui aurait conseillé de mentir sous serment. Mme Tripp
se fâche contre ses avocats, qui voulaient, selon le Post,
transmettre les cassettes à l'avocat du président. Elle téléphone
au procureur indépendant Kenneth Starr, républicain enquêtant sur
les Clinton, et raconte son histoire.

Le 13 janvier :
Linda Tripp rencontre Monica Lewinsky pour boire un verre dans un
hôtel proche du Pentagone, où elle travaille. Elle est équipée,
à la demande de Kenneth Starr, d'un micro dissimulé et enregistre
la conversation.
Le 14 janvier :
Monica Lewinsky aurait remis à Linda Tripp un document écrit lui
expliquant quoi dire dans sa déposition avec les avocats de Paula
Jones. L'idée est de protéger le président.
Le 16 janvier :
Kenneth Starr demande au département de la Justice d'étendre le
champ de son enquête aux nouvelles allégations contre Bill Clinton.
Il reçoit le feu vert. Il organise une nouvelle rencontre entre
les deux femmes dans le même hôtel. Des agents du FBI et des enquêteurs
interviennent, confrontent Monica aux enregistrements et lui proposent
l'immunité si elle coopère. Mais la jeune femme réclame sa mère,
qui refuse tout accord avant d'avoir consulté leur avocat.

Le 17 janvier :
Bill Clinton est à son tour interrogé sous serment par les avocats
de Paula Jones. À une question sur Monica Lewinsky, il aurait nié
toute liaison, d'où la possibilité de parjure.
Le 19 janvier :
Le nom de Monica Lewinsky apparaît sur Drudge Report, un site web qui cite
des rumeurs selon lesquelles l'hebdomadaire Newsweek envisage
de faire des révélations sur la jeune femme.

Le 21 janvier :
La chaîne de télévision ABC News, le
Washington Post, le Los Angeles Times et
Associated Press annoncent que Monica Lewinsky et Bill Clinton auraient
eu une liaison. Bill Clinton déclare sur la chaîne de télévision
PBS : « Je n'ai demandé à personne d'aller dire quelque
chose qui ne soit pas vrai. »

Le 22 janvier :
Un ami personnel du président, Vernon Jordan, affirme que Monica
Lewinsky lui a dit qu'elle n'avait pas eu de relation sexuelle avec
Bill Clinton. Il dément lui avoir conseillé de mentir à la justice,
mais reconnaît l'avoir aidée à trouver du travail. Le Washington
Post affirme que Bill Clinton aurait reconnu, pour la première
fois, lors de sa déposition du 17 janvier, avoir eu, alors
qu'il était gouverneur de l'Arkansas, une liaison avec Gennifer
Flowers, une ancienne chanteuse de cabaret. Il aurait également
reconnu avoir fait des cadeaux à Monica Lewinsky. Bill Clinton réaffirme
cependant n'avoir « jamais demandé à qui que ce soit de mentir »
à la justice.

Le 23 janvier :
Plusieurs ministres du gouvernement prennent la défense de Bill
Clinton. « Ces accusations sont complètement fausses »,
affirme le secrétaire d'État Madeleine Albright. Le pourcentage
des opinions favorables des Américains pour Bill Clinton chute de
60 à 50 % en une semaine, selon un sondage CNN-Time.
Les 24-25 janvier :
Les révélations non confirmées se poursuivent sur des cadeaux, des
conversations érotiques entre Bill Clinton et Monica Lewinsky, qui
auraient été surpris ensemble. Certains proches de Clinton prennent
sa défense lors des émissions politiques télévisées du dimanche.

Le 26 janvier :
Les avocats de Bill Clinton demandent au juge chargé de l'affaire
Paula Jones d'avancer la date du procès intenté contre le président
des États-Unis pour harcèlement sexuel. Dans sa requête au
tribunal de Little Rock, l'avocat Robert Bennett soutient que le
droit de Bill Clinton à être jugé loyalement le 27 mai est
mis en péril par le scandale qui secoue la Maison-Blanche.
Le 27 janvier :
Dans une entrevue au réseau NBC, la première dame des États-Unis,
Hillary Clinton, déclare que le scandale sexuel qui éclabousse son
mari n'est qu'un épisode de plus dans la campagne politique menée
par les opposants de Bill Clinton. Mme Clinton rappelle qu'elle
et son mari ont été accusés de bien des choses par le passé, même
de meurtre. Elle affirme que la vérité finira par sortir et qu'elle
est patiente. Hillary Clinton dit ne pas connaître Monica Lewinsky
et croit son mari lorsqu'il dit qu'il n'a jamais eu de relations
sexuelles avec elle.

Le 29 janvier :
Un juge de l'Arkansas décide que le cas Monica Lewinsky ne pourrait
pas être cité dans le procès pour harcèlement sexuel intenté par
Paula Jones contre Bill Clinton.
Le 30 janvier :
Dans un communiqué, Linda Tripp affirme qu'elle était présente lors
d'un entretien téléphonique nocturne entre l'ex-stagiaire de la
Maison-Blanche et le président Clinton.
La cote de popularité
de Bill Clinton atteint des sommets historiques. Un taux record
de 68 % d'Américains approuvent la façon dont le président
remplit ses fonctions, selon un sondage de la chaîne de télévision
ABC. Deux autres sondages menés par les réseaux CBS et Fox révèlent
que trois Américains sur quatre approuvent la façon dont leur président
s'acquitte de ses responsabilités.

Le 7 février :
Le président américain contre-attaque en accusant le procureur indépendant
Kenneth Starr d'être à l'origine des nombreuses fuites dans l'enquête
sur ce scandale sexuel et sur les allégations de subornation de
témoins. Dans une lettre au ton virulent adressée à Kenneth Starr,
l'avocat personnel du président Clinton, David Kendall, accuse le
procureur de divulguer des informations et de colporter des mensonges,
dans le but de manipuler l'opinion publique et des témoins potentiels
dans le dossier Monica Lewinsky.
Le 27 février : L'affaire
Monica Lewinsky devient une guerre ouverte entre la Maison-Blanche
et le procureur indépendant Kenneth Starr. À l'issue de son interrogatoire,
un des principaux faiseurs d'image de Bill Clinton, Sydney Blumenthal,
lance, furieux : « S'ils croient qu'ils m'ont intimidé,
ils se trompent. »
Un à un, les
conseillers du président sont forcés de témoigner. Pour les empêcher
de révéler ce qu'ils savent sur Lewinsky, Bill Clinton songe à invoquer
le privilège de l'exécutif. Prérogative présidentielle, ce privilège
dispense l'occupant de la Maison-Blanche et ses collaborateurs de
témoigner ou de livrer des documents à la justice. Richard Nixon
avait invoqué sans succès ce privilège pour tenter de garder secrets
des enregistrements durant le scandale du Watergate.
Le 3 mars :
Vernon Jordan, avocat et ami du président, témoigne durant plus
de sept heures devant un grand jury fédéral. À sa sortie, il déclare
avoir répondu aux questions de façon loyale et complète. Il réaffirme
son amitié, sa confiance et son admiration pour Bill Clinton. Selon
Me Jordan, Monica Lewinsky aurait affirmé n'avoir jamais eu
de relations sexuelles avec le président. Vernon Jordan a toujours
nié avoir conseillé à la jeune stagiaire de mentir à la justice.

Le 5 mars :
Le Washington Post publie le témoignage livré par le président
le 17 janvier dans dans l'affaire Paula Jones, un témoignage
qui aurait dû demeurer secret. Bill Clinton laisse éclater sa colère.
Il crie à l'illégalité et jette la faute sur ses ennemis politiques.

Le 2 avril :
Bill Clinton remporte une importante victoire dans l'affaire Paula
Jones. La juge Susan Wright rejette la plainte de harcèlement sexuel
portée par Paula Jones contre lui.
Le 28 mai :
Kenneth Starr saisit la Cour suprême des États-Unis pour qu'elle
tranche rapidement et définitivement son différend avec le président
Bill Clinton sur la question du privilège exécutif. « Il est
tout à fait dans l'intérêt de la nation que ce cas soit résolu rapidement
afin que l'enquête du grand jury puisse aboutir au plus vite »,
dit-il.

Le 2 juin :
Monica Lewinsky limoge son avocat, William Ginsburg. Elle choisit
deux nouveaux avocats, Jake Stein et Plato Cacheris, pour la représenter.

Le 30 juin :
Témoin clé dans l'affaire Lewinsky, Linda Tripp comparaît devant
le grand jury. Elle ne fait aucune déclaration à sa sortie, mais
son avocat indique qu'elle lui a dit avoir trouvé très facile de
répondre avec honnêteté aux questions du procureur et des jurés.
Les sondages démontrent que 9 Américains sur 10 avouent détester
Mme Tripp et beaucoup la soupçonnent d'avoir manipulé Monica
Lewinsky afin d'écrire un livre à succès sur cette juteuse histoire.
Le 17 juillet :
Les gardes du corps du président commencent à témoigner devant
le grand jury. Ces comparutions font suite à une extraordinaire
saga judiciaire touchant la confidentialité des agents secrets,
à laquelle le juge en chef de la Cour suprême met fin. La Maison-Blanche
invoquait le respect du secret qui lie les gardes du corps. Le plus
haut tribunal a estimé que le gouvernement n'a pas réussi à prouver
que le témoignage des gardes du corps pourrait causer un dommage
irréparable à la relation de confiance entre le président et les
services secrets.

Le 28 juillet :
Monica Lewinsky négocie son immunité judiciaire avec le procureur
Kenneth Starr, en échange de son témoignage sur la nature exacte
de ses relations avec le chef de la Maison-Blanche.

Le 6 août :
Monica Lewinsky témoigne devant le grand jury. Protégée
par l'immunité accordée par Kenneth Starr, elle aurait reconnu avoir
eu des relations sexuelles avec Bill Clinton, selon des sources
judiciaires, et remis aux enquêteurs une robe souillée qui mettrait
le président en cause. Selon le réseau CNN et le Los Angeles
Times, Monica Lewinsky aurait révélé avoir eu une douzaine de
contacts sexuels avec le président tout en lui promettant de garder
leur liaison secrète. Elle aurait d'autre part souligné qu'on ne
lui avait jamais demandé de mentir à ce sujet.

Le 17 août :
Bill Clinton témoigne devant le grand jury via circuit vidéo fermé.

Trois heures
après son témoignage, il s'adresse à la nation et reconnaît avoir
eu une « relation inconvenante » avec Monica Lewinsky.
« Cela constitue une très grave erreur de jugement et un manquement
personnel de ma part, dont je suis le seul et l'entier responsable...
J'ai trompé les gens, y compris ma femme, et je le regrette profondément »,
dit le président. Il justifie le mensonge par la nécessité de « se
protéger de la honte » résultant de sa conduite et de protéger
sa famille.
Le 20 août :
Monica Lewinsky témoigne une deuxième fois sous serment et à huis
clos devant le grand jury. Selon des membres de son entourage, l'ancienne
stagiaire de la Maison-Blanche aurait contredit le témoignage de
Bill Clinton en affirmant que leurs relations sont allées plus loin
que des fellations. Monica Lewinsky aurait été déçue et froissée
par le fait que Bill Clinton ait minimisé leur relation lors de
son allocution télévisée. Entre-temps, Bill Clinton fournit des
échantillons d'ADN au bureau du procureur Starr pour des tests génétiques
ayant pour but de déterminer si la tache de sperme sur une robe
de Monica Lewinsky provient du président.

Le 10 septembre :
Kenneth Starr envoie son rapport au Congrès.

Le 11 septembre :
Le rapport est rendu
public sur Internet. Il mentionne 11 motifs susceptibles de
mener à la destitution du président. Kenneth Starr accuse notamment
le président d'avoir menti sous serment lors de sa déposition dans
l'affaire Paula Jones, ainsi que devant le grand jury. Il lui reproche
aussi d'avoir fait entrave à la justice en cachant sa liaison avec
Monica Lewinsky. Enfin, le rapport Starr affirme que les actes commis
par Bill Clinton sont incompatibles avec le devoir constitutionnel
du président.

Le 15 décembre :
Bob Livingston, leader républicain à la Chambre des représentants,
avoue avoir eu des liaisons extraconjugales, démissionne et appelle
le président Clinton à faire de même.
Le
procès
Le 19 décembre :
La Chambre des représentants, à majorité républicaine, se prononce
à 228 contre 205 en faveur de la destitution du président américain,
pour parjure dans l'affaire Monica Lewinsky. Ce résultat ouvre la
voie à un procès en destitution devant le Sénat, l'autre composante
du Congrès américain. Les représentants adoptent aussi un deuxième
chef d'accusation d'obstruction à la justice déposé contre Bill
Clinton. Par contre, ils rejettent ceux de parjure dans l'affaire
Paula Jones et d'abus de pouvoir.

Le 19 janvier
1999 : Le Sénat vote pour la convocation de trois témoins :
Monica Lewinsky, l'avocat et ami du président Vernon Jordan et le
conseiller Sydney Blumenthal. Les 55 sénateurs républicains
et un démocrate, Russ Feingold du Wisconsin, votent en faveur, les
44 autres sénateurs démocrates votent contre. Les témoignages
vidéo de Monica Lewinsky, Vernon Jordan et Sidney Blumenthal ne
contiennent aucune nouvelle révélation.

Plusieurs sénateurs
républicains admettent désormais qu'ils n'auront pas assez de voix
pour destituer le président Clinton et que la motion de censure
serait la façon la plus honorable d'en finir avec le procès.
Les sénateurs républicains craignent de plus en plus qu'un vote
contre la destitution soit interprété comme une victoire par la
Maison-Blanche. Contrairement au vote de destitution, qui exige
une majorité des deux-tiers, une motion de censure peut être adoptée
avec seulement la majorité absolue.
Après un mois
de procès public et hautement médiatisé, le Sénat américain décide
de mener à huis clos ses délibérations.
Le 5 février :
Le procès en destitution du président américain prend fin. Bill
Clinton est acquitté du premier chef d'accusation de parjure, porté
contre lui par la Chambre des représentants, avec une majorité absolue
de 54 voix contre 45, et une abstention. Le deuxième scrutin
portant sur l'accusation d'entrave à la justice se solde par un
verdict nul de 50 contre 50. Il aurait fallu 67 voix pour l'un
ou l'autre des articles de destitution pour démettre le président
de ses fonctions.
Après son acquittement,
Bill Clinton réitère ses excuses au peuple et au Congrès américains
pour son rôle dans l'affaire Lewinsky. Il dit espérer que son acquittement
ouvrira une période de réconciliation et de renouveau pour l'Amérique.

Après le verdict
d'acquittement, un sondage réalisé pour la chaîne de télévision
CBS révèle que 64 % des Américains interrogés sont satisfaits
du maintien du président Clinton à la Maison-Blanche. Toutefois,
seulement 58 % des répondants pensent qu'on peut encore faire
confiance à Bill Clinton dans le cadre de ses fonctions présidentielles.
Le sondage révèle en outre que 61 % des Américains croient
que tout n'est pas fini... Le New York Times rapporte,
en effet, que le procureur indépendant Kenneth Starr songe à entamer
une poursuite au civil avant la fin du mandat de Bill Clinton, en
janvier 2001.
L'affaire
Monica Lewinsky en chiffres
- Coût de l'enquête
menée par Kenneth Starr : 4,4 millions de dollars.
- Coût de l'ensemble
des investigations menées par Kenneth Starr sur Bill Clinton (Whitewater,
Paula Jones, Monica Lewinsky) : 40 millions.
- Frais d'avocat
de Monica Lewinsky : plus de 2 millions.
- Cadeaux échangés
entre Monica Lewinsky et Bill Clinton, selon l'ex-stagiaire de
la Maison-Blanche : 48.
- Témoins appelés
à la barre du grand jury fédéral présidé par le procureur Kenneth
Starr : 67.
- Nombre de
pages des témoignages recueillis par le grand jury : plus
de 50 000.
- Nombre de
pages du rapport Starr adressé à la Chambre des représentants :
445, à quoi il faut ajouter 36 boîtes contenant deux exemplaires
de son rapport et de nombreuses pièces à conviction destinées
au Congrès.
- Nombre de
procureurs du procès au Sénat : 13.
- Démocrates
de la Chambre qui ont voté en faveur de l'article de destitution
pour parjure : 5 (sur 206); en faveur de l'article de destitution
pour obstruction à la justice : 5.
- Républicains
de la Chambre qui ont voté contre l'article de destitution pour
parjure : 5 (sur 228); contre l'article pour obstruction
à la justice : 12.
- Voix requises
au Sénat pour destituer le président : 67.
Hyperliens
Libération :
La crise présidentielle aux États-Unis
Dossier : chronologie, acteurs, articles du journal sur l'affaire
Lewinsky, extraits du rapport Starr traduits en français
Time :
Scandale dans le bureau ovale
Excellente couverture de l'affaire Lewinsky, pour mieux comprendre
le rôle de chacun dans l'affaire (en anglais)
Le
rapport Starr sur l'affaire Lewinsky
Site de la Chambre des représentants du Sénat des États-Unis
(en anglais)
Les
scandales des Clinton de A à Z
Page sur plusieurs scandales auxquels les Clinton ont été mêlés
(en anglais)
Comité
pour la destitution de Clinton
Site ouvertement anti-Clinton (en anglais)
La
Maison-Blanche (en anglais)
Dernière mise
à jour : le 30 avril 1999
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