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JOURNALISTE : STÉPHANE BORDELEAU
Juin 2002
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DES PUISSANCES NUCLÉAIRES LE
DOIGT SUR LA GACHETTE

Le 16 mai 1974, l'Inde surprend le monde entier en procédant à une série de six essais nucléaires souterrains sur le site de Thar. Cette démonstration de force cause une profonde commotion chez les nations voisines et concurrentes, en particulier au Pakistan, où les perspectives d'un bombardement nucléaire sont carrément effrayantes vu la haine farouche que se vouent les deux États.

Le Pakistan se lance alors dans une course technologique dont l'enjeu est le développement de bombes nucléaires et de missiles balistiques à courte et moyenne portée pour contrer l'avantage des Indiens et rétablir, en quelque sorte, un équilibre de la terreur entre les deux nations antagonistes. On soupçonne la Chine, allié traditionnel du Pakistan, de lui avoir fourni les plans de mécanismes d'implosion nécessaires à la fabrication de bombes et d'ogives nucléaires.

Dès le milieu des années 1980, le pays est soupçonné de posséder des armes nucléaires opérationnelles montées sur des missiles d'une portée pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres. Aujourd'hui, les missiles nucléaires pakistanais de type « Ghauri » ont une portée de plus de 1500 kilomètres.

En 1988, l'Inde et le Pakistan signent un traité de non-agression de leurs sites nucléaires respectifs. Ce qui n'a rien de vraiment rassurant en soi pour les populations du sous-continent. En 1996, l'Inde refuse de ratifier le traité international d'interdiction des essais nucléaires. Elle confirme ce refus, le 11 mai 1998, en procédant à une série de cinq essais nucléaires souterrains. Les relations déjà tendues avec le Pakistan s'enflamment littéralement. Deux semaines plus tard, Islamabad réplique en procédant à son tour à une série d'essais nucléaires souterrains dans le désert du Baloutchistan.

UNE ZONE À HAUT RISQUE

On compte dans cette partie de l'Asie plusieurs puissances nucléaires dont la Russie, la Chine, l'Inde et le Pakistan. L'Iran est également soupçonné d'être en mesure d'armer ses missiles balistiques « Shahab-3 » d'ogives nucléaires. Cette concentration d'armes nucléaires et de rivalités font de l'Asie centrale et de l'Asie du Sud-Ouest une véritable poudrière où religions, politiques et conflits territoriaux s'entremêlent en un mélange à haut potentiel explosif, risquant à tout moment de plonger le monde dans un conflit nucléaire généralisé.


 


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