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Un système opérationnel à l'automne 2004
Le programme de défense antimissile américain comprend plusieurs phases, qui s’étendent au-delà des années 2010. La première phase de ce vaste projet devrait être opérationnelle en octobre 2004. Elle prévoit un système de défense limité à l’Amérique du Nord, qui s'appuie avant tout sur des intercepteurs basés au sol et en mer.
Les missiles intercepteurs ont la capacité de détruire un missile ennemi durant sa phase d’ascension, de mi-parcours ou de descente. Si tout fonctionne bien, ils percutent la tête des missiles ennemis à une vitesse de 24 000 kilomètres à l’heure quand ces derniers sont interceptés durant la phase de mi-parcours. Seule la force de l’impact détruit le missile ennemi, causant des débris, des gaz et de la poussière qui doivent se consumer en entrant dans l’atmosphère, comme les météorites.
La trajectoire d'un missile

Ascension : la phase durant laquelle le missile ennemi s'élance dans l'atmosphère et tente d'atteindre la vitesse nécessaire pour atteindre sa cible. Il s’agit du moment idéal pour l’intercepter, mais aussi du plus difficile. Selon la portée du missile, cette phase dure généralement de une à cinq minutes, ce qui laisse très peu de temps pour réagir. Ce délai très court suppose également que le missile intercepteur soit basé très près de sa cible, voire en territoire ennemi. Des scientifiques américains, dont ceux de l'American Physical Society, ont durement critiqué ce volet du programme et remis en doute sa faisabilité.
Mi-parcours : après son ascension, le missile suit une trajectoire plus facile à prévoir, qui peut durer jusqu’à 20 minutes pour les missiles de longue portée. C’est durant cette phase que les chances d’intercepter un missile sont plus grandes, comme l’ont démontré les essais réalisés au-dessus du Pacifique. À l’inverse, l’attaquant a davantage de temps pour déjouer le système de défense et envoyer des leurres. Il est à noter que l’interception se déroule dans l’espace, et non dans l’atmosphère terrestre.
Descente : la phase terminale de la trajectoire d'un missile dure normalement moins d'une minute, selon le rayon d'action du missile en question. C’est pendant cette phase que les systèmes de défense antimissile traditionnels entrent en action, comme dans l'ancien programme Safeguard des États-Unis, le système russe antimissile balistique (ABM) déployé autour de Moscou et le système Patriot utilisé aujourd'hui. Des missiles Patriot ont été mis à contribution, lors de la première guerre du Golfe, contre les missiles irakiens Scud, pour protéger Israël et l'Arabie saoudite. |
La première phase du programme américain de défense antimissile prévoit le déploiement, en 2004, de 10 missiles intercepteurs de missiles intercontinentaux (portée supérieure à 5500 kilomètres), dont 6 à Fort Greely, en Alaska, et 4 sur la base aérienne Vanderberg, en Californie.
En 2005, 14 autres missiles antimissiles seront installés en Alaska, ainsi que 20 intercepteurs de missiles de courte portée (moins de 800 kilomètres) et de moyenne portée (de 800 à 2400 kilomètres), sur des bateaux équipés du système d'armement Ægis. Des missiles Patriot de troisième génération, basés au sol, seront aussi intégrés au système.
Des systèmes de détection au sol, en mer et par satellites seront également utilisés. Les radars sont situés aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Groenland. De nouveaux radars à haute définition doivent être construits d'ici la fin 2005. L’utilisation d’un avion équipé d’un laser (Airborne laser) est aussi prévue.
Le volet spatial du bouclier antimissile se limite pour l'instant à des satellites de détection. Les États-Unis poursuivent leurs travaux de recherche sur la technologie des armes installées dans l’espace, mais n’ont pas encore pris de décision en ce qui a trait à leur mise en service.
Le budget annuel consacré à l'Agence de défense
antimissile est d'environ 7 à 8 milliards de dollars
américains. Il a été de 9 milliards en
2004 et devrait être de 10 milliards en 2005. Au total,
le bouclier antimissile a déjà coûté
90 milliards de dollars américains.
Le bouclier antimissile sera bientôt prêt
Découverte
journaliste Gilles Provost et de la
réalisatrice Marièle Choquette
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