| Les réactions de la communauté internationale
La relance du projet de défense antimissile par l’administration Bush a suscité des réactions mitigées au sein de la communauté internationale. Washington souhaite une coopération internationale dans ce projet. Plusieurs pays ont déjà manifesté leur intérêt à participer au bouclier antimissile, tandis que d’autres souhaitent seulement collaborer au programme de recherche et développement et bénéficier des débouchés industriels.
OTAN : L’Alliance atlantique s’intéresse depuis longtemps à cette question. En novembre 2003, elle entreprend une nouvelle étude pour évaluer la menace posée aujourd’hui par les missiles et examiner les options qui s’offrent à elle. Certains membres de l’OTAN s’occupent en parallèle de leur propre défense nationale contre les missiles, comme le programme américano-germano-italien MEADS (programme de défense antimissile de moyenne portée) et le programme français de défense antimissile ASTER.
Royaume-Uni : Londres appuie les efforts des États-Unis. Les Britanniques ont signé un protocole d’entente avec les Américains, qui a conduit à la création d’un centre britannique de défense antimissile chargé d’assurer la liaison avec son homologue américain.
Danemark : En décembre 2002, les États-Unis ont demandé au Danemark de moderniser les installations radar américaines situées à Thulé, au Groenland, en vue du déploiement du bouclier antimissile. Cette modernisation n’implique pas la participation du Danemark au programme américain.
Japon : Le Japon mène des programmes militaires conjoints avec les États-Unis depuis des années, tout en gérant son propre système de défense antimissile. Les pourparlers entre les deux pays se poursuivent. En décembre 2003, le Japon a annoncé qu’il entreprendrait la construction d’un système national de défense antimissile qui serait déployé entre 2007 et 2011.
Australie : L’Australie a annoncé, le 4 décembre 2003, son intention de participer au programme de défense antimissile des États-Unis. La nature exacte de cette coopération reste encore à déterminer.
Israël : Le gouvernement israélien participe depuis des années à des programmes militaires conjoints avec les États-Unis. Durant la première guerre du Golfe, en 1991, des missiles antimissiles Patriot ont été déployés en Israël pour protéger le territoire des attaques irakiennes.
Inde : New Delhi s’est montré intéressé à coopérer avec les États-Unis au programme de défense antimissile. Cette collaboration pourrait avoir des répercussions sur l’équilibre de la région, en raison du conflit qui l’oppose depuis des années au Pakistan dans le Cachemire.
Russie : La Russie, qui s’est toujours opposée au bouclier antimissile, s’est d’abord montrée préoccupée par le projet américain. Elle a par la suite manifesté son intérêt à coopérer avec les États-Unis.
Chine : Autre ennemi historique au projet américain, la Chine s’inquiète et se dit opposée à l’armement de l’espace. En raison de ses intérêts stratégiques régionaux, Pékin se sent menacé par les Américains, qui ont vendu des missiles antimissiles de courte portée à Taïwan et qui coopèrent avec les Japonais.
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