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La
guerre de Bosnie-Herzégovine
La fédération,
qui s'appelle désormais la République fédérative yougoslave (RFY),
ne réunit plus que trois républiques : la Serbie, la
Bosnie-Herzégovine et le Monténégro. Les députés croates et musulmans
de Bosnie-Herzégovine, craignant de se retrouver seuls face à la
Serbie dans une fédération largement dominée par Belgrade, votent
la souveraineté de la république le 15 octobre 1991. Les Serbes
de Bosnie refusent la partition et réclament le droit de se rattacher
à la RFY, présidée par le Serbe Slobodan Milosevic.

La guerre éclate
à Sarajevo, capitale de la Bosnie, en avril 1992, après le référendum
favorable à l'indépendance et la reconnaissance par la communauté
internationale du nouvel État, présidé par le musulman Alija Izetbegovic.
Les affrontements entre Serbes, Croates et musulmans s'étendent
rapidement dans tout le pays. Les milices serbes, soutenues par
l'armée fédérale, entreprennent la conquête des territoires majoritairement
serbes. Avec pour objectif la « purification ethnique »,
ils tentent d'en chasser les Croates et les musulmans.

Radovan Karadzic,
président de la république des Serbes de Bosnie, installe sa capitale
à Pale, près de Sarajevo. Les Croates font de même, créant leur
propre Union croate de Bosnie-Herzégovine.

L'opinion publique
internationale apprend jour après jour les atrocités d'une guerre
sans pitié : les massacres et les viols commis par les Serbes
au nom de la purification ethnique, l'existence de camps où les
musulmans sont détenus dans des conditions inhumaines
Mais
aucun État occidental n'est décidé à intervenir directement. Les
Nations unies envoient sur le terrain des casques bleus (FORPRONU)
chargés de maintenir la paix et d'accomplir une mission humanitaire
auprès des populations civiles. Cette force s'avère toutefois inefficace.

En novembre
1993, les Serbes contrôlent déjà 74 % de la Bosnie alors qu'ils
ne représentent qu'un tiers de sa population. Cette même année,
l'ONU institue des zones de sécurité à Sarajevo, Bihac, Zepa, Gorazde,
Tuzla et Srebrenica pour protéger les populations musulmanes, avec
possibilité, cette fois, pour les casques bleus, de riposter.

Pendant ce temps,
les relations entre les Croates et les musulmans de Bosnie se détériorent.
Des combats opposent les anciens alliés, en particulier autour de
Mostar, dans le sud de la Bosnie. Malgré l'accord conclu le 18 mars
1994 par les présidents Tudjman et Izetbegovic pour la création
d'une future fédération croato-musulmane, les tensions entre les
deux alliés continuent jusqu'à la fin de la guerre et après la signature
de l'accord de Dayton.

En juin 1994,
Milosevic et Tudjman élaborent un plan prévoyant la division de
la Bosnie-Herzégovine en trois entités autonomes (serbe, croate
et musulmane). Ce projet « d'Union des républiques de
Bosnie-Herzégovine », qui octroie 53 % du territoire
aux Serbes au détriment des musulmans (32 %) et des Croates
(18 %), est rejeté par le parlement bosniaque en septembre.

Les combats
acharnés continuent pendant toute l'année 1994. Les zones de sécurité
contrôlées par l'ONU sont menacées par les Serbes sans que les casques
bleus et les forces aériennes de l'OTAN soient en mesure de faire
quoi que ce soit. Les soldats de l'ONU étant considérés comme des
alliés objectifs des Bosniaques et non comme une force d'interposition,
les Serbes s'en prennent à eux. Après un raid de l'OTAN contre
un dépôt de munitions près de Pale, Karadzic prend en otage plusieurs
centaines de casques bleus et les utilise comme des « boucliers
humains » sur des sites stratégiques. La France et l'Angleterre
répliquent par la création d'une force de réaction rapide disposant
d'une plus grande autonomie que la FORPRONU.
Le 11 juillet
1995, Srebrenica est prise par les Serbes et sa population expulsée.
Plusieurs milliers d'hommes sont massacrés sur place.
Le 4 août
1995, la Croatie engage la plus importante attaque depuis quatre
ans contre la République serbe de Krajina, ce qui lui permet de
reprendre le contrôle de tous ses territoires. Près de 200 000 Serbes
sont, à leur tour, victimes de la « purification ethnique ».
Ils prennent le chemin de l'exode vers Banja Luka, principale ville
serbe de Bosnie. Le 29 août, en réaction au massacre du marché
Markale, à Sarajevo, où 37 personnes sont tuées et 80 autres
blessées par un tir de mortier serbe, les forces de réaction rapide
mènent une opération de représailles sans précédent contre les positions
serbes. Le gouvernement de Pale est coincé et décide de négocier
par l'intermédiaire du président Milosevic.

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Dernière mise
à jour : le 15 juillet 1999
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