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Qu'est-ce
que le TPI ?
Le Tribunal pénal international pour
l'ex-Yougoslavie
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Le
Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI
ou TPIY) est une cour internationale créée en 1993,
sous l'égide de l'ONU. Il a été mis sur pied
pour juger les personnes accusées de violations graves
du droit international humanitaire commises sur le territoire
de l'ex-Yougoslavie depuis 1991 (Bosnie-Herzégovine, Croatie,
Kosovo). Il siège à La Haye, aux Pays-Bas. Selon
une résolution du Conseil de sécurité de
l'ONU, les procureurs devraient avoir terminés leurs enquêtes
d'ici la fin de 2004. Les cours de première instance devraient
rendre tous leurs jugements d'ici 2008 tandis que les cours d'appel
devraient rendre leurs verdicts d'ici 2010.
Le TPI constitue un premier
pas vers l'établissement d'une justice internationale.
La création de cette instance a inspiré la
création d'une cour équivalente, établie
en 1994 pour juger les crimes commis au Rwanda, soit le Tribunal
pénal international pour le Rwanda (TPIR). Celui-ci siège
à Arusha, en Tanzanie. Une troisième cour internationale,
le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, a été
créé en janvier 2002, en vertu d'un traité
entre l'ONU et les autorités de ce pays. Son siège
est à Freetown.
En
juillet 2002, une Cour pénale internationale permanente s'est
ajoutée à ces institutions pour juger les crimes de nature
équivalente commis dans d'autres pays. Plusieurs
pays ne reconnaissent pas de légitimité à
de tels tribunaux, puisque leur existence va à l'encontre
du principe de la souveraineté des États.
La
Cour pénale internationale
Le
1er juillet 2002, la CPI est devenue le premier organe de
juridiction permanent apte à juger les criminels
de guerre, qu'ils soient accusés d'agressions, de
crimes de guerre, de génocide ou de crimes contre
l'humanité.
Pour
en savoir plus
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Certains observateurs ont à maintes
reprises remis en question son impartialité, estimant notamment
que les accusés qui se retrouvent devant la cour sont perçus
comme des coupables avant même le début du procès.
Il faut toutefois noter que la cour a rendu des verdicts d'acquittement.
Le TPI a devant lui un programme chargé,
puisqu'il doit encore entendre une quarantaine de causes, ce qui
mine sérieusement sa capacité à mener son
mandat dans les délais prévus. Les procédures
sont souvent fastidieuses et la cour accuse déjà
d'importants retards.
Plusieurs accusés sont encore recherchés.
La procureure générale, Carla del Ponte, critique
d'ailleurs les autorités serbes pour leur absence de coopération
et déplore la coopération partielle de la Croatie.
Un autre obstacle rencontré par le
tribunal réside dans sa difficulté à faire
témoigner certains témoins-clés, comme c'est
le cas dans le procès de l'ancien président yougoslave
Slobodan Milosevic.
Enfin, ni le statut du TPI ni son code de
procédure pénal ne prévoit une quelconque
hiérarchisation des peines. La peine est donc laissée
à la discrétion des juges, qui doivent tenir compte
de la gravité du crime, de la position hiérarchique
et du degré de responsabilité de l'accusé,
des circonstances atténuantes ou aggravantes du crime de
même que des peines appliqués en ex-Yougoslavie.
Pour plusieurs juristes, la condamnation à vie de Milomir
Stakic, reconnu coupable de crimes contre l'humanité et
de crime de guerre, est venue discréditer
les verdicts, ne laissant aucune marge de manoeuvre dans l'énoncé
d'autres sentences d'accusés ayant eu une responsabilité
plus grande encore dans les guerres de Bosnie, de Croatie et du
Kosovo.
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catégories de crimes jugées :
infractions graves aux Conventions de Genève de 1949,
violations des lois ou coutumes de la guerre, génocide,
crimes contre l'humanité |
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compte trois chambres de première
instance et une chambre d'appel |
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emploie plus de 1300 personnes de
83 nationalités; 400 travaillent pour le bureau du procureur |
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budget annuel avoisinant les 335
millions de dollars CAN |
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un accusé a le
droit d'assurer lui-même sa défense |
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peine maximale d'un coupable :
emprisonnement à vie |
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procédures d'appel :
l'accusé a le droit d'aller devant la chambre d'appel,
qui peut ordonner la tenue d'un nouveau procès devant
la chambre de première instance |
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Les
grandes étapes du TPI |
mai 1993 : mise
sur pied par la résolution 827 du Conseil de sécurité
de l'ONU
été 1994 : premières inculpations
juillet 1995 : inculpation du chef politique Radovan
Karadzic et du chef militaire Ratko Mladic des Serbes bosniaques
mai 1999 : inculpation du président yougoslave
Slobodan Milosevic par la procureure Louise Arbour
28 juin 2001 : le gouvernement serbe remet Slobodan
Milosevic au TPI
12 février 2002 : ouverture du procès
de Milosevic devant le TPI
Slobodan
Milosevic est le premier ancien chef d'État jugé par le
Tribunal de La Haye.
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Où
sont emprisonnés les accusés reconnus
coupables ?
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La prison du Tribunal de la Haye est un centre
de détention provisoire. Une fois épuisées
toutes ses voies de recours, un accusé condamné
purge sa peine dans l'un des États ayant conclu un accord
avec le TPI, soit l'Italie, la Finlande, la Norvège, la
Suède, l'Allemagne, l'Autriche, la France, l'Espagne et
la Grande-Bretagne. C'est le président du TPI qui désigne
le pays d'accueil du prisonnier, après avoir reçu
l'accord du gouvernement.
Quelques
accusés notoires
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Slobodan
Milosevic
» Slobodan Milosevic :
devant le TPI
Notre dossier sur l'ancien président yougoslave
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Les
autorités serbes l'ont livré au Tribunal
de La Haye en juin 2001. L'ancien président
yougoslave est accusé de crimes contre l'humanité
et de crimes de guerre pour des actes commis au Kosovo
en 1999. Le TPI l'a inculpé pour la déportation de
740 000 Kosovars albanais et pour le meurtre de 340
personnes. L'acte d'accusation s'est par la suite
élargi aux autres guerres de l'ex-Yougoslavie.
En octobre 2001, une deuxième
accusation a été portée contre Slobodan Milosevic
pour sa responsabilité dans la guerre de Croatie (1991-1995).
Dix chefs d'accusation de crimes contre l'humanité
et 22 chefs de crimes de guerre pèsent contre lui.
Accusé
de génocide, de complicité de génocide, de crimes
contre l'humanité et de crimes de guerre, Slobodan
Milosevic fait face à 29 chefs d'accusation pour des
crimes commis durant la guerre de Bosnie. Le TPI met
notamment en cause sa responsabilité dans le massacre
de Srebrenica.
Son
procès est en cours.
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Radovan
Karadzic
Radko
Mladic
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Radovan
Karadzic, l'ancien
dirigeant politique des Serbes de Bosnie, et Ratko Mladic,
ancien chef militaire serbe, sont accusés de
crimes de guerre, de crimes contre l'humanité
et de génocide, actes perpétrés
lors du conflit en Bosnie-Herzégovine (1992-1995).
Le procureur les tient responsables du siège de Sarajevo,
de la prise d'otages de Casques bleus de l'ONU ainsi
que du massacre de Srebrenica, où près de 6000
musulmans furent tués. Le TPI est toujours à
leur recherche. |
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Retour aux nouvelles
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Mise à jour: 31 octobre 2003
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Quelques
personnes clés |
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Theodor
Meron (États-Unis)
président du TPI
Carla
del Ponte (Suisse)
procureure générale

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Ils
ont dit |
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Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU :
« Plusieurs
pensaient que les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale - les
camps, la cruauté, les exterminations, l'Holocauste -
ne se reproduiraient jamais plus. Pourtant, elles se sont
répétées. Au Cambodge, en Bosnie-Herzégovine, au Rwanda. Notre
époque - même la dernière décennie - a montré que la
capacité de l'être humain à faire le mal ne connaît pas de
limites. Désormais, génocide fait aussi
partie du vocabulaire de notre époque, une réalité atroce
qui appelle une réponse historique. »
Jenny
S. Martinez, juriste et ex-greffière au TPI (dans The
Washington Post) :
« L'extradition
de Slobodan Milosevic est certes la plus grande victoire remportée
à ce jour par le Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie.
Mais elle le met aussi sérieusement à l'épreuve,
et rien ne dit qu'il sera à la hauteur. »
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Quelques
définitions |
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Crimes de guerre « infractions
aux Conventions de Genève du 12 août 1949 ainsi que les autres
violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits
internationaux »
Quelques exemples : torture, homicide intentionnel, prise
d'otages, attaques contre des civils, destruction de biens,
attaques ou bombardements de villes ou de villages, déportation
d'une partie ou de l'ensemble de la population habitant un
territoire
Crimes contre l'humanité « acte
perpétré dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique
contre une population civile »
Génocide
« le génocide s'entend de l'un quelconque des
actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout
ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux,
comme tel :
- meurtre de membres du groupe
- atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres
du groupe
- soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence
devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle
- mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe
- transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe »
Sources
: Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU et Cour
pénale internationale
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Les
plus lourdes peines |
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Milomir Stakic
Chef des autorités municipales de Projedor pendant
la guerre de Bosnie, il a été reconnu coupable
de crimes contre l'humanité et de crime de guerre,
entre autres pour l'installation de trois camps de détention
pour civils. Il a écopé d'une condamnation
à vie.
Radislav Krstic
Le général serbe Krstic, reconnu coupable
de génocide dans le massacre de Srebrenica, a été
condamné à 46 ans d'emprisonnement.
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