Les Rangers Juniors 

Au début des années 90, à Puvirnituq, dans le Grand Nord québécois, la jeunesse était décimée par une vague de suicides que rien ne semblait vouloir endiguer. En désespoir de cause, les dirigeants de la communauté ont fait appel à l'armée canadienne pour mettre sur pied un programme de cadets adapté à la culture inuit. C'est ainsi que sont apparus au Québec les premiers Rangers Juniors. En aidant les jeunes à retrouver une structure et en leur permettant de renouer avec les traditions de leurs ancêtres, on espère les aider à retrouver leur identité et leur équilibre. Les rangers sont des réservistes formés pour mener des opérations de recherche et de sauvetage dans la région du Grand Nord. Chaque village compte jusqu'à 30 rangers, qui sont payés.

Plus de 40 % des Inuits du Québec ont moins de 15 ans.

 

Les cadets ou Rangers Juniors :
Un programme de l'armée destiné à donner aux jeunes structure et discipline, mais aussi un sens d'appartenance. Ils effectuent des activités sportives, mais se raccrochent aussi aux activités traditionnelles de la communauté : chasse, pêche, etc.

 

Parmi les activités liées au mode de vie traditionnel :

- fabrication d'outils
- orientation et lecture de cartes
- spiritualité autochtone
- discussion avec les aînés

On tient compte de l'assiduité du jeune à l'école, et ceci à pour effet de diminuer le décrochage, un problème majeur chez les autochtones.
L'idée est de faire de ces jeunes « recrues » des modèles au sein même de leur communauté. On ne cherche pas en faire des militaires, mais on se sert plutôt des valeurs de l'armée pour conserver les valeurs traditionnelles de la communauté.

Cette initiative a eu un tel succès qu'on retrouve maintenant les Rangers Juniors dans toutes les communautés nordiques de la province, et même ailleurs au pays.
Le coût du projet est partagé à parts égales entre l'armée et les communautés.

Des activités motivantes :

Un principe simple : donner aux jeunes un intérêt, une passion pour une activité, un sport, développer les talents artistiques afin de les raccrocher à l'existence et de leur permettre de retrouver l'estime d'eux-mêmes.
L'une de ces initiatives : à Manouane, Mélanie Petiquay, intervenante en prévention du suicide, a eu l'idée de faire appel au Cirque du soleil et à son programme « Cirque du monde ». Cette initiative a permis d'organiser toute une gamme d'activités motivantes pour les jeunes de la réserve.

Bradley Jacob : « Avec le cirque, on travaille en équipe l'esprit sportif et pis la patience ».

Ailleurs, la communauté prête ou donne des infrastructures sportives ou culturelles à ses jeunes.

L'utilisation de modèles positifs dans la communauté :

L'un de ces modèles positifs pour la jeunesse : Florent Vollant, un ancien musicien du groupe Kashtin et père de l'un des membres du groupe Maten.


Florent Vollant : « Maten, c'est un groupe de jeunes qui commencent et qui ont vécu beaucoup. Pis qui ont des difficultés dans la vie mais qui s'accrochent, quelque part, à des mélodies ».

 

Florent Vollant a fait ériger un studio d'enregistrement dans la cour arrière de sa maison de Maliotenam. Ce studio sert à toute une génération de jeunes autochtones.

Certains autochtones qui ont quitté leur réserve tout jeune et qui ont réussi choisissent d'y retourner à l'âge adulte. Ceux-ci contribuent à donner une image positive aux jeunes de la communauté.


Ken Rock est un Montagnais de Maliotenam qui est devenu avocat et qui est revenu au sein de sa communauté.


Les autochtones ont ainsi de plus en plus de modèles positifs qui peuvent avoir une influence bénéfique sur les jeunes, que ce soit des sportifs, des gens d'affaires ou des personnalités politiques.