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Les pistes de solution
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En 1999, une importante
enquête médicale effectuée
au Québec montrait que près
de 80 % des autochtones croient que
le retour aux valeurs traditionnelles serait
une façon efficace d'améliorer
la qualité de vie et la santé
dans les communautés.
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Le
tableau brossé ci-dessus n'est guère rose.
Cependant, dans les réserves comme en dehors,
les autochtones accomplissent de grands progrès
pour améliorer leur sort et celui de leurs enfants.
Parfois seuls, parfois épaulés par les
gouvernements, des individus et des communautés
entières se prennent en main. Dans beaucoup d'endroits,
on a levé la loi du silence et on commence à
parler ouvertement de la violence et de la drogue, du
suicide, un premier pas vers la guérison. Par
exemple, les Atikameks de la réserve de Wemontacie
ont mis sur pied une série de programmes d'aide
qui a eu pour résultat de voir baisser la consommation
de drogue et d'alcool de moitié au cours des
dix dernières années, selon les responsables
du conseil de bande.
« Les jeunes ne sont
pas tous désespérés et suicidaires.
Plusieurs ont le goût de retourner dans leur nation
et d'y travailler. » -
Michèle Audette
Quelques données
:
(source : gouvernement du Canada)
La proportion d'enfants dans les réserves
qui restent à l'école jusqu'en
12e année est passée d'environ
39 % en 1988-1989 à 75 %
en 1997-1998. Le nombre d'Indiens inscrits
et d'Inuits fréquentant les établissements
post-secondaires a presque doublé
entre 1988-1989 et 1997-1998, passant
de 15 572 à 27 100.
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Que font les gouvernements et les organismes subventionnés ?
Quelques initiatives :
Au fédéral : en 1998, le gouvernement
du Canada dévoilait sa réponse à
la Commission royale sur les peuples autochtones en
proposant une approche politique globale et à
long terme visant à améliorer la qualité
de vie des peuples autochtones et à promouvoir
leur autosuffisance. Sous le nom de Rassembler
nos forces, cette initiative se veut une réponse
aux problèmes des nations qui tombent sous sa
juridiction.
Au
Québec, un organisme a été mis
sur pied : la Commission de la santé et
des services sociaux des premières nations du
Québec et du Labrador, qui a pour mission de
promouvoir le mieux-être physique, mental, émotionnel
et spirituel des peuples des premières nations
par la promotion de programmes de santé et de
services sociaux adaptés à la culture
amérindienne. Son rôle est celui d'un conseiller
technique et d'un défenseur des intérêts
des communautés des premières nations
et de l'Assemblée des premières nations
du Québec et du Labrador en matière de
santé et de services sociaux.
Par ailleurs, la signature de la Convention de la Baie-James
et du Nord Québécois par la nation des
Cris et celle des Inuits a entraîné la
formation du Conseil cri de la santé et des services
sociaux de la Baie-James et de la Régie régionale
de la santé du Nunavik. (source : La piste
amérindienne).
Dans l'ensemble, on peut dire que les autochtones
se plaignent du manque d'initiatives des différents
paliers de gouvernement ou de leur incompréhension
de la culture autochtone. Les ministères responsables,
tant au fédéral qu'au provincial, se renvoient
la balle et le manque de concertation ralentit la mise
en place des projets et les rend lourds à gérer,
dit-on. On reproche aussi aux gouvernements de ne pas
inclure suffisamment les communautés dans les
initiatives.
Souvent,
ce sont les politiques fédérales qui sont
mises en cause. Mais pas toujours : en 1999, la
Commission de la santé et des services sociaux
des premières nations et du Labrador dressait
un tableau très sombre de la situation des autochtones
du Québec. Ce même rapport indiquait que
cette situation était le reflet du peu de ressources
et de programmes adaptés à la culture
et au mode de vie autochtones. La Commission montrait
alors clairement du doigt le gouvernement provincial
qui, par sa réforme du système de santé,
a « retourné à domicile
des patients gravement malades sans services adéquats ».
Dans le domaine de la violence familiale,
par exemple, Michèle Audette, présidente
de l'Association des femmes autochtones du Québec
et membre du Conseil du statut de la femme, dénonce
le manque de ressources accordées aux autochtones
au sein des réserves.
Dans un article publié dans La Gazette des
femmes (juillet-août 2001), Mme Audette déclare :
« En milieu autochtone, les maisons d'hébergement
pour femmes battues manquent d'argent. Les Québécoises
blanches sont mieux loties : le budget de leurs
refuges est de 220 000 dollars pour 9 à
16 places, alors que nos établissements disposent
de 144 000 dollars pour plus de 16 places ».
Au-delà des failles des gouvernements,
de plus en plus de voix s'élèvent dans
les réserves pour une prise en main par la communauté
elle-même. En février 2001, lors d'une
conférence nationale sur la santé de l'Assemblée
des premières nations, certains participants
ont déclaré que les membres de la communauté
se devaient de donner le bon exemple pour que les choses
changent. Pour beaucoup de bandes, l'heure des choix
est venue. Face aux problèmes criants de leurs
jeunes, et en particulier face à l'épidémie
de suicides, les bandes sont acculées au pied
du mur. C'est la survie de leur nation qui est en jeu.

Quelques projets qui donnent des résultats :
Depuis
plusieurs années, on voit donc fleurir des initiatives
visant à venir en aide à la jeunesse et
à enrayer le trafic de drogue dans les réserves.
Certaines de ces initiatives sont conjointes avec le
gouvernement, d'autres sont le fruit de la communauté
elle-même. Mais il est important de souligner
que, pour qu'un projet donne des résultats, la
communauté concernée doit être impliquée
à tous les niveaux. Aussi, les différences
culturelles entre les bandes autochtones sont telles
qu'une initiative fructueuse pour un groupe ne sera
pas forcément adaptée à un autre.
Sur cette question, Éric Gourdeau,
auteur et ancien secrétaire général
associé au Secrétariat des activités
gouvernementales en milieu amérindien et inuit
(SAGMAI) sous René Lévesque, se montre
pessimiste quant à l'efficacité de toute
initiative, tant et aussi longtemps que le vrai pouvoir
de décision ne sera pas remis aux responsables
de la communauté.

« Pour le moment, on donne
aux chefs de l'argent, mais on ne leur donne pas réellement
le pouvoir de décider des priorités. Chez
les Blancs, il existe des conseils de santé mentale
formés de travailleurs sociaux, d'intervenants,
etc. Il faudrait un équivalent chez les autochtones.
Actuellement, les intervenants sont seuls, ils n'ont
pas d'endroit où diriger les jeunes en crise,
ils ont peu de moyens et sont débordés. »
Le cas de l'échec des mesures prises
pour venir en aide aux enfants de Davis Inlet illustre
bien selon lui la difficulté de mettre en place
des programmes efficaces. Les travailleurs sociaux qui
ont uvré dans un centre de désintoxication
avec ces jeunes ont d'ailleurs dénoncé
cet échec et réclamé une enquête.
En ce sens, selon Éric Gourdeau, une entente
telle que La
paix des braves, conclue en octobre
2001 entre le gouvernement du Québec et les Cris
(et signée le 7 février 2002) est un pas
vers une véritable responsabilisation des communautés
et leur émancipation du paternalisme gouvernemental.
Selon lui, cette entente est importante parce que Québec
y reconnaît que les autochtones sont les mieux
placés pour gérer leurs affaires.

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Octobre
2001 : le gouvernement du Québec
a convenu d'une entente de principe avec
les Cris sur l'aménagement de projets
hydroélectriques à la Baie-James.
L'entente permet l'exploitation des ressources
naturelles du territoire de la Baie-James,
notamment par la construction de barrages.
Il est question de l'aménagement
du projet hydroélectrique Eastmain-Rupert,
un projet de 3,8 milliards de dollars. Ce
projet de 1200 mégawatts permettrait
de créer 8000 emplois, dont une partie
serait réservée aux communautés
cries, durement touchées par le chômage.
En retour, les Cris toucheront un minimum
de 3,5 milliards de dollars au cours des
50 prochaines années en guise de
dédommagement.
Les Cris suspendent aussi tous
leurs recours en justice contre le gouvernement,
qui totalisent 3 milliards 600 millions.
Québec
et les Cris s'entendent pour développer
la Baie-James
(23 octobre 2201,
site des Nouvelles de Radio-Canada)
Entente
avec Hydro : près d'un milliard
de plus
(18 janvier 2002,
site des Nouvelles de Radio-Canada)
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Quelques émissions
ou pages sur le sujet :
Le
reportage de l'émission Enjeux, signé
Alain Gravel, Peter Ingles et Marie-Claude Pednault
Éric
Gourdeau en entrevue avec Joël Lebigot
Jean
Dussault (La tribune du Québec) sur la
question des pensionnats
(invités : Père Jacques
Gagné, Oblat, membre du Groupe de négociations des églises
catholiques sur les pensionnats autochtones; Ruchard
Kistabish, ex-chef du Conseil algonquin et vice-président
de la Fondation de la guérison des autochtones; Rod
McDonald, ancien président de la Commission du droit
canadien et professeur de droit à l'Université McGill)
- 30 octobre 2001
Jean
Dussault (La tribune du Québec) s'entretient
avec Ghyslain Picard, chef régional de l'Assemblée des
premières nations pour le Québec et le Labrador.
Matthew Coon Come dans le cadre
de la Conférence mondiale contre le racisme
Canada's
oldest nations
Dossier de CBC
Coon
Come
Profil du leader autochtone, en anglais,
CBC
suite :
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