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Ce mal qui ronge les jeunes autochtones
du Québec
Dépendance à l'alcool et
aux drogues
Poème Haïku
Sniffant l'essence
les gosses de la réserve s'envolent soleil couchant
Les gosses s'envolent la bouteille d'essence est vide
soleil couchant
Du rêve en bouteille la réserve se meurt
bientôt la nuit
(Source : La piste amérindienne).

Les abus d'intoxicants sont fréquents,
voire épidémiques dans les collectivités
autochtones. Les médias rapportent souvent les
événements les plus dramatiques liés
à la consommation de stupéfiants, mais,
pour utiliser le bon vieux cliché, de l'extérieur,
nous ne faisons qu'apercevoir la minuscule partie émergée
d'un gigantesque iceberg. Bon nombre de jeunes autochtones
sont aux prises avec un problème aigu de dépendance,
et les substances utilisées sont variées :
alcool, cocaïne, héroïne, marijuana,
tranquillisants, vapeurs d'essence...
La consommation excessive d'alcool est
au moins aussi répandue que celle de stupéfiants
et elle transcende les générations, tandis
que la drogue est plus courante chez les jeunes. Une
enquête nationale menée il a une dizaine
d'années montre que 86 % des communautés
autochtones jugeaient que la consommation excessive
d'alcool était un problème grave dans
leur sein.
Moins grave, mais tout de même très
dommageable pour la santé, la dépendance
à la cigarette. En 1999, le chef de l'Assemblée
des premières nations, Phil Fontaine, brandissait
un sondage montrant que 60 % des autochtones fument
et que chez les 20-24 ans, 72 % s'adonnent
au tabagisme.
NB : Il est difficile
de mesurer l'ampleur du phénomène
de dépendance chez les autochtones
qui vivent en dehors des réserves,
car il existe peu de données pour
ces personnes, qui ne font qu'alimenter
les statistiques concernant la population
générale des toxicomanes.
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Un syndrome particulièrement inquiétant :
l'inhalation de vapeurs d'essence, de colle ou autres
solvants. L'abus de solvants est un problème
criant chez les peuples autochtones, et particulièrement
chez les jeunes de 12 à 19 ans. « L'inhalation
de vapeurs d'essence est à un stade épidémique
chez les jeunes », écrivait en décembre
2000 le chef innu Peter Penashue. Une étude canadienne
sur l'abus de solvants chez les enfants et les jeunes
autochtones (2850 participants), effectuée dans
25 communautés autochtones du Manitoba et 70
écoles algonquines du Québec, donne une
idée de l'ampleur du problème : 20 %
des jeunes autochtones manitobains et 15 % des
jeunes autochtones québécois ont indiqué
qu'ils avaient essayé d'inhaler des solvants.
Au Québec, 9 % avouaient être allés
bien au-delà de l'expérimentation et faire
un usage habituel de ces substances.
Selon une autre enquête, menée
en milieu urbain cette fois, près de la moitié
des usagers de solvants ont commencé à
inhaler alors qu'ils avaient entre quatre et onze ans.
Or, inhaler de l'essence peut avoir des conséquences
désastreuses sur l'organisme : parmi les
effets relevés, des troubles respiratoires, des
dérèglements du foie, des reins, du métabolisme
et des électrolytes, des anomalies sanguines,
des dommages au système nerveux central et périphérique.
L'atrophie du cerveau et du cervelet peut être
irréversible. Faut-il le préciser, cette
pratique peut être mortelle.
Germain Hervieux, Maten
(Montagnais) :
« J'prenais de la
PCP comme je prends aujourd'hui... de la coke à
13 ans ».
Samuel
Pinette, (Montagnais) :
« C'est le party
icitte... on est pogné icitte pis on n'a pas
d'activité... on a juste ça à
faire, boire et consommer de la drogue ».
Certains membres des communautés
autochtones en viennent aussi à critiquer des
chefs de bandes et autres responsables qui eux-mêmes
succombent à la dépendance tout en la
dénonçant chez les plus jeunes. Le chef
Matthew Coon Come s'est exprimé à ce sujet
en mars 2001. « Nous devons nous reprendre
en main », a-t-il déclaré.
Ses propos lui ont valu la réprobation de certains
chefs de l'Atlantique, qui les jugeaient sans fondement.
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Le cas de Davis Inlet :
Les Innus sont environ 1600 personnes qui
vivent au centre du Labrador et sur la Côte-Nord
du Québec, principalement dans deux
collectivités, Davis Inlet et Sheshatshiu.
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Des
dizaines d'enfants de Davis Inlet ont recommencé
à inhaler des vapeurs d'essence pendant le temps
des fêtes (décembre 2001). Les jeunes,
qui avaient été envoyés en cure
de désintoxication à Saint-Jean pendant
dix mois, sont retournés dans leur village avant
Noël et ils ont repris leurs habitudes. Un psychologue
accuse le gouvernement fédéral de ne pas
avoir accordé suffisamment d'aide aux enfants
et à leurs parents. Le chef, quant à lui,
réclame l'ouverture d'un centre de désintoxication.
Cette communauté de 600 personnes est ravagée
par un grave problème d'alcoolisme et de toxicomanie.
Pourtant, la communauté a tenté à
maintes reprises d'obtenir une aide réellement
efficace du fédéral. Par ailleurs, en
1998, le village avait tenté de
bannir l'alcool et l'inhalation de vapeurs d'essence
de son territoire.
-
Les engagements de Santé Canada pour aider les
jeunes de Davis Inlet.
-
Les neuf recommandations de la communauté de
Davis Inlet au premier ministre du Canada.
(en anglais)
-
Jean Dussault, animateur de l'émission La tribune
du Québec (Radio-Canada), s'entretient avec Danielle
Descent, psychologue dans la réserve de Maliotenam,
près de Sept-Îles.
suite :
Violence, problèmes
sociaux
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