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— Journalistes :
Jean-Philippe
Cipriani et Stéphane
Bordeleau
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NOUVELLES MENACES ET VIRAGE
DES FORCES CANADIENNES
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Un soldat
aide un collègue à revêtir une
combinaison contre les armes bactériologiques,
chimiques et nucléaires. Photo : SRC |
Au Canada, pendant plus de 40 ans, l'Union soviétique
était considérée comme la principale
menace à la sécurité nationale. Avec
des centaines de missiles nucléaires pointés
sur l'Amérique du Nord, ses sous-marins patrouillant
nos côtes et ses espions infiltrant les gouvernements
occidentaux, l'URSS était un ennemi clairement identifié,
pratiquant une guerre conventionnelle sur des champs de
bataille tout aussi conventionnels.
La
« menace conventionnelle », soit
la menace d'un débarquement massif de fantassins
et de chars appuyés par des unités des forces
aériennes et maritimes et auxquels notre équipement
devait précédemment se mesurer, est devenue
de plus en plus improbable.
— Général Rick Hillier, chef d'état-major
de la Défense canadienne |
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Un combattant taliban
lors de la prise de l'Afghanistan par l'Alliance du
Nord. Photo : SRC |
Cependant, après la chute de l'URSS, le monde a
vu émerger nombre de puissances régionales
antagonistes, de conflits ethniques et de guérillas
qui ont profondément modifié l'équilibre
des forces et les jeux d'alliances sur l'échiquier
mondial.
Chaque nation défendant aujourd'hui ses intérêts
propres dans un contexte de mondialisation et de concurrence
élevée entre États, les tensions surgissent
parfois rapidement et à des endroits inattendus.
Les ennemis d'hier devenant les alliés d'aujourd'hui,
le nouvel ordre mondial qui a émergé de la
fin du 20e siècle a réveillé, partout
sur le globe, une foule de conflits ethniques, territoriaux
et politiques autrefois aplanis par l'idéologie dominante
des superpuissances.
Lutopie
dun « nouvel ordre mondial »
sest transformée en cauchemar. Le désordre
règne partout. La guerre semble reprendre ses droits.
Aux sanglantes montées de fièvre ethniques,
religieuses ou nationalistes sajoutent des menaces
de types nouveaux: développement de zones « grises »
où le droit international (comme celui des États)
na plus cours, renforcement des coopérations
entre organisations criminelles transnationales (mafias
de la drogue, criminalité financière...),
terrorisme nucléaire, menaces biologiques et chimiques,
etc.
—
Maurice Najman, Le Monde diplomatique, février
1998 |
La force et l'adaptation
Pour faire face aux impératifs de cette nouvelle
donne internationale, le Canada a dû amorcer un virage
important à la fin des années 90 dans le but
de permettre à ses troupes de faire face à
la complexification des missions de paix auxquelles elles
participent (Timor oriental, ex-Yougoslavie, Afghanistan)
ainsi qu'à l'émergence de nouvelles menaces,
telles que le terrorisme de masse et la prolifération
d'armes conventionnelles et de destruction massive.
La préparation des forces armées était
auparavant axée sur la guerre froide, c'est-à-dire
structurée de façon à affronter des
unités lourdement mécanisées sur un
théâtre d'opérations défini.
Dorénavant, la menace terroriste, plus nébuleuse,
force à repenser les tactiques, à modifier
l'entraînement des effectifs et les méthodes
de combat.
Au début des années 2000, le Canada a entrepris
de moderniser son armée et ses équipements
en fonction de missions de combat ou d'interventions à
l'étranger dans lesquelles les militaires doivent,
la plupart du temps, imposer la paix avant de veiller à
son maintien.
L'Armée de terre incarne le mieux cette transformation
pour s'adapter à de nouveaux types de combat. En
outre, selon le ministère de la Défense, les
forces terrestres ne faisaient pas toujours un usage optimal
de leurs ressources. On souhaite donc faire plus avec les
budgets actuels.
Jusqu'à
présent, l'Armée de terre est entrée
dans l'avenir à petits pas, généralement
en appliquant la nouvelle technologie à de vieilles
pratiques. Nous sommes maintenant au point où la
technologie nous permet de dépasser les limitations
des anciennes pratiques et de réexaminer les fondements
établis de longue date.
— Colonel Howie
Marsh,
assistant spécial du CÉMAT |
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Principales
menaces rencontrées par nos militaires
en déploiement
- Terrorisme
- Emploi d'armes bactériologiques
et chimiques
- Attaques et embuscades
- Attentats-suicides et émeutes
- Conflits interethniques, génocides
- Résistance ou attaques de milices
armées
- Mines antipersonnel et explosifs divers
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Une force plus légère
à déploiement rapide
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Soldats déployés
en Afghanistan à bord d'un véhicule Bison.
Photo : SRC |
N'ayant connu aucun conflit armé majeur sur son
territoire au cours de son histoire, l'armée canadienne
a surtout combattu à l'étranger. Or, considérant
la situation internationale actuelle et les impératifs
de la guerre au terrorisme, il est apparu urgent aux dirigeants
militaires canadiens de doter leurs troupes d'équipements
plus performants et surtout plus légers dans le but
de pouvoir les déployer plus facilement et plus rapidement
sur les différents théâtres d'opération
dans le monde.
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Un char Léopard
C2, trop lourd et inadapté pour les missions
à l'étranger. Photo MDN |
Par exemple, les chars d'assaut Léopard dont disposent
les Forces canadiennes ont une puissance de feu impressionnante,
mais il est impossible de les embarquer à bord d'avions
de transport militaires, en raison de leur poids et de leurs
dimensions. Or, dans les pays en guerre où nos soldats
sont régulièrement envoyés, la puissance
de feu des Léopards stationnés au Canada ne
leur est d'aucune utilité.
C'est notamment pour remédier à ce genre
de problèmes que la Défense canadienne a commencé
à revoir et à moderniser son parc de véhicules
blindés et les équipements qui les accompagnent
afin de pouvoir les déployer, au pays ou à
l'étranger, plus rapidement et en plus grand nombre
lorsque le besoin s'en fait sentir. Ainsi, à l'automne
2003, la Défense annonçait l'achat de véhicules
Stryker (blindés dotés de roues transportant
un canon mobile) destinés à remplacer graduellement
le parc de chars Léopard C2, pourtant récemment
modernisés au coût de 139 millions de dollars.
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Principaux
défis de l'armée
canadienne de demain
- Sécurité du territoire canadien
- Lutte contre le terrorisme
- Adaptation du matériel et de l'entraînement
des troupes aux nouveaux impératifs et
menaces internationales
- Prolifération d'armes de destruction
massive et conventionnelles
- Complexification des champs de bataille et
des missions de paix
- Renforcement et perfectionnement des activités
de renseignement
- Problèmes de recrutement et de renouvellement
des effectifs militaires
- Maintien de la capacité de nos forces
à coopérer avec leurs alliés
- Maîtrise et utilisation de technologies
en constante évolution et qui transforment
la conduite des opérations
Source : ministère
de la Défense du Canada |
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