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— Journalistes :
Jean-Philippe
Cipriani et Stéphane
Bordeleau
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CHAMPS DE BATAILLE ET SOLDATS
DE DEMAIN
Le développement de l'« armée du futur
» doit se faire d'ici 2020. Durant les cinq premières
années, la transformation de l'armée de terre
doit se faire dans l'optique de la guerre à trois
volets, un concept mis au point par le général
américain Charles Krulak.
Selon cette théorie, les forces armées pourraient
être appelées à exécuter, le
même jour, trois types d'opérations très
différents dans un même secteur :
- aide humanitaire (nourrir et vêtir des réfugiés);
- séparation de factions ennemies ou opérations
de soutien de la paix et de stabilisation;
- participation à des combats de haute intensité.
Les forces terrestres devraient être en mesure de
mener ces opérations simultanément, dans un
grand centre urbain comme en terrain difficile. L'image
du soldat canadien devient celle d'un «guerrier-diplomate-travailleur
humanitaire», selon les termes de la Défense
nationale.
Innovation technologique
Sur les champs de bataille de toutes les époques,
l'innovation technologique et les stratégies audacieuses
ont souvent été des facteurs déterminants,
voire décisifs, pour l'issue des batailles. En effet,
les leçons militaires de l'histoire nous ont appris
à maintes reprises qu'un soldat mieux renseigné,
mieux armé ou mieux entraîné disposait
d'un avantage important sur ses adversaires, même
en surnombre.
Or, au début du troisième millénaire,
ce principe s'applique toujours sur les théâtres
d'opération, où ce n'est plus nécessairement
le nombre de soldats, mais plutôt la technologie dont
ils disposent, la puissance de feu et la qualité
du renseignement militaire qui font toute la différence.
Consciente de l'évolution constante de la technologie
militaire, de la complexification des missions et des champs
de bataille, la Défense nationale s'est engagée
dans une série de projets destinés à
doter son armée de capacités technologiques,
tactiques et stratégiques accrues au cours des prochaines
années.
Remaniement des équipes
de combat
Parmi les principales caractéristiques de l'armée
canadienne du futur, la réorganisation des troupes
est un aspect majeur.
En général, il faut entre 15 et 30 minutes
pour qu'un ordre du QG se rende sur le champ de bataille,
jusqu'à l'équipe de combat concernée.
En réorganisant les équipes de combat en de
petits groupes modulaires et en assouplissant la chaîne
de commandement, l'armée espère réduire
au minimum les délais de transmission et d'exécution
des ordres sur les théâtres d'opération.
De plus, les soldats de demain intégreront dans
leurs équipements des capteurs thermiques, sonores
et visuels qui transmettront en temps réel à
leurs collègues ou aux officiers de commandement
des informations cruciales sur le déroulement des
opérations, permettant ainsi de modifier les plans
de bataille et de faire face aux imprévus sur le
terrain.
Information et renseignement en temps réel
Parmi les innovations technologiques en développement
dans les Forces canadiennes, l'accès rapide à
des informations de premier ordre sur le champ de bataille
pour le commandement militaire est l'une des priorités
du plan de modernisation. Compte tenu de ces besoins, l'armée
canadienne travaille actuellement à la mise en place
d'un système baptisé ISTAR (renseignement,
surveillance, acquisition d'objectifs et reconnaissance).
Pour
les équipes de combat, il faut de 15 à 30
minutes pour communiquer et coordonner l'intention du
commandant. Ceci a été suffisant jusqu'à
présent, mais la rapidité du combat va augmenter
de façon si dramatique que tous les éléments
de n'importe quelle équipe vont avoir à
comprendre et à agir en fonction de l'intention
du commandant en un temps nettement inférieur à
15 minutes.
— Colonel Howie Marsh,
Assistant spécial pour le CÉMAT |
Ce système de renseignement, qui fait appel simultanément
à plusieurs types de technologies d'information,
vise à recueillir et à traiter le plus rapidement
possible un maximum d'informations transmises à distance
aux officiers qui commandent les opérations. Le but
est de permettre aux responsables de réagir et d'orienter
les plans de bataille en fonction de l'évolution
des opérations sur le terrain.
Recueillies dans le feu de l'action par les soldats ainsi
que par une gamme de capteurs de télédétection
et de satellites, ces informations tactiques transmises
aux renseignements doivent, au bout du compte, fournir aux
commandants des opérations un portrait le plus précis
et le plus complet possible de l'ensemble du champ de bataille.
Actuellement en développement, ce système
ne sera pleinement opérationnel que dans quelques
années, voire une décennie.
Munitions et armes intelligentes
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Missile intelligent
Tomahawk de fabrication américaine. Photo : SRC |
Du côté de l'efficacité des armes et
de la puissance de feu de l'armée canadienne de demain,
le recours à des armes et à des munitions
de plus en plus sophistiquées est également
à prévoir. En effet, sur les champs de bataille
de la fin du 20e siècle, l'utilisation de missiles
intelligents guidés au laser et d'armes de haute
précision a considérablement changé
l'approche et la philosophie des guerres modernes.
L'utilisation de telles armes permet aujourd'hui de détruire
un seul bâtiment ennemi dans une ville, sans avoir
à raser le quartier entier pour atteindre la cible,
comme c'était le cas, par exemple, lors de la Deuxième
Guerre mondiale. De plus, ces armes dites intelligentes
sont généralement guidées et activées
à distance, réduisant du même coup le
nombre de soldats engagés sur le théâtre
d'opération et, par le fait même, leur exposition
au danger des combats.
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Le bombardier F-117a
de l'US Air Force allie furtivité et précision
de tir. Photo:SRC |
Il y a 40
ans, il fallait 9000 bombes d'une tonne larguées
depuis les airs pour avoir 90 % de chances de détruire
un objectif militaire. Pendant la guerre du Vietnam,
il en fallait 176. Pendant l'opération « Desert
Storm », il en fallait une seule.
— Armée de demain :
capacités futures
Site du ministère de la Défense du Canada
Moins de tirs, mais plus puissants et plus
précis
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Véhicule Lav
III des Forces canadiennes
Photo : MDN |
Compte tenu de ces percées technologiques importantes
dans le domaine des armes et des munitions, l'utilisation
de ces technologies avancées dans les Forces canadiennes
permet non seulement de maintenir sa puissance de feu, mais
aussi d'atteindre des objectifs avec beaucoup plus de précision.
Étant données les performances accrues de
ces armes modernes, il sera aussi possible de détruire
les positions ennemies avec moins de tirs et de bombardements,
réduisant sensiblement les dommages collatéraux
infligés aux populations civiles et aux infrastructures.
La furtivité des véhicules militaires est
également au coeur des préoccupations des
Forces canadiennes, notamment en développant des
véhicules à propulsion hybride diesel/électricité
pour réduire leur signature thermique et les rendre
plus difficiles à détecter. Ce genre de véhicules,
baptisés LAV IIIE, pourrait faire son apparition
dans les parcs de blindés canadiens vers l'an 2015.
Les robots
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Prototype de robot
développé pour la Défense. Photo :
RDDC |
Si, pendant longtemps, l'utilisation de robots intelligents
à la guerre n'a été que du domaine
de la littérature de science-fiction et du cinéma,
dans les années qui viennent, l'utilisation de tels
robots dans des opérations militaires sera fréquente,
voire commune.
Développés dans les laboratoires de pointe
comme ceux de la NASA aux États-Unis, ces robots
légers et compacts (moins de 40 centimètres)
pourront un jour accomplir une foule de tâches dangereuses
et complexes en temps réel, comme l'observation des
positions ennemies, la reconnaissance de bâtiments,
l'identification de ses occupants, l'identification de cibles
ou la prise de renseignements dans des endroits dangereux
ou difficiles.
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