LA FOI2, LE COMMANDO SECRET
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La
FOI2 est notamment intervenue en Irak pour libérer
les otages canadiens
Photo : AFP/DSK
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Elle était en Irak pour aider à la libération
des otages canadiens James Loney et Harmeet Singh Sooden,
en mars dernier. Auparavant, elle était aussi en
Haïti pour appuyer le départ de Jean-Bertrand
Aristide, en février 2004. En 2001, c'était
en Afghanistan, où elle a tant impressionné
le haut commandement militaire américain que les
États-Unis la réclamaient pour leur invasion
de l'Irak.
La Deuxième Force opérationnelle interarmées
(FOI2) est le commando d'élite des Forces canadiennes.
Elle est constituée de volontaires provenant des
trois branches des Forces canadiennes. Sa devise : Facta
non verba - « des actes, pas des paroles ».
Des sources bien informées veulent aussi que l'unité
ait été déployée au Kosovo,
dans les années 90, et même qu'elle se soit
tenue prête à intervenir à Québec,
en 2001, en cas d'attentat au Sommet des Amériques.
Ottawa a toujours nié ces engagements - ce qui est
évident, puisqu'il s'agit d'opérations clandestines.
L'unité a été formée en avril
1993 en prenant la relève de la GRC pour les opérations
antiterroristes. Basée au centre d'entraînement
de Dwyer Hill, dans une région rurale à l'ouest
d'Ottawa, elle regroupe au moins 350 membres, âgés
d'en moyenne 28 ans. Mais Ottawa aimerait doubler ses effectifs.
Son budget annuel s'élève à 25 millions
de dollars canadiens.
Ces soldats d'expérience sont reconnus comme spécialistes
du combat par temps froid, grâce à leur entraînement
intensif dans l'Arctique canadien. Les membres du commando
sont choisis et entraînés aussi rigoureusement
que d'autres formations d'élite dans le monde, y
compris le Special Air Service (SAS) britannique et la Force
Delta américaine.
Si l'on se fie aux exigences des commandos d'élite
américain et britannique, au moins un quart des volontaires
- des soldats de premier ordre - sont habituellement rejetés,
et un dixième de ceux qui poursuivent l'entraînement
rejoignent finalement l'unité d'élite.
Ce genre de formation est destiné à agir
discrètement et avec une force mortelle dans des
points chauds proches ou éloignés. Les soldats
sont entraînés à descendre d'une corde
à partir d'un hélicoptère, à
opérer isolément pendant des mois ou à
rompre la hanche d'un combattant par un coup de pied au
fémur.
« Ce qu'ils font, c'est s'infiltrer derrière
les lignes ennemies, rechercher des objectifs-clés
et les détruire, explique David Rudd, de l'Institut
canadien des études stratégiques. Ils ne sortent
pas pour arrêter des gens ou distribuer de la nourriture.
Ils sortent pour abattre des cibles. »
La FOI2 reste un secret bien gardé, sur lequel les
autorités canadiennes sont peu loquaces. Si discrète,
en fait, que ses membres ne peuvent obtenir de pension d'invalidité
du ministère des Anciens Combattants s'ils sont blessés,
puisque, lors de la réclamation, il leur faudrait
préciser les circonstances ayant mené à
l'invalidité.
L'essentiel des informations provient des sources américaines.
Ainsi, en six mois en Afghanistan, les membres de l'unité
d'élite auraient participé à des opérations
commando pour capturer 107 chefs talibans et tuer au moins
115 combattants des talibans ou d'Al-Qaïda.
L'unité a toutefois fait l'objet de controverse
en 2003, montrant des soldats canadiens qui escortaient
des prisonniers talibans sur le tarmac de l'aéroport
de Kaboul. Les partis d'opposition s'insurgeaient contre
le fait que le Canada remette des prisonniers aux États-Unis
après les scandales de tortures et de sévices
dans les prisons d'Irak et d'Afghanistan. Une entente a
finalement été conclue pour remettre les prisonniers
aux autorités afghanes.