Journalistes : Jean-Philippe Cipriani et Stéphane Bordeleau
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LA DART, L'UNITÉ HUMANITAIRE

  La DART est intervenue en Asie du Sud-Est après le tsunami de décembre 2004.
Photo : SRC

L'Équipe canadienne d'intervention en cas de catastrophe des Forces armées (DART, pour Disaster Assistance Response Team) a fait sa marque lors de catastrophes naturelles comme le tsunami en Asie du Sud-Est et le récent tremblement de terre au Pakistan.

L'idée d'une unité d'intervention humanitaire a germé après le génocide rwandais, en 1994. Au cours des années 90, les Forces canadiennes avaient dirigé des opérations de secours humanitaires en Haïti, au Honduras et en Turquie.

Toutefois, au Rwanda, le déploiement tardif de la 2e Ambulance de campagne n'a pu endiguer une épidémie de choléra, qui a tué de nombreux réfugiés du génocide. Cette expérience a convaincu le Canada de créer une capacité d'intervention rapide pour apporter une aide humanitaire efficace.

La DART est une organisation militaire conçue pour être rapidement déployée partout dans le monde dans le cadre de crises allant de catastrophes naturelles à des urgences humanitaires complexes. Elle poursuit trois objectifs :

  • réagir rapidement, de concert avec les gouvernements nationaux et régionaux et les organisations non gouvernementales, pour stabiliser les premiers effets d'une urgence ou d'une catastrophe;
  • fournir de l'eau purifiée et des soins médicaux pour aider à prévenir l'apparition soudaine de tout effet secondaire d'une catastrophe;
  • gagner du temps pour envoyer l'aide humanitaire nationale ou internationale visant à faciliter le rétablissement à long terme d'une collectivité sinistrée.

L'unité est composée d'environ 200 soldats, ingénieurs, membre du personnel médical et responsables de la sécurité, prêts à se déployer rapidement pour des opérations d'une durée maximale de 40 jours. Elle peut renforcer les opérations de secours ou faire le pont jusqu'à ce que la communauté internationale arrive sur place pour assurer une aide à long terme.

Les interventions de la DART ne font toutefois pas l'unanimité : lors du déploiement de l'unité au Pakistan, après le séisme d'octobre 2005, l'organisme CARE Canada estimait que les opérations de la DART coûtaient 10 fois plus cher que si elles étaient menées par une organisation non gouvernementale (ONG).

La DART peut être déployée à la demande d'un pays particulier ou des Nations Unies. Fait à noter: l'équipe n'est pas déployée dans des environnements hostiles. Le gouvernement national, comme les belligérants s'il y a lieu, doit accepter sa présence.

En campagne électorale, les conservateurs ont promis de doubler la taille et la capacité de la DART d'ici cinq ans.

         

Principales opérations de la DART

  • Opération Plateau - octobre 2005
    Déploiement de 170 militaires au Pakistan pour venir en aide aux victimes du séisme de magnitude 7,6 du 8 octobre, qui a fait plus de 53 000 morts.
  • Opération Structure - janvier et février 2005
    Déploiement dans la région d'Ampara, au Sri Lanka, après le tsunami qui a frappé l'Asie du Sud-Est, le 26 décembre 2004.
  • Opération Torrent - 24 août 1999 au 25 septembre 1999
    Déploiement à Serdivan, dans le nord de la Turquie, après un séisme de magnitude 7,4 ayant fait 15 765 morts, 24 940 blessés, environ 30 000 disparus, et plus de 500 000 sans abri.
  • Opération Central - novembre à décembre 1998
    Déploiement de 180 militaires à La Cieba, au Honduras, après le passage de l'ouragan Mitch, qui a fait 11 000 morts et plus de 3 millions de sans-abri.

 

 

 


 


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