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Le règne péroniste
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L’exode rural a
poussé les pauvres
vers les villes |
Pendant plusieurs décennies, l’Argentine
a vécu en paix, voyant son économie fleurir jusqu’à
se rendre assez compétitive internationalement. Dans les
années 20, le pays était même comparable au
Canada, tant au niveau économique que politique et social.
Mais comme partout dans le monde, la crise de 1929 est venue bouleverser
les institutions argentines. L’exode rural a poussé
les pauvres vers les villes, une populace aisément influençable
par les mouvements de protestations. En 1937, on a même vu
une montée de la droite fasciste annonçant une vague
de dictatures. La démocratie a tenu pendant la Deuxième
Guerre mondiale, jusqu’à l’arrivée de
Juan Domingo Perón. Déjà ministre du Travail
depuis 1943, il a fait campagne surtout auprès de la classe
ouvrière défavorisée, et a gagné sa
faveur en promettant le partage des terres, des salaires plus élevés
et l’introduction d’une sécurité sociale.
Lors des élections de 1946, il a été élu
avec une majorité de 56 %, et il a nommé sa femme
Eva comme ministre du Travail et des Affaires sociales. Bien qu’il
prétendait que son gouvernement était démocratique,
il a rapidement mis en place des mesures plutôt dictatoriales.
Il a fait adopter des lois lui permettant de briguer un autre mandat,
qui imposaient une censure complète à tous les médias
et qui laissaient peu de place aux partis d’opposition. Sa
gestion financière du pays était plutôt fructueuse,
mais les États-Unis ont rapidement désavoué
ce gouvernement, en raison de son totalitarisme, ce qui a commencé
à affecter son commerce international. Les lois de Perón
ont aussi soulevé de plus en plus l’indignation de
l’armée et de l’Église argentines. Il
est toujours dangereux de se mettre l’armée à
dos.
En septembre 1955, un putsch de l’armée
a renversé Juan Perón, qui s’est enfuit au Paraguay,
puis en Espagne. Le chef des insurgés n’est toutefois
resté au pouvoir que deux mois, puisqu’il a été
lui-même renversé par le général Pedro
Eugenio Aramburu, qui restaure aussitôt la constitution de
1953. Officiellement, le péronisme est alors interdit en
Argentine, mais il continuera de garder la faveur du peuple.
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Evita femme de Juan Domingo
Perón |
Les militaires, absents du pouvoir depuis 1958,
le reprennent, et ils nomment le général Alejandro
Augustin Lanusse président. Il entre dans ses fonctions en
1971. Cherchant à favoriser l’établissement
d’un gouvernement civil, Lanusse propose de nouvelles élections
pour 1973. Peu avant les élections, de nouvelles vagues de
violence éclatent dans les rues, les grèves se multiplient
et l’économie connaît un nouveau déclin.
Tout pour perdre ses élections. C’est son opposant
Hector J. Campóra qui remportera les élections de
1973. Campóra est un péroniste, mais cela ne changera
pas le tempérament de la population. Les manifestations violentes
continuent et s’amplifient. Dépassé par les
événements, Campóra démissionne et laisse
sa place à Juan Perón. Evita étant décédée
en 1952, c’est la nouvelle épouse de Perón qui
occupe la vice-présidence du pays. Mais Perón meurt,
à peine un an après son arrivée au pouvoir,
et laisse son épouse avec la responsabilité de l’Argentine.
Une responsabilité qu’elle n’aura jamais la compétence
de rencontrer. Par un autre coup d’État, les militaires
reprennent le pouvoir le 26 mars 1976.
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