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Qui sont les islamistes?
Par
définition, les islamistes sont les membres d'un mouvement
politique et religieux prônant l'expansion et l'adoption des
concepts de l'islam comme principes directeurs de la gouvernance
des États et des régimes politiques. Bien qu'on retrouve
des islamistes modérés, ils sont généralement
conservateurs et radicaux dans leur approche politique et s'opposent
unanimement aux principes de la laïcité.
Ils
s'inspirent largement de la doctrine religieuse musulmane, qu'ils
voudraient bien voir appliquée à la lettre, les nuances
ont en effet bien peu de place dans cette idéologie où
l'identité religieuse prime sur tous les autres aspects de
la vie. Pour les islamistes, le fait d'être musulman doit
primer sur tout, même sur l'appartenance nationale et les
convictions profondes de l'individu. Résolument tournés
vers le passé et nostalgiques d'un passé glorieux,
les islamistes rejettent la modernité, les concepts démocratiques
occidentaux, et ils prônent la gouvernance des États
selon les principes stricts de la charia, la loi canonique musulmane.
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Visionnez un reportage de l'émission
Le Point du 11 janvier 2001, dans lequel la journaliste
Françoise Stanton analyse la montée de l'islamisme
en Algérie.

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La peur du progrès
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Manifestation islamiste au début
des années 90.
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Affirmant que la culture religieuse et la tradition
musulmane sont menacées par le progrès et le mode
de vie occidental, les islamistes ont entrepris non seulement d'incarner
cette tradition musulmane, mais de combattre afin d'instaurer ou
de préserver un mode de vie confessionnel et les valeurs
ancestrales musulmanes. Souvent perçus comme une menace à
la stabilité de l'État par les gouvernements des pays
où ils sont actifs, les islamistes sont souvent condamnés
à la clandestinité ou réprimés par les
pouvoirs publics.
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Particulièrement visées
par la doctrine radicale islamiste, des femmes algériennes
livrent leurs réactions face à l'islamisme.
Reportage de Françoise Stanton tourné en 1991.

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- Front islamique du salut (FIS) Interdit
et dissous
Principal parti politique islamiste
en Algérie, le FIS a été créé
en février 1989. Après avoir remporté les
élections municipales de 1990, le parti connaît un
franc succès au premier tour des législatives de
1991, avant d'être dissous et interdit par l'armée,
en 1992. Les dirigeants et fondateurs du FIS, Abassi Madani et
Ali Benhadj, emprisonnés pendant 12 ans par les militaires,
ont été libérés le 2 juillet 2003,
au terme de leur peine.
- Mouvement pour la réforme
nationale (MRN)
Plus important parti islamiste en Algérie
après le FIS, ce parti a vu le jour en 1999. Il est le
résultat de la scission du parti En-Nahda. Son actuel président,
Abdallah Djaballah, en est le fondateur. Depuis sa création,
le parti remporterait un succès croissant auprès
des électeurs algériens. Formation politique légale
et reconnue, le MRN occupe plusieurs sièges au Parlement
algérien.
- Mouvement de la société
pour la paix (MSP)
Créé en 1990 par Mammoud
Nahnah, sous l'appellation Mouvement de la société
islamique (MSI-Hamas), ce parti proche des Saoudiens est considéré
comme un acteur modéré sur la scène politique
algérienne. Parti légalisé et détenant
plusieurs sièges au Parlement algérien, son chef
historique, Mammoud Nahnah, est décédé le
19 juin 2003, à la suite d'une leucémie.
- Mouvement de la renaissance islamique
(MRI)
Créé en septembre 1990, le
MRI est une organisation confessionnelle de centre droite se réclamant
et s'inspirant des Frères musulmans égyptiens. Le
parti est actuellement dirigé par Saad Guetty.
- Fidélité et justice
« Wafa »
Fondé en 1999 par un ancien
ministre des Affaires étrangères, Ahmed Taleb Ibrahimi,
le Wafa a été interdit en novembre 2000 par le gouvernement
algérien, qui alléguait à l'époque
que ce parti, pourtant légalement constitué, représentait
une menace pour la sécurité de l'État.
- Rassemblement arabique-islamique
(RAI)
Légalisé en août
1990, ce parti est dirigé aujourd'hui par Laid Grine.
Les groupes armés
Formés
surtout de jeunes des quartiers pauvres et de fanatiques religieux,
les mouvements armés islamiques ont perpétré
ces dernières années, non seulement en Algérie,
mais dans le monde entier, nombre de massacres et d'actes terroristes
tout aussi meurtriers que spectaculaires. Utilisant la terreur et
la violence comme l'instrument d'une volonté divine vengeresse
et conquérante, les intégristes musulmans se permettent
toutes les atrocités au nom de l'islam et contre tout ce
qu'ils qualifient « d'impie ». Les milliers
d'innocents égorgés, violés et décapités
par les groupes armés islamiques au cours des années
90 en disent assez long sur le niveau de fanatisme inculqué
à ces combattants.
Avant
la fin des années 80, on ne retrouvait pas vraiment de mouvements
islamistes organisés et structurés en Algérie.
Bien que certaines cellules islamistes étaient déjà
actives en Algérie durant cette période, elles ne
récoltaient pas une grande attention de la part des Algériens.
En fait, c'est lors des émeutes de 1988 que le mouvement
islamiste s'est vraiment élevé en Algérie.
Fondant son discours sur la colère et le mécontentement
du peuple sorti dans les rues pour conspuer ses gouvernants, c'est
à ce moment précis que les islamistes sont devenus
une véritable force politique en Algérie. Voici un
aperçu des principaux partis politiques et groupes armés
islamiques que l'on retrouve en Algérie :
Groupes armés islamistes algériens
- L'Armée islamique du salut
(AIS)
Bras armé du Front islamique du salut
(FIS), l'AIS a été fondée en 1994 en réaction
à la répression appliquée contre le FIS par
l'armée algérienne. L'AIS comptait à l'époque
près de 5000 combattants. Après avoir conclu une
trêve en 1997, l'AIS a été officiellement
dissoute en janvier 2000.
- Les Groupes islamistes armés
(GIA)
Formation combattante islamique ultra-radicale
et toujours active en Algérie. Fondée en 1990 par
Mansouri Meliani, cette organisation d'environ 3000 membres est
responsable de nombreux attentats terroristes. Elle est surtout
connue pour sa persistance, ses assassinats d'intellectuels et
d'étrangers, ainsi que pour la haine farouche qu'elle entretenait
à l'égard de l'Armée islamique du salut.
Bien que moins actifs ces dernières années, les
GIA demeurent la plus importante organisation terroriste d'Algérie.
- Le Groupe salafiste pour la prédication
et le combat (GSPC)
Créé en 1996, ce groupe toujours
actif vise, comme les GIA, le renversement du gouvernement algérien
et l'imposition d'une théocratie fondamentaliste musulmane.
On comptait près de 1000 membres de cette organisation
en 2002. Les dirigeants de ce groupe armé entretiendraient
des liens importants avec le réseau Al-Qaïda d'Oussama
ben Laden.
- Le Front islamique du djihad armé
(FIDA)
Créé en 1994 par des dissidents
du GIA, ce groupe armé était surtout connu pour
ses attentats à la voiture piégée. Les deux
principaux chefs de la FIDA ont été tués
en 1996 et 1997.
Vers la paix
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