M i s e à j
o u r : a v r i l 2 0 0 4
Après une décennie
de massacres et d'attentats menés contre les populations
civiles, l'Algérie tente difficilement aujourd'hui de se
relever et de se réconcilier avec elle-même. En dépit
des discours rassurants et des efforts de réconciliation
nationale du gouvernement Bouteflika, l'ombre de violences islamistes
plane toujours sur l'Algérie.
Quoique
moins fréquents depuis l'adoption d'une loi de réconciliation
nationale et la reprise de l'initiative sur le terrain par l'armée,
les attentats et assassinats persistent dans les régions
où des factions intégristes refusent de déposer
les armes. Pendant ce temps, les islamistes profitent du climat
de réconciliation nationale pour regagner le terrain perdu.
De plus, depuis la libération de prison, en juillet 2003,
des deux chefs historiques du FIS, Abassi Madani et Ali Belhadj,
l'islamisme connaît une fébrilité nouvelle en
Algérie.
Dans les rues et les mosquées, les intégristes
musulmans ont repris ouvertement les discours radicaux et haineux,
particulièrement contre les femmes, qu'ils accusent d'être
à l'origine de tous les maux de l'Algérie, et même
des récentes catastrophes naturelles qui ont frappé
le pays.
Face
à ce discours d'un autre âge, le gouvernement Bouteflika
joue l'apaisement. Mais au quotidien, l'État peine toujours
à rétablir la sécurité promise et à
endiguer les graves problèmes socioéconomiques, depuis
longtemps les principaux vecteurs de la propagande islamiste dans
le pays. Quant à la démocratie, après l'annulation
des législatives par l'armée en 1992 et les présidentielles
douteuses de 1999, les Algériens n'y auront que très
peu goûté et n'en auront tiré jusqu'ici que
très peu de bénéfices.
Des dizaines de milliers de morts plus tard,
les choix qui s'offrent aux Algériens restent les mêmes:
l'option islamiste ou un pouvoir dont les représentants sont
tous issus du parti unique, considéré comme responsable
de tous les maux de l'Algérie. Quant à l'armée,
qui détient toujours, selon tous les analystes, le pouvoir
réel dans ce pays, très peu d'Algériens croient
à son retrait de la vie politique tel que l'affirment les
généraux.
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