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Portrait de Mario Dumont
« Le malentendu,
c'est que Mario Dumont n'est pas du tout au début
de la trentaine... Politiquement, M. Dumont a environ
103 ans. C'est un vieux, très très vieux
politicien. Ratoureux, qui connaît toutes les
ficelles. »
Pierre Foglia, La Presse
(14 mai 2002)
Quand on évoque Mario Dumont, presque
inévitablement, on pense au visage juvénile
du politicien tel qu'il était voici maintenant
huit ans, alors qu'il venait d'être choisi pour
mener les petites troupes de l'ADQ. Mais Mario Dumont
a pris du galon, et avec quelques cernes il a acquis
beaucoup d'expérience en politique. De l'avis
de tous, Mario Dumont constitue l'un des principaux
atouts de son parti, sinon le principal. Son image est
neuve, tout en lui semble propre, transparent. Sa situation
familiale stable, son calme apparent, son sérieux
et sa pondération rassurent. Il a montré
lors du débat des chefs aux élections
provinciales qu'il savait défendre ses idées
avec verve. Ses critiques jugent qu'il connaît
parfaitement les ficelles de la politique et n'a guère
de scrupules. Quoi qu'il en soit, Mario Dumont est tombé
dans la politique quand il était petit: « Je
suis arrivé en politique assez jeune, j'ai assisté
à un congrès, j'ai vu que ce qui m'intéressait
c'est ce qu'on pouvait faire et améliorer en
action politique. Je me suis retrouvé dedans.
Dans ma famille, on s'intéressait à la
politique au sens large, au niveau local, j'ai été
sensibilisé très jeune aux enjeux, et
déjà au secondaire j'étais intéressé
par ces questions-là. »
Né à Cacouna, près
de Rivière-du-Loup, Mario Dumont est diplômé
en économie de l'Université Concordia,
à Montréal. Il fait son entrée
formelle en 1986 dans le monde de la politique. Il occupe
successivement plusieurs postes au sein de la Commission-Jeunesse
du Parti libéral du Québec; en mars 1991,
Mario Dumont est élu à la présidence
de la Commission au moment même où le congrès
du Parti libéral adopte le rapport Allaire comme
plate-forme constitutionnelle. Mario Dumont occupera
ce poste jusqu'à l'automne 1992.
« Mario
Dumont est l'héritier naturel de Robert Bourassa »
déclare l'analyste Christian Dufour. Cette comparaison
est souvent reprise. On souligne l'admiration que Mario
Dumont vouait au défunt premier ministre du temps
de son appartenance au Parti libéral. On a même
lu que Mario Dumont, à une certaine époque,
allait jusqu'à parler et marcher comme Robert
Bourassa. Quand on évoque cette filiation, Mario
Dumont sourit: « Héritier
naturel de Robert Bourassa ? Oui, en ce sens que c'était
un politicien plein de talent. Mais nos tempéraments
sont aux antipodes. M. Bourassa aimait gérer,
pas trop déranger. Nous on a fait le contraire;
on a brassé des choses. Il avait cependant des
capacités économiques et politiques énormes,
des connaissances énormes. »
Lors du référendum sur l'entente
de Charlottetown en octobre 1992, le politicien choisit
de respecter la position des jeunes du Parti libéral
et fait campagne du côté du NON à
titre de coprésident du Réseau des libéraux
pour le NON. Mais en novembre, avec Jean Allaire et
d'autres dissidents, Mario Dumont quitte le Parti libéral,
qui a choisi de mettre de côté le rapport
Allaire. Pendant l'hiver 1993, il devient président
fondateur du Forum Option-Jeunesse et est invité
à siéger au Groupe Réflexion-Québec.
En janvier 1994, toujours avec Jean Allaire,
Mario Dumont participe à la fondation de l'Action
démocratique du Québec. Lors du premier
congrès de l'ADQ, en mars de la même année,
il est élu président du parti. C'est en
avril 1994 qu'il succède à Jean Allaire
(qui se retire pour des raisons de santé) et
devient chef de l'Action démocratique du Québec.
Il mène les troupes de l'ADQ aux élections
générales du 12 septembre 1994 et est
élu député de Rivière-du-Loup.
À
la suite de pourparlers avec Jacques Parizeau et Lucien
Bouchard, Mario Dumont et l'ADQ deviennent signataires
de l'entente tripartite du 12 juin 1995. Mario Dumont
fera ainsi campagne au sein du camp du Changement (pour
le OUI) lors du référendum d'octobre 1995.
À titre de député de l'opposition,
il dépose plusieurs projets de loi à l'Assemblée
nationale dont un, visant à éliminer les
clauses de disparité de traitement dans les conventions
collectives, fut adopté en juin 1998. Le jeune
politicien est réélu député
de Rivière-du-Loup le 30 novembre 1998 après
avoir dirigé l'équipe de l'ADQ lors d'une
deuxième élection générale.
Bien que la politique engloutisse une grande
partie de son temps (surtout depuis les élections
complémentaires de juin 2002), Mario Dumont dit
vouloir accorder le plus d'attention possible à
sa famille. Il est marié à Marie-Claude
Barrette, et a deux enfants, Angela et Charles; un troisième
est en route. Dans sa propriété de Cacouna,
il reprend contact avec la vie réelle et s'occupe
de ses récoltes de céréales.
Quand on lui demande si les années
qu'il a accordées à la vie politique ne
provoquent pas une certaine usure, si la perspective
de devoir consacrer à ce monde une partie importante
de son avenir ne l'effraye pas, Mario Dumont répond
qu'il ne voit pas les choses du tout de cette manière:
« Une usure, non. Il y a au contraire une
énergie à l'heure actuelle qui émane
des récents événements, on se bat
quand même depuis plusieurs années et là
on récolte les fruits. Les Québécois
sont habitués à des modèles de
gouvernement très lourds, taux de taxation énormes,
et de voir que les gens embarquent dans notre vision,
c'est énergisant. » Politicien
jusqu'au bout
(sources: ADQ, entrevue avec Mario
Dumont et divers)
Hyperliens:
ADQ
Le
Point fait un portrait de Mario Dumont (1re partie)
(2ème
partie)
Le
Canada, la saga constitutionnelle
notre dossier

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