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Les premiers pas de l'ADQ

« Je le dis et le
redis, la raison pour laquelle le parti a été
créé, c'est que le Québec est enfermé
encore aujourd'hui dans un vieux débat, coincé
entre la séparation et le fédéralisme. »
(En entrevue à Aujourd'hui Dimanche en 1994)
L'ADQ est née au début des
années 90 d'une dissension, comme c'est le cas
de beaucoup de formations politiques. Sa raison d'être
fut au départ de consolider la position du Québec
face à Ottawa, sans toutefois adopter la voie
de la souveraineté. En 1994, des dissidents nationalistes
du Parti libéral du Québec (dont Mario
Dumont faisait partie), qui jugeaient le parti trop
inféodé à Ottawa, ont quitté
avec fracas le PLQ quand ce dernier a fait volte-face
sur les recommandations de la commission Bélanger-Campeau
et a renié le rapport Allaire. Pour ces dissidents,
le Parti libéral trahissait ainsi le Québec.
Ils fonderont l'ADQ, qui adoptera ensuite le rapport
Allaire comme programme constitutionnel. L'acte de naissance
du parti a été signé le 5 mars
1994, lors du congrès de fondation à Laval.
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Jean Allaire
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La commission Bélanger-Campeau :
Le 4 septembre 1990, le Québec met sur pied la
commission Bélanger-Campeau sur l'avenir constitutionnel
de la province. Trente-six membres siègent pendant
cinq mois en audiences publiques à cette commission.
Ils recevront plus de 600 mémoires, dont la grande
majorité prônent la souveraineté
(sécession) pure et simple du Québec.
Le 23 janvier 1991, la commission remet son rapport.
Devant l'incompréhension constatée des
aspirations du Québec par le reste du pays, la
commission recommande à l'Assemblée nationale
du Québec d'adopter une loi sur l'avenir politique
et constitutionnel du Québec prévoyant
la tenue d'un référendum sur la souveraineté
en juin ou en octobre 1992. Deux commissions parlementaires
sont aussi proposées advenant un OUI à
ce référendum, l'une pour étudier
les modalités d'accession à la souveraineté
du Québec et l'autre pour étudier toute
offre de partenariat venant du Canada.
Le rapport Allaire :
Après l'échec de Meech, perçu par
les Québécois comme un message clair du
reste du Canada, les ardeurs nationalistes se réveillent
comme jamais au Québec. Même le Parti libéral
du Québec (historiquement fédéraliste)
adopte en mars 1991 le rapport Allaire (qu'il reniera
ensuite), une véritable charge contre le système
fédéral canadien. Ce rapport propose une
vaste décentralisation des pouvoirs où
les provinces auraient le contrôle exclusif de
22 champs de compétence. À l'exception
de neuf domaines à compétence partagée,
le fédéral ne garderait le contrôle
exclusif que dans cinq domaines : la défense,
les douanes, la monnaie, la péréquation
et la gestion de la dette commune. À cela s'ajoutent
l'abolition du Sénat canadien et une formule
d'amendement de la Constitution qui nécessiterait
l'accord de 50 % de la population canadienne et,
obligatoirement, de celle du Québec. (Source :
Canada : la saga constitutionnelle, notre
dossier).

« Comme
on n'a pas eu les millions des autres partis, on va
leur montrer qu'on va compter sur l'huile de bras et
de genoux. »
(Campagne électorale de
1994)
Dans l'Actualité du 15 avril
1999, le journaliste Michel Vastel explique qu'au lendemain
des élections de 1994, l'ADQ et son jeune chef
seraient peut-être tombés dans l'oubli
sans l'intervention de Jean-François Lisée,
conseiller spécial de Jacques Parizeau. Appuyé
d'une poignée d'autres souverainistes, Lisée
s'appliqua à offrir une certaine visibilité
à l'ADQ à travers Mario Dumont en lui
permettant, par exemple, de participer aux commissions
sur l'avenir du Québec.
Le parti progresse, à petits pas.
Si en 1994 la campagne de Mario Dumont était
réduite au minimum et disposait de peu de moyens,
en 1998, l'ADQ parvient à présenter des
candidats dans 15 circonscriptions.
Pendant
huit ans, Mario Dumont sera le seul député
de l'Action démocratique du Québec à
l'Assemblée nationale. Mais au printemps 2002,
les événements se sont précipités.
Voici les élus de l'ADQ à
l'été
2002 :
Mario Dumont, député de
Rivière-du-Loup
François Corriveau, député de
Saguenay
(Élu lors de l'élection partielle d'avril
2002)
Marie Grégoire, députée de Berthier
(Élue lors des complémentaires de juin
2002)
Sylvie Lespérance, députée de
Joliette
(Élue lors des complémentaires de juin
2002)
François Gaudreau, député de
Vimont
(Élu lors des complémentaires de juin
2002)
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Pour former un groupe parlementaire à
l'Assemblée nationale, il faut faire
élire 12 députés.
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DES CHIFFRES :
en 2001, l'ADQ a recueilli près de 100 000 $
en revenus autonomes, soit le double de l'année
précédente, en plus de 300 000 $
de contributions publiques. En 1997, le parti n'avait
récolté que 7420 $ en cotisations.
À raison de 5 $ la carte, cela donnait 1448
membres, soit en moyenne 12 membres par circonscription.

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