La
Tchétchénie, terre de résistance

La
guerre de 1994-1996
11
décembre 1994 :
lancement de l'opération militaire russe.
18 décembre : les Russes
bombardent le centre de Groznyï, la capitale tchétchène.
Janvier
1995 : l'armée russe s'introduit dans Groznyï
et conquiert plusieurs villes tchétchènes après
une campagne de bombardements intensifs.
Mi-février
: Groznyï
tombe entièrement aux mains des Russes.
Juin
: prise
d'otages à l'hôpital de Boudennovsk, dans le sud de
la Russie.
Juillet : conclusion d'un cessez-le-feu.
Août : reprise des combats.
Décembre : Moscou organise
des élections contestées dans une Tchétchénie
bombardée (un pro-Moscou remporte le scrutin).
Janvier 1996 : la prise d'otages
dans un hôpital de Kizliar, au Daguestan, fait environ 100 morts,
civils, soldats et combattants confondus.
Mars
: les
combattants tchétchènes reprennent la capitale temporairement.
Avril : mort du président
Doudaïev au cours d'un bombardement.
27 mai : Boris Eltsine suspend
la guerre.
9 juillet : reprise de l'offensive
russe.
Août
:
les combattants tchétchènes reprennent le contrôle
de la capitale et d'autres villes en quelques jours.
22
août :
Russes et Tchétchènes concluent un cessez-le-feu.
31 août : accord de Khassaviourt,
qui met un terme à la guerre.
Boris
Eltsine juge toute négociation sur le statut de la Tchétchénie
contraire à la Constitution de la Russie. Le premier dirigeant
russe élu démocratiquement autorise donc une campagne
de bombardements sur des civils. Il promet une victoire rapide,
mais les services de renseignements russes sous-estiment les combattants
tchétchènes, certes moins nombreux, mais combatifs
et connaissant bien le terrain. L'armée russe manque quant
à elle d'organisation et d'entraînement et sombre vite
dans le découragement. Le Kremlin accuse les médias
qui parlent de la résistance des Tchétchènes
de faire de la désinformation.
Les
bombardements intensifs permettent aux troupes russes de conquérir
les villes tchétchènes les unes après les autres,
mais elles n'arrivent qu'à contrôler la partie nord
du territoire, les rebelles tirant profit des barrières naturelles
qu'offrent les montagnes du sud. À la mi-février 1995,
l'armée russe conquiert Groznyï, mais elle a perdu de
nombreux hommes. En avril, Djokhar Doudaïev périt sous
les bombardements. Le leader, impopulaire avant la guerre, meurt
en héros.
En
juin, pour obtenir le retrait des troupes russes, un commando tchétchène
prend au moins 1500 personnes en otages dans un hôpital
de Boudennovsk, en Russie. Étonnamment, les hommes de Bassaïev
ont donc réussi à franchir les nombreux postes de
contrôle russes qui jalonnent le chemin pour accéder
à cette ville. Certains rebelles affirment qu'ils ont soudoyé
les soldats.
Ébranlé
par leur avancée, Moscou conclut en juillet avec les Tchétchènes
un cessez-le-feu, bafoué quelques semaines plus tard. En
mai 1996, un mois avant l'élection présidentielle,
Boris Eltsine décrète un nouveau cessez-le-feu. Les
combats reprennent en juillet, peu après son investiture.
Lorsque, au début août, les combattants reprennent
l'offensive sur Groznyï, puis sur Argoun, la troisième
ville de Tchétchénie, la déroute russe paraît
inévitable.
Le
10 août, Boris Eltsine charge du dossier tchétchène
le général Lebed, arrivé troisième à
l'élection présidentielle. À la fin du mois,
il conclut l'accord de Khassaviourt avec le chef d'état-major
tchétchène, Aslan Maskhadov. L'entente, obtenue au
terme d'une nuit de négociations, prévoit le retrait
des troupes russes et gèle le statut de la république
jusqu'au 31 décembre 2001.
C'est
la fin d'un conflit qui a tué 100 000 Tchétchènes,
essentiellement des civils, et qui a laissé en ruine plusieurs
villages et villes, dont la capitale. La guerre n'a pas uniquement
décimé le territoire du dixième de sa population,
elle a également imprimé chez les survivants des images
d'horreur. L'association des anciens prisonniers des camps de filtration
parle notamment de camps contrôlés par les services
secrets, où seraient passées 22 000 personnes,
qui y auraient été torturées.
Un
répit de trois ans
En
janvier 1997, le modéré Aslan Maskhadov remporte l'élection
présidentielle, supervisée par l'Organisation
pour la sécurité et la coopération en Europe
(OSCE), devant le chef de guerre Chamil Bassaïev. Aslan Maskhadov
rencontre son homologue russe pour la première fois en mai.
Les deux hommes signent un accord qui écarte « pour
toujours » le recours à la force. Sur le plan
intérieur, les divisions entre clans restent vives, les mafias
continuent de s'enrichir et l'intégrisme religieux en séduit
plusieurs.
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Dernière
mise à jour : mars 2001
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