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La Tchétchénie, terre de résistance


L'époque communiste et
l'effondrement de l'empire soviétique

Lors de la révolution d'octobre 1917, les Tchétchènes, stimulés par les déclarations de Lénine sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, se joignent à l'Armée rouge, engagée contre les armées blanches fidèles au tsar Nicolas II. Au fur et à mesure que se met en place le régime communiste, ils sont victimes de répression et plusieurs membres de l'élite sont exterminés. En 1944, Staline déporte les peuples du Caucase, sous prétexte de collaboration avec les nazis. En quelques heures, quelque 500 000 Tchétchènes et Ingouches sont entassés brutalement dans des wagons à bestiaux. Plusieurs dizaines de milliers d'habitants ne survivent pas à la déportation, victimes des massacres ou des conditions difficiles. Moscou ne permettra aux survivants de rentrer au bercail qu'en 1957. Seulement 200 000 d'entre eux en reviendront, pour y trouver leurs foyers et leurs terres occupés par des Russes, des Ukrainiens et des Ossètes. Staline forme les républiques de l'URSS sans tenir compte des nationalités. Les tensions et les divisions engendrées par ce découpage justifient alors l'autoritarisme de Moscou, qui doit se poser en arbitre pour régler les différends. Cette stratégie du « diviser pour régner » transforme le Caucase en véritable poudrière, susceptible de s'embraser depuis le démantèlement de l'URSS.

En août 1991, Djokhar Doudaïev, ancien général de l'armée russe, soutient Boris Eltsine lors de la tentative de coup d'État qui précédera le démantèlement de l'URSS. Il prend rapidement la tête de la république tchétchéno-ingouche, qui se scindera en deux peu après. En octobre, il est porté au pouvoir au terme d'un scrutin contesté par le Kremlin.

Le mois suivant, la Tchétchénie déclare son indépendance. Moscou s'y oppose et envoie des troupes. Elles se retireront après trois jours. Lorsque, quelques mois plus tard, la petite république refuse de ratifier le traité fédéral qui définit la nouvelle Constitution de la Fédération de Russie, Moscou impose un embargo économique qui appauvrit grandement la population.

Pendant ce temps, la criminalité s'aggrave et les mafias locales prospèrent grâce au trafic d'armes et de drogue, à la vente illégale de matières premières, dont le pétrole, à des prises d'otages lucratives, à des vols de voiture, etc. Doudaïev suspend le Parlement en avril 1993, ce qui provoque des affrontements meurtriers. Il devient alors premier ministre et chef des forces armées, il interdit la liberté de presse et l'opposition politique. Les difficultés économiques, conjuguées à un régime totalitaire et mafieux, font croître l'insatisfaction populaire. C'est le début de la guerre civile, qui sera alimentée par Moscou. En novembre, des Tchétchènes, appuyés par des soldats russes, font une offensive ratée pour s'emparer du pouvoir.

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Dernière mise à jour : mars 2001