CHAPITRE 6
La bouchardmania

- Résumé

- Négociateur en chef


Négociateur en chef

La campagne de Jacques Parizeau ne va nulle part et, maintenant, il doit faire un choix critique: protéger son amour-propre et compromettre son grand projet, ou faire un geste d’une audace sans précédent. Il choisit l’audace, et cède l’avant-scène.

Le 7 octobre, à la surprise de tous, il annonce à la population québécoise que Lucien Bouchard deviendra le négociateur en chef des Québécois, au lendemain de la victoire du oui. La nouvelle est un véritable coup de tonnerre: Lucien Bouchard fait immédiatement monter le ton de la campagne.

« Jacques Parizeau voulait gagner, alors c’était la chose à faire, puis il l’a fait de bon cœur. Je ne vous dis pas que ça s’est fait sans pincement à son orgueil, mais il était prêt à tous les sacrifices. » - Lisette Lapointe, conjointe et conseillère spéciale de Jacques Parizeau

« C’est de gagner, c’est de gagner. Vous n’imaginez tout de même pas que j'ai passé autant d'années de ma vie pour perdre pour des affaires d'ego! » - Jacques Parizeau

Reconnu pour son éloquence, Lucien Bouchard est très charismatique, et sa popularité ne cesse de grandir au sein de la population québécoise. Certains vont jusqu’à parler de la « bouchardmania ».

« C’est qu’il [Jean Chrétien] ne connaît pas la force de l’idée souverainiste, et la grande fierté qui l’anime. Il devrait savoir qu’à trois semaines du 30 octobre, rien n’est fini et que tout commence, et que nous allons remporter le 30 octobre. Oui, on va gagner, oui on va gagner!  » - Lucien Bouchard, chef du Bloc québécois

« Je m’en souviens, il y a des gens qui lui demandaient presque de bénir le drapeau du Québec! Alors, c’était un peu inusité. J’en avais fait beaucoup de la politique, mais des situations comme celle-là, je n’en avais jamais vu. » - Jean Chrétien , premier ministre du Canada et chef du Parti libéral

« Lucien venait de vivre la maladie de la mangeuse de chair et il avait lutté, il en était sorti, c'était presque un miracle. Et ça a eu un effet auprès du public, c'était le miraculé qui se promenait au Québec. » - Guy Chevrette, leader parlementaire, ministre d'État des Ressources naturelles, responsable du Développement des régions et des Affaires autochtones

Le pari de mettre Lucien Bouchard à l’avant-scène s’avère génial. Dans les faits, il a d’ailleurs pris la place de Parizeau comme leader de la campagne souverainiste. De plus, son titre de négociateur en chef atteste l’idée d’un partenariat avec le Canada. Un grand vent semble porter les souverainistes vers la victoire.


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