Le oui vers la défaite?
À un mois du vote, une rumeur circule sur toutes les lèvres: Jacques Parizeau va-t-il remettre le référendum à plus tard? Le déclencher maintenant semble suicidaire. Interrogé de toutes parts, il finit par annoncer la nouvelle: c’est officiel, les Québécois iront aux urnes le 30 octobre.
Mais les souverainistes semblent avoir rendez-vous avec la défaite. Parizeau reconnaît lui-même que la situation est difficile, mais il demeure optimiste. Sans compter que sa campagne commence très mal. Alors qu’il rend visite aux travailleurs de l’usine Canadoil, à Bécancour, ses propos soulèvent la controverse:
« Celui qui tourne sur son tuyau… C’est peut-être de la production industrielle, mais c’est de l’art aussi! » - Jacques Parizeau, premier ministre du Québec et chef du Parti québécois (1995)
Pour les militants péquistes, il est évident qu’une nouvelle stratégie s’impose. Et au plus vite, si l’on veut éviter la défaite. Même le nouveau consul américain à Québec constate l’impasse du oui. Il écrit à Washington:
« Les stratèges souverainistes croient que si les prochains sondages ne montrent pas des signes d’un revirement, leur combat est perdu. » - Steve Kelly, consul américain à Québec (1995)
Pour Lucien Bouchard, c’est la réalisation de son pire cauchemar. Il est entraîné, malgré lui, vers un référendum qui semble perdu d’avance. Mais il n’y peut rien, car il est à la remorque de Jacques Parizeau.
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